Introduction aux FabLabs

Une révolution technologique est en marche, le bouleversement FabLab. Avant d’explorer sur ce blog les innombrables facettes et implications de ce changement encore relativement confidentiel, cet article est l’occasion d’essayer de présenter à tous ce qui n’est souvent que pas ou peu connu. Alors au fond: C’est quoi un Fab Lab?

Les geeks du MIT

En général on commence l’histoire des Fab Labs par son créateur au nom de volcan Islandais: Neil Gershenfeld. Ce respectable professeur de cette respectable institution du MIT, qui est l’équivalent américain de la respectable école polytechnique en France, est d’abord le directeur du Centre des Bits et des Atomes. En gros: un physicien qui s’amuse à construire avec les unités de fabrication du réel et du numérique comme un enfant s’amuse à faire du LEGO. La petite différence entre un enfant et Neil, c’est qu’il a probablement un QI supérieur à 160, une thèse reçue avec les honneurs, une barbe conséquente et des connaissances techniques très avancées qui lui ont permis de penser que comme tout un chacun était capable de construire en LEGO à peu près tout ce qui peut passer dans la tête d’un créateur, il n’y avait aucune raison qui pouvait empêcher un être humain de construire à peu près n’importe quel objet.

Il faut dire que les avancées technologiques de ces dernières années lui ont rendu possible cette tentative. En effet, le premier ordinateur portable est inventé par Eckert et Mauchly en 1946, il fait tout de même 30 tonnes et 72 mètres carrés de surface. Pas évident de le déployer dans un TGV sans gêner ses voisins. Il faudra 20 anspour démocratiser cet outil avec l’apparition du PC (Personal Computer). En parallèle, l’idée de brancher un ordinateur sur une machine pour la fabrication d’objets date de 1950 et a été réalisé par le MIT pour le compte de l’armée Américaine. Jusqu’à aujourd’hui, cette innovation a presque toujours été faite à l’échelon industrielle et donc de manière très éloigné de ceux qui consomment ces objets. Par exemple, il est fort peu probable que les jouets que vous offrirez à noël soit produit par vous-même et qu’il soit unique. Ce que propose Neil Gershenfeld pour notre époque où presque tous les foyers disposent d’un ordinateur, c’est de démocratiser la machine.

Le modèle : L’imprimante

Bref, en quelque mot, l’idée c’est de mettre à disposition de tout à chacun les machines qui permettent de créer (presque) n’importe quoi. Le meilleur exemple de cette idée existe déjà à grande échelle : l’imprimante. Il est désormais très courant que les foyers disposent d’une imprimante et puisse ainsi imprimer sur papier photos, textes, ou n’importe quoi tant qu’ils peuvent le créer ou en avoir une copie sur leur ordinateur. La plupart des gens se sentent tout à fait capable d’utiliser cette machine. L’autonomie à ce sujet est très élevée.

Depuis quelques années maintenant, les ingénieurs et bidouilleurs de tous poils mettent au point des machines de plus en plus efficaces et qui permettent de créer des objets en trois dimensions. Par abus de langage qu’on punira plus tard quand on aura du temps à perdre, on appelle cela une Imprimante 3D. L’originalité n’est pas dans son existence, mais dans le fait que scientifiques et bidouilleurs sont en train d’avancer très sérieusement dans la création d’une imprimate 3D que tout le monde pourra utiliser. Le projet le plus avancé c’est RepRap (Replicating Rapid prototyper). Par exemple dans la vidéo suivante, une personne (dont on se fout complétement) imprime un pion de jeu d’échec avec cette machine. Les possibilités sont (à peu près) infinies.

L’institution : Le FabLab

Maintenant qu’on a la ou les machines, il faut pouvoir s’en servir. C’est là qu’interviennent les FabLab (Fabrication Laboratory). Le premier mis en place c’est au MIT avec ce bon vieux Neil (un intime à ce niveau de l’article) et depuis de nouveaux ouvrent ici et là. Le principe est de mettre à disposition d’un collectif l’ensemble de machines ET de connaissances pour pouvoir utiliser en autonomie ces machines et créer (presque) n’importe quoi. La charte Fab Lab élaborée pare Nini du MIT s’en fait la pierre d’angle. Au programme, autonomie et transparence de l’information. En France à l’heure actuelle, seule Toulouse dispose d’un FabLab clairement opérationnel et très actif. A ce point de la démonstration, si vous n’habitez pas dans cette ville, un léger sentiment de jalousie est tout à fait normal. Ainsi, le "collectif" est aujourd’hui surtout local, c’est à dire les personnes tournant autour du lieu physique où se trouvent les machines. Demain les FabLabs formeront un réseau beaucoup plus dense, où l’échange d’information entre FabLabs sera probablement plus important que dans chaque FabLab.

Le retour aux open sources

Le dernier élément clef des FabLabs, c’est qu’ils donnent une dimension nouvelle au monde open source. Pour ceux qui vivraient encore au XX siècle (je titille), l’open source c’est le fait de mettre en libre accès de l’information pour qu’elle soit utilisée et/ou modifiée. Le meilleur exemple de l’open source, c’est Wikipedia.  (même si vous vivez au XXe siècle vous devriez connaitre… ;-) ). Bon, tout ça pour dire que le FabLab est un lieu de création d’information dans le sens ou des designs, des programmes et autres seront créés et mis à disposition de tous. Ainsi, si un objet est déjà élaboré, le plan de fabrication sur une machine du FabLab vous sera disponible à l’impression également. De la même manière que vous pouvez utiliser un article Wikipedia alors que vous n’avez peut-être pas du tout participé à son élaboration.

Pour conclure, j’espère avoir présenter les principales caractéristiques des FabLab. Cet article n’est pas l’occasion d’explorer les détails de cette révolution technologique mais d’introduire le concept de FabLab qui n’est pas familier avec tout le monde. Les articles à venir seront l’occasion d’explorer avec le prisme de ce blog cette révolution.

Plus d’infos : http://owni.fr/tag/fab-lab/

12 Commentaires

Classé dans Eco-Hacking

12 réponses à “Introduction aux FabLabs

  1. Manque plus qu’à trouver les applications permaculturelles qui vont avec

  2. Et en plus de devoir consommer des feuilles par cartons de 1000, on consommera des sacs de poudre 3D et nos poubelles seront gonflées d’objets aussi hideux qu’inutiles :)

    On pourrait y voir une application permaculturelle dans le sens du DIY où on peut à la demande et localement modifier et fabriquer les objets dont on a besoin, mais pour cela il faudrait que le matériel utilisé soit solide et durable, et là j’ai quand-même un peu des doutes.

    Je préfèrerais que les gens maîtrisent à nouveau le travail du bois et du métal au niveau de ce qui se faisait il y a 100-150 ans.

  3. Pour répondre à Imago, tout d’abord dans les FabLabs, cette question des matériaux est essentielle et nous travaillons effectivement à ne pas juste imprimer quelques objets souvent gadgets mais à récupérer, réparer, fabriquer sur mesure et ceci en tissu, bois, carton, bambou (dans certains FabLabs pour qui ce matériau est très présent localement)…. entre autres.
    De plus, sur le plastique, des prototypes sont en cours pour tenter de recycler l’ABS ou le PLA en le retransformant en fil prêt à être de nouveau insérer dans l’imprimante.
    Il faut comprendre que l’imprimante 3D n’est pas le but mais le moyen le plus simple d’entamer la conversation sur : et si demain, je peux presque tout fabriquer dans mon quartier ? Quelle société ? Quelle modèle économique ? Quels moyens d’apprentissage ?

    Pour information pour ceux qui seraient en région Ile de France, l’Université de Cergy Pontoise sur son site de Genevilliers ouvre le FacLab, qui est un fablab universitaire ouvert à tous (y compris les non-étudiants).

    Nous seront pleinement ouvert en mars mais nous pouvons déjà vous inviter à venir échanger autour d’un café si vous souhaitez poursuivre cette conversation.

  4. Pingback: Introduction aux FabLabs | Technos et humain | Scoop.it

  5. Le jour où on pourra vider directement et intégralement notre poubelle de produits non compostables dans le fablab de village/quartier, je signe !

  6. Pingback: Made in Chez Moi ou le capitalisme qui vient | Jardinons la planète

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