La permaculture reste très largement confidentielle en France. Née en Australie, elle s’est diffusée un peu partout dans le monde au gré des capacités linguistiques et des racines culturelles de chaque pays. Ces deux derniers facteurs expliquent en grande partie le faible développement de la Permaculture en France, où la culture est assez fondamentalement opposée à la pensée anglo-saxone et où l’habitant de l’hexagone moyen dispose d’un niveau faible dans la langue de Shakespeare. Malgré cela, quelques pionniers se sont lancés en France pour tenter l’aventure de la Permaculture réelle. Portraits.
Richard Wallner et la ferme du petit Colibri
Installé depuis 2006 en Charente, Richard tente d’établir une ferme entièrement Permacole, le Petit Colibri. Les principes de culture se nourrissent des principaux maîtres, Fukuoka et Mollison. Ainsi, il n’effectue pas de labours, il n’ajoute pas de pesticides, stimule les synergies internes à la ferme, etc. Il expérimente aussi la culture sur butte, souvent mise en avant par les permaculteurs au niveau agricole. La démarche expérimentale de Richard butte toutefois sur un Maire indélicat qui bloque le projet. Pour bien connaître cette ferme et sa problématique, le documentaire suivant est in-con-tour-nable:
Cette ferme est un symbole important pour la permaculture, mais elle est aussi un approfondissement essentiel pour son succès. Les techniques de l’agriculture naturelle sont souvent pensées de manière isolées, en dehors de tout contexte politique. Rarissimes sont les textes de Permaculture qui traitent de l’environnement institutionnel et des luttes de pouvoirs. Normal, car la Permaculture est avant tout une démarche de rédemption écologique individuelle pour le bien de tous. Ce courant n’est pas né dans des pays protestants pour rien. Ce que montre la situation du petit Colibri, c’est que pour se vouloir holistique, la permaculture réelle n’en est pas moins confrontée à un vide conceptuel autour de son intégration dans un monde de lutte pour le pouvoir. C’est sur cette expérience que Richard a été courageux. Il voulait expérimenter une ferme, le voilà devenu le symbole de la lutte pour l’existence des alternatives contre l’autoritarisme de l’État.
Nicolas Pezeril dans le Morvan
Installé sur une ancienne ferme achetée par sa famille dans le Morvan, Nicolas développe avec passion un lieu Permacole plus orienté vers l’autonomie et donc non marchand. Pour lui, l’horizon incertain de notre société rend nécessaire l’organisation de communes auto-suffisantes dans l’opulence alimentaire. Versé dans l’art de la greffe il met en place année après année un arboretum des variétés d’arbres fruitiers résistantes au froid. Dans le documentaire suivant par exemple, il nous montre comment il arrive à faire pousser une espèce de manguier résistante au froid. Ce n’est pas sans rappeler les citrons Autrichiens du gourou Sepp Holzer.
Nicolas impressionne par son savoir et sa modestie. L’expérimentation semble chez lui être à la fois simple intuition et érudition botanique. Chez lui la maxime de “redistribuer le surplus” de la Permaculture prend tout son sens, notamment dans son désir de partager son savoir et ses expériences. On retrouvera nombreux de ses conseils sur le forum francophone de la Permaculture sous le pseudonyme d’”Autrevie”.
André Durrmann à Andlau dans le Bas-Rhin
André Durrmann est avant tout vigneron depuis 1979. Au fur et à mesure, il a créé une exploitation basée sur la vigne, les brebis, les fruitiers et l’apiculture. Chaque système de production est directement relié aux autres de manière consciente. Son site internet est à cette image et détaille chaque aspect de la vision holistique qu’il a de son métier. Cette exploitation est une application rigoureuse et systématique des principes de la permaculture. Ceci est selon moi lié en partie à la culture germanique de cette région. Cette dernière rend la mise en pratique de la Permaculture très crédible. En effet, André Durrmann conduit certaines de ses vignes “en lyre” et les intercales avec des arbres fruitiers pour mimer le biotope naturel de la vigne. Cette technique a été validée par l’INRA de Colmar et n’offre ainsi que peu de place à la critique et est politiquement lisible dans le territoire.
Cette exploitation est essentielle en France car elle est un des rares exemples d’une exploitation agricole compréhensible pour les non initiés à la Permaculture. Sa longue implantation dans un territoire en fait un acteur accepté qui a su s’intégrer et se faire reconnaitre. Une belle réussite dans un des plus beaux terroirs de France.
Il existe sans aucun doute bien d’autres permaculteurs, mais voilà ceux qui pour l’instant m’ont le plus inspiré. Merci à eux, que je les ai rencontré ou non. Je vous invite à approfondir leur travail et à me faire connaitre les permaculteurs qui vous inspirent.
Ah tu m’as fait une fausse joie avec le manguier rustique !
Sinon c’est bien de sortir un peu les pionniers de l’ombre,
faudrait y rajouter la ferme du Sourrou, y a un article dans le passerelle éco de cet été
Je connais pas la ferme de Sourrou. Si tu veux écrire un petit paragraphe pour la présenter je pourrais le rajouter à l’article.
Juste pour mettre un bémol sur le côté purement individuel de la démarche, et aussi pour illustrer le fait qu’il ne s’agit pas que d’agriculture, voilà la liste des cours pour un “certificat de design permacole”:
PHILOSOPHY AND DESIGN
LANDSCAPE DESIGN
BUILT ENVIRONMENT
LIVING COMMUNITIES
COOL WATER / LIVING SOILS
URBAN DESIGN AND LIVING
TREE CROPS
RESOURCES AND REDESIGNING WASTE
FERTILE GARDENING
APPROPRIATE TECHNOLOGY
EMPOWERMENT AND RESILIENCE
RETROFITTING THE AUCKLAND BIOREGION
Sur le site internet (www.aucklandpermacultureworkshop.co.nz), il y a aussi des références pour presque chacun des thèmes. C’est bien sûr en anglais, et bien loin de la France, mais intéressant quand même !
Bonjour,
La permaculture est une belle démarche.
Nous avons eu le plaisir de rencontrer un grand homme qui redonne tout ses lettres de noblesse au jardinier dans une humilité et une simplicité merveilleuse. J’ai retranscrit un peu de ses idées dans ces 2 articles :
http://alcidejet.blogspot.com/2011/06/observons-la-nature-et-cultivons.html
http://alcidejet.blogspot.com/2011/07/planter-un-arbre-fruitier.html
Et en plus un bel exemple concret d’échange et de partage : Permaculture foret comestible: “Jardin des Fraternités Ouvrières” en Belgique
Bon jardinage à tous
Superbe Jardin! Ca donne envie d’en savoir plus.
Sue le “Jardin des Fraternités Ouvrières” ?
Première réponse google très complète : http://oleotransition.newfreeforum.com/t217-sur-2000m2-le-fabuleux-jardin-des-fraternites-ouvrieres-ou-comment-cultiver-une-petite-jungle
manguier rustique,c’est pour populariser comme le font les Anglosaxons…
si tu parle en latin à la télé c’est trop spécialisé,de toute façon c’est la même famille,je n’ai donc pas totalement tord,et puis de toute façon,des que tu touche un large publique,tu finit par ne lever que ceux qui se lèvent contre ton point de vus.
En plus c’est pas moi qui invente se terme:”manguier rustique” mais d’autres,qui j’imagine l’ont formuler de cette façon afin qu’il se popularise.
je n’invente rien je ne fait que répéter,singer,mon seul mérite est d’avoir saisi ma chance,beaucoup la laisse filer sous leurs nez par peur du changement ou je ne sais quoi d’autre.
logique judicieux comme ton jolie jardin ,ton (petit) coin de paradis .on a commencer le notre il y a que quelque moi,il et jamais trop tards pour bien faire ,merci ja merci nicolas !!!!