janvier 10, 2009...10:06

Retour sur la question de la démographie

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Comme le décrivait mon précédent article “De la population“, je montrais en quoi la technique était le principal moyen a notre portée pour dépasser l’épée de Damoclès des réglations appelées Malthusiennes, en référence à l’économiste britannique qui les a tout particulièrement mis en lumières. En fait, et ce sera tout l’objet de cet article, nous verrons que la question de la démographie permet de mettre en lumière les options qui s’offrent à nous en terme de sociétés.

L’accroissement de la population est de l’intérêt des riches

On peut symboliser l’organisation sociale mondiale par une pyramide. Chaque niveau de celle-ci représente une classe sociale. Au niveau mondiale, à la base de cette pyramide, se trouve les milliards d’humains qui vivent dans la pauvreté et qui servent de base à notre système. L’exploitation de ces classes est essentielle à l’accumulation des classes supérieures. Tout en haut de cette pyramide, on trouve les 20% des plus riches (moi et tout ceux qui peuvent me lire sur internet) qui consomment 80% des ressources. Enfin, la pointe de la pyramide est l’élite de ces riches qui détiennent l’essentiel du capital mondial (médias, multinationales, Etats, …). Cette élite possède parfois l’équivalent de a richesse produite par des états pauvres.

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Pyramide du capitalisme – Celle-ci pourrait être remise au gout du jour avec le pouvoir financier, les médias et la science, la police et les armées, les riches du Nord et du Sud et les tiers monde du Nord et du Sud

SI la hauteur de cette pyramide mesure l’écart de richesse entre les plus pauvres et les plus riches, elle définit donc également les inégalités. Sachant qu’une pyramide s’élèvera d’autant plus que sa base sera large, il convient d’admettre que plus la base sera large, plus la possibilité d’inégalités gigantesque sera rendu possible. En d’autres termes, les riches le devienne d’autant plus que la masse d’exploités est grande. Derriere ce simple fait il n’y a pas de manipulation d’aucune sorte, et les politiques natalistes n’ont rien à voir avec une volonté d’accroitre la richesse de certains. Toutefois, la prise de conscience de cette loi donne matière à repenser le monde.

Repenser la question démographique

Afin de résoudre les crises liées à l’accroissement de la population, et donc des crises d’accession aux ressources, l’humanité dispose de quatre “options”:

1 – La régulation malthusienne. De manière mécanique, dans un monde où les relations sociales sont stables, lorsque la démographie dépasse la production alimentaire, il arrive à terme une série de phénomène qui ramèneront la population dans des effectifs soutenables. Guerres, famines, génocides, épidémies en sont les principaux. Cf, la peste noire du XIV siècle décrit dans mon article précédent.

2 – Les avancées technologiques. En améliorant la productivité, la technique a régulièrement repoussé la capacité de charge d’une société donnée. Pour avoir plus de détail on se référera à l’article précédent qui montre le succès du développement de la charrue dans l’Europe pré-renaissance.

3 – Les migrations. Dans un espace donné, un territoire sous forte pression démographique sur les ressources pousse, si des terres plus favorables sont disponibles, à la migration d’une partie importante de sa population. Les exemples abondes dans ce sens, et l’actualité, qu’elle soit sur le long du Rio Grande ou sur les iles des Canaris nous en montre chaque jour l’importance.

4 – Les révolutions sociales. Celles-ci, en remettant souvent en cause les principes de l’organisation des moyens de production et la répartition des ressources permettent parfois de repousse la capacité de charge d’une population. La france révolutionnaire du XVIII siècle, en promouvant une réforme agraire a libéré en partie les forces productrices et ainsi permis une croissance démographique soutenue.

Au niveau mondial, il ne peut exister de migration, puisqu’en attente d’une planète à conquérir, nous n’en avons qu’une seule. Les avancées technologiques productives ont permis au XX siècle un accroissement rapide de la population en évitant une régulation malthusienne massive. Il est possible, par la promotion toujours plus grande du système technicien, de satisfaire notre population grandissante. cela se fera à grand frais puisqu’elle impliquera une intensification encore plus grande sur les ressouces et les moyens de productions (dont les humains font partis). Nous payerons notre désir de ne pas être seul en partageant une terre perpétuellement exploitée à son maximum. La révolution sociale est également un moyen de résoudre les problèmes de surpopulation. Les inégalités sont à ce titre éclairante puisque 20% des hommes consomment 80% des ressources à un rythme jugé légèrement insoutenable (loin des prévisions catastrophiques, nous sommes légèrement au dessus du seuil de soutenabilité, en tenant sur les réserves non renouvelables (produits miniers notamment))

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Évolution de l’empreinte écologique exprimé en planète consommée – M.Wackernagel

Le nivellement des modes de vies, par la réduction des inégalités entre les plus riches (qui sont le moteur des désirs des plus pauvres – Voir Veblen Théorie de la classe de loisir) et les plus pauvres, pourraient faire diminuer la pression sur les ressources et repousser la limite systémique (ou capacité de charge) de la population. Un tel changement d’organisation politique, souhaitable en théorie au nom de la justice, ne semble pas directement possible à l’échelle mondiale aujourd’hui. De plus, si la fin est désirable , il n’est pas sur que les moyens mis en place pour y aboutir soient couronnés de succès.

Une brève histoire de l’avenir

L’avenir qui nous attend, si la technologie ne nous sauve pas comme elle a pu parfois le faire par le passé, est celui ni plus ni moins, de phénomènes malthusiens couplés de tentatives révolutionnaires (espérons fructueuses…). Ces phénomènes ramèneront la population dans la juste proportion de la soutenabilité. Aujourd’hui, cette insoutenabilité générale est presque invisible dans les pays riches du fait qu’elle est compensée par une aggravation des conditions des plus pauvres au Nord et au Sud. (déforestation, paupérisation, ruine des sols…). C’est bien l’organisation de la pyramide mondiale des riches et des pauvres et l’existence relative des uns par rapport aux autres qui conditionne la viabilité du tout. A trop demander de la base, les phénomènes malthusiens pourraient bien faire de cette haute pyramide, véritable tour de Babel monstrueuse, un géant aux pieds d’argiles. Pour ceux que l’organisation du monde révolte, les termes de l’alternative ne sont pas nombreux.

Les termes de la problématiques sont donc simples. Sans révolte, l’organisation mondiale continuera à maintenir une large fraction de la population dans la plus grande précarité, puisque c’est la condition même de son fonctionnement. J’espère simplement pour vous que vous saurez rester du bon coté, à savoir celui des puissants. Ceux-ci continueront à promouvoir la technique comme salut, d’autant plus que la possession de ces nouveaux moyens de production entretiennent une possibilité de domination toujours plus grande. Ainsi semble aller le monde aujourd’hui, espérons que j’ai tord.

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