Hundertwasser

Un article précédent était l’occasion de réhabiliter l’art nouveau, mise au ban d’une ramification de l’art. Inspirée des formes de la nature, profondément vitaliste, amoureux de l’artisanat et de la démocratisation du beau, elle fut sacrifiée sur l’autel du rationalisme, de l’industrialisation et du projet de la modernité. Né après cette mise à mort, Friedensreich Hundertwasser a repris le flambeau de la lutte contre les lignes droites, de l’efficacité froide. Écologiste avant-gardiste, il fustige très tôt l’art de se complaire dans les eaux glacées du calcul égoïste où les artistes satisfont bien plus l’esthétisme géométrique et étriqué des élites que les aspirations chaleureuses des hommes à l’écoute d’eux-mêmes.

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Friedensreich Hundertwasser


Né dans les années trente à Vienne, Hundertwasser a insufflé dans la création (architecture et peinture en particulier) un esprit de liberté et d’espoir qui subsiste encore après sa réincarnation en l’an 2000. La capitale Autrichienne n’est pas bien folichonne et son architecture inspirée de la rationalité germanique. n’enthousiasme par le jeune Friedrich. Il fera donc naitre des courbes et des couleurs, des mosaïques bigarrées, des coupoles dorés côtoyant des murs zébrés et des fenêtres biscornues. Partisan farouche d’un esprit libérateur de la création et de la réappropriation de l’espace urbain en particulier, il développe le droit à la fenêtre, qui défend la liberté dans les habitats collectifs à peindre en dehors de sa fenêtre selon le bon vouloir de son habitant à tout ce qui est à porté de bras. Il est ennemi farouche de la ligne droite, une abbération de la rationalité qu’on ne retrouve pas dans la nature, celle-ci étant bien plus organisée selon les courbes dans toute leur diversité. La spirale (ou gidouille pour les intimes) est un thème récurrent auquel il prête toute une symbolique cosmique (sur la vie et la mort). Spatialement une courbe a une fin et oscille toujours vers une direction inconnue et étonnant, le trait lui, est artificiellement suspendu dans le vide, infini, incapable de retour ni de finitude.

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Der Große Weg – Le grand chemin


Autre trait marquant de ce personnage haut en couleurs, son engagement écologique. Véritable pionnier aux pieds nus, il créé des arbres locataires qui poussent les racines dans le compost fait-maison et la tête penchée par la fenêtre. Véritable avant-gardiste des thèse écologistes, il réfléchit très tôt à l’impacte écologique de la vie urbaine, sur le traitement des déchets. Il défend très tôt la solution des toilettes seches, comme moyen objectif d’autonomie et de protection de l’eau et de la nature en générale. Son idée étant de mettre le compost des excréments humains et l’eau de récupération à la disposition des arbres qui habitent dans les immeubles d’où proviennent ce même compost, ce que l’on appellerait aujourd’hui une filière courte. Projet qu’il a effectivement mis en application dans sa ville natale, plus habitué de valses et d’opéras que d’excentricité botanico-écologiques.

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Plan pour l’arbre locataire

Architecte atypique, inclassable, il déroute par sa liberté de forme et de couleurs. Mosaïques délirantes pour les uns, géniales pour les autres, les deux avis sont deux odes à son talent. Comme l’artiste lui même le rappelait dans son essai sur « Sur le mécanisme de délai, des couches protectrices, des ennemis superficiels et du piège du préjudice ou l’effet positif à long terme de l’appréciation négative du positif ».


« Rien n’aide plus l’authentique positif d’avoir un plus grand impact que l’intention négative de le contenir. L’effet positif est tout d’abord multiplié par les obstacles du négatif et la promotion involontaire du positif dans les main de forces négatives. Et ensuite, par l’accumulation du positif jusqu’au point où il ne peut plus être retenu. Comme l’eau retenue derrière un barrage. »

Hundertwasser

Probablement un de ces chefs d’oeuvre, la Hundetwasserhaus, est un logement HLM réalisé par Hundertwasser à Vienne en 1986. Des centaines d’arbres et de plantes traversent les fenêtres et coiffent l’inhabituelle habitation. Les fenetre hééroclytes, les sols ondulés, les colonnes bigarrées en font un lieu de vie exceptionnel. Ce bâtiment, le plus visité de Vienne est un véritable bijou architectural. Véritable pied de nez à la rationalité économique, il convient de dire que ce logement social a certes couté deux fois plus qu’un immeuble classique, mais que le bénéfice en terme de mieux vivre, de retombées touristiques, de valorisation de la ville de Vienne est à mon humble avis bien supérieur à ce cout initial.

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Un pas de coté nommé Hundertwasser

Hundertwasser, c’est la victoire des couleurs et de la joie de vivre. La libération des formes. Il est à mes yeux, à l’heure d’aujourd’hui, l’artiste qui me guide le plus dans ma façon de concevoir mon environnement. Depuis longtemps j’inonde des plantes les endroits où je vis, avec l’assentiment , entre enthousiasme et désapprobation de mon entourage. Avec Hundertwasser, on en vient à oser s’approprier tout son lieu de vie. Je me suis surpris, au départ timidement en considérant l’idée, puis carrément prendre mes crayons et pinceaux pour peindre les murs autour de moi. Il y a une barrière psychologique a dépasser. Celle de l’enfance où il était interdit de toucher aux murs et d’y dessiner. Mais lorsque la peinture et la craie se posent sur la toile blanche du mur, c’est un moment bizarre, comme un retour à l’appropriation des parois de leur grotte-maison par nos ancêtres qui dessinaient leur quotidien de chasse, de luttes, de dieux et de songes.

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Art rupestre – Site de Tanum à Bohuslän en Suède – 1000 av JC

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Comme pour tout pas de côté, au début on est hésitant, on a presque envie de regarder au dessus de son épaule pour savoir si il n’y a pas un regard désapprobateur. Même si c’est moche, on est déjà content de l’avoir fait. Une fois ce cap passé on a envie de couvrir les murs de chez soi, de prendre son droit à la fenêtre, de recouvrir les murs de ce que l’on ressent, recouvrir les rues de stencils. Plus encore, on a surtout envie de trouver sa façon d’exprimer autour de soi ce que l’on ressent pas la création. La véritable perversion de notre temps c’est de détourner cet état d’esprit naturel par la consommation. Penser son environnement domestique dans le cadre de ce qu’offre le catalogue Ikea. Toute la cabriole du marketing consistant ensuite à vendre l’idée qu’un produit industriel correspond à la personnalité et l’aspiration unique de son consommateur. Drôle de mariage entre culture de masse et individualisme, où le cadre de l’existence se battit dans le cadre des objets de consommations proposés. Cause ou conséquence, on ne sera donc pas étonné par la pauvreté idéologique et de l’imaginaire de la société actuelle. Les rêves de la civilisation libérale sont d’une pauvreté abyssale et la désertion du politique en est un des tristes symptômes.

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Homo ecologicus

Hundertwasser était très engagé dans l’écologie. comme décrit précédemment, il a été un des premiers défenseurs des toilettes sèches, qu’il avait essayé d’intégrer dans les habitats urbains en association avec des arbres. Plus qu’une simple révolution technique, c’est un exemple concret de son esprit de cycle, que l’on retrouve dans ses peintures (voir Le grand chemin) et de l’écologie dans les deux sens du terme, c’est à dire acte politique et conscience des fondements des écosystèmes.

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Principe des toilettes sèches par Hundertwasser


Habits originaux faits par lui-même, intérieurs domestiques simples et rustiques, son bateau multicolore le « Regentag » [Jour de pluie] fait de bois et de toile, des toits végétaux, Hundertwasser le nudiste aura mis en pratique l’écologie jusqu’au bout de sa vie, jusqu’à sa mort, où plus exactement sa réincarnation.

Je suis impatient

De devenir humus moi même

Enterré nu sans cercueil

Sous un hêtre planté par moi

Sur ma terre de Ao Tea Roa

La mise en terre devra se faire sans cercueil,

Enveloppé dans un suaire, dans une couche de terre

D’au moins 60 centimètres d’épaisseur.

Un arbre devra être planté sur la tombe

Afin de garantir que le défunt vivra

Symboliquement et réellement.

Un personne décédée est sujette à la réincarnation sous la forme

Par exemple d’un arbre qui pousse sur

Lui et à travers lui. Le résultat serait

Une foret sacrée de morts-vivants.

Un Jardin de la mort joyeuse.


19 Commentaires

Classé dans Art, Urbanisme

19 réponses à “Hundertwasser

  1. valerielg

    Article intéressant.
    J’ai apprécié ta réflexion sur l’expression artistique dans notre quotidien et la consommation.
    En tant qu’enseignante et ancienne étudiante en Histoire de l’Art, j’ai toujours considéré les cours d’arts plastiques à l’école tout aussi importants que les cours de français ou de maths. Pourtant, la réalité est toute autre. Les cours d’expression artistique sont dévalorisés, y compris par les profs eux-mêmes. C’est dire la perversité de notre système de consommation…

    • coiffard

      Bonjour,
      Suite à votre message, je souhaiterais avoir quelques pistes pour étudier l’architecture avec des enfants de cycle 3 et notamment l’architecture d’Hundertwasser. Avez-vous des pistes?
      Merci

      • karmai

        Bonjour,

        En ce qui concerne l’architecture et Hundertwasser, je vois quelques axes de réflexions et de créations intéressants avec des enfants. Ce qui caractérise l’architecture d’hundertwasser c’est l’écologie bien sur, mais aussi la couleur, la diversité des formes et une certaine idée de l’homme comme fondamentalement expressif.

        En Architecture, Hundertwasser est particulièrement intéressant car il ôte le tabou d’une certaine forme d’interdit qui consiste à ne pas avoir le droit de s’approprier (on ne parle pas de devenir proprietaire ici) son habitat. Son droit à la fenetre reste un theme clef. Cr droit autorise les hommes à décorer à l’exterieur de leurs portes et de leurs fenetre comme bon leu semble, aussi loin que le bras puisse atteindre.

        Un exemple là.

        Je trouve ça intéressant de discuter de ça, car beaucoup d’enfants ont surement déjà eu envie (s’il ne l’ont pas déjà fait) de peindre sur un mur, d’écrire sur la tapisserie ou autre (peut être que je ne suis pas normal mais moi j’en ai eu envie :) ). On peut se poser la question de pourquoi on ne l’autorise pas? Après une identification des interdits culturels qui font que l’on ne peut pas dépasser (surtout que tu ne peux pas leur apprendre l’anarchie à l’école je suppose) ils pourraient prendre en photo (ou tu leur donnerais une photo) d’un bâtiment existant et tu leur demande de dessiner, peindre, coller des choses sur cette façade si ils avaient le droit de l’embellir comme ils voulaient. Avec une même photo initiale, et avec toute la diversité des créations, il y a de quoi montrer toute la diversité possible de création lié à chaque enfant. On peut aller encore plus loin, et montrer à quel point le beau est relatif dans le sens où il n’y a probablement pas une façon en soi d’avoir envie et un dessin d’enfant qui pourrait avoir une meilleur note pour son dessin.
        Enfin, on pourrait se demander pourquoi on ne décide pas des facades des maisons? Demander si les enfants préféreraient des maisons colorées? Etc. (si tues en galere pour trouver des photos de Hundertwasser en architecture, fais le moi savoir)

        Deuxième piste qui me parait intéressante est celle de l’écologie. Hundertwasser a très tôt intégré des arbres dans ses immeubles, à recréer des sols pour les faire pousser sur les toits. Il a aussi promu les toilettes sèches, comme mode écologique de traitement des déchets (caca et pipi, ça va les fait super rire un thème comme ca :) ) domestiques pour alimenter les arbres locataires.

        Plus d’info sur les toilettes seches ici.

        J’espère que ces quelques pistes rapides t’aideront.

        Bonne chance

        Karmai

        PS: Qu’est ce que j’aurais aimé qu’on m’enseigne Hundertwasser en cycle 3…soupir…

  2. Sianaoua

    quelques autres lignes d’Hundertwasser pour aller dans votre sens :
    « L’illetrisme qui nous caractérise n’est pas l’incapacité de lire ou d’écrire, ni l’impossibilité de répéter le savoir d’autres. C’est notre incapacité à créer. Un enfant possède cette capacité à créer. (…) »

    Et pour s’habiller en couleur le matin (avant de reprendre son droit de fenêtre):
    « L’homme à trois peaux. Il naît avec la première, la deuxième est son vêtement et la troisième est la façade de sa maison. »

    Art de vivre.
    Pas besoin de « savoir » dessiner, d’aller dans une école d’art ou d’attendre la retraite. « artiste » sans grand A et sans prétention, c’est maintenant, c’est vous. Créer c’est aussi avoir moins peur, s’ennuyer moins et peut être moins chercher son bonheur en achetant des objets ou des activités. Si les enfants re-découvraient ça à l’école…

    Et puis une dernière phrase d’Hundertwasser (à consommer sans modération) :

    « Tout est infiniment simple, tout est infiniment beau ».

  3. Moraes

    Bonjour, je suis en première année d’ IUFM, et je passe le concours pour devenir enseignante cette année. J’ai choisi l’option Arts visuels, et j’ai très envie de travailler sur Hundertwasser. J’aimerais avoir quelques pistes pédagogiques, car il faut que j’extraie une notion d’une oeuvre de Hundertwasser et que j’imagine une séance avec une classe. Je vous remercie d’avance.

  4. valerielg

    Réponse à Moraes

    Je suis enseignante de Lettres-Histoire en lycée et je ne peux vous apporter une réponse parfaitement adaptée à l’école primaire.
    Après la lecture des excellentes citations d’Hundertwasser (merci Sianaoua), notamment la première sur la créativité de l’enfant, vous pouvez peut-être vous poser la question de la limite des consignes apportées par l’enseignant lors d’une activité artistique. Les consignes permettent-elles de guider la création et de développer la créativité ? ou peuvent-elles être un frein à la créativité ? On peut se poser la question de savoir si, comme en Français, on ne pourrait pas proposer aux élèves « sujet libre » et « support libre » en expression artistique.
    Voilà. J’espère vous avoir aidé un peu.
    Cordialement

  5. valerielg

    Pour Moraes

    Une autre piste de réflexion pédagogique très intéressante en rapport avec la réflexion d’Hundertwasser sur l’art et la nature : le land art.
    Personnellement, je voue un véritable culte à Andy Goldsworthy.
    Des professeurs des écoles se sont inspirés de ses oeuvres pour intégrer le Land Art à l’école. Il existe un site internet d’une école primaire (Gaston Bachelard) et un livre de Marc Pouyet « Les artistes de nature ».

  6. CEEA

    merci pour ton blog mec… Coderouge Evolution Espece Animal’s

  7. June

    Bonjour je suis au lycée, j’ai décidé d’étudier l’architecture d’Hunderwasser pour un de mes dossiers de français,je dois mettre en lien un texte ou un poème avec une peinture ou une photographie. Mais je ne trouve aucun texte a mettre a en lien avec une des création de notre cher architecte. Je dois mettre en lien le fais que l’homme cherche a travers notre nature un bien-être un refuge. Pourrais t-on m’aider ??? Merci d’avance

    • karmai

      Exemple de textes à propos de l’homme qui cherche le bien être dans la nature :

      – Diderot : Le supplément au voyage de Bougainville
      – Voltaire : La fin de Candide « Il faut cultiver son Jardin »
      – Moins conventionnel : L’anarchoprimitivisme avec des textes de Zerzan notamment.
      – Rousseau : Discours sur l’origine des inégalités
      – Sahlins (Anthropologue) : « The original Affluent society », anthropologie positive sur les chasseurs-ceuilleurs.

      Il faut aussi cherche du coté des auteurs romantique du XIX qui valorisaient beaucoup la nature comme naturellement acceuillante. On peut aussi trouver beaucoup de textes liés aux découvertes coloniales dans l’Amerique pré-colombienne et plus ou moins autour du mythe du « bon sauvage », etc.

      Voilà un peu pour auguiller ta recherche. Bonne lecture.

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  9. Pingback: Le LEGO, l’avenir de l’architecture écologique? | Jardinons la planète

  10. Pingback: Hundertwasser | ville et jardin | Scoop.it

  11. Enseignante en classes élémentaires et maternelles, j’ai vite découvert que la pratique artistique était du plus haut intérêt pour les enfants, que ce soit pour « libérer » ceux déjà marqués par les contraintes sociales ou pour « rassurer » les enfants en difficulté sociale ou d’apprentissage en leur permettant d’exprimer comme ils le souhaitent, sans contrainte, sans règles, sans consignes, dans la plus grande liberté.Alors que pour certains cette discipline à part entière se limite au dessin peint, il m’est vite apparu comme un évidence de mettre à la disposition des enfants une grande variété de supports, d’outils, de matières, de médiums…les inviter à la discussion autour d’œuvres réelles et de reproductions, les emmener dans la nature pour y jouer avec les éléments naturels, observer des objets ethniques, découvrir d’autres cultures à travers des documents audio-visuels ,des reportages , en quelque sorte, leur faire prendre conscience de notre univers et de sa diversité.Ceci est tout à fait payant et les enfants du coup s’ouvrent aux apprentissages et progressent.Eduquer les élèves à l’environnement à travers l’art paysager, partir de Hundertwasser….c’est leur faire vivre une magnifique aventure et leur donner un autre départ!

  12. Pingback: Le futur de l’architecture? ← Toits Vivants

  13. nonow

    Pourquoi lors de mes études en « art » ne m’a-t-on jamais parlé de cet Homme ? Avaient ils peur, ces amoureux du rationnel et du concept, que je ne vienne barbouiller les murs de leurs boite à fabriquer du consommable ?
    Heureusement aujourd’hui ma fenêtre est grande ouverte et mon bras long.

    Merci pour cette découverte.

    • Coucou Nonow,
      Tout comme toi, je l’ai découvert par hasard ce peintre tellement avant-gardiste! Il faut visiter son musée à Vienne, c’est tout simplement génial ce jeu avec les volumes, les sensations, les courbes, la nature….Pour moi , c’est du grand art!A quand « les maisons qui vivent » …à notre portée bien sûr?????Lilou

  14. Pingback: Gabrielle (gabrielle72) | Pearltrees

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