J’ai fais le con…faut l’admettre

Pour l’instant ce blog n’était qu’une suite d’article tournant autour d’un projet mélant philosophie, agronomie et décroissance. Comment Jardiner la planete, pour reprendre les mots de Castoriadis, un blog que je voulais avec un peu d’exigence intellectuelle. Je me suis fait la réflexion que je n’avais pas encore fait un poste à la manière des blogs où je pourrais balancer sans réflexion aucune, sans relecture et avec photes d’orthographes siouplé, ma logorrhée mentale infinie propre aux cerveaux humains. Cet article va balancer sévère et dans tous le sens, les cons comme moi vont en prendre pour leur grade et je vais rebâtir le monde avec des mots stériles. Je ne vais pas tapper sur des Jacques Attali ni sur des Sarkozy dont la bêtise suintante est une prise trop aisée que je laisse aux mâchoires fatiguées en quête d’imbéciles à la chair tendre. Non la vrai critique qui fait mal et peut-être la seule véritablement authentique, c’est faire son auto-critique.

L’écologie a ses imbéciles dont je fais parti, déconnectés de la réalité et niaisement idéalistes, ils sont pourtant les belles âmes d’aujourd’hui. Voulant sauver les animaux et les hommes qui n’ont rien demander, ils embrassent la Terre entière et les peuplades les plus bigarrées dans un élan sirupeux d’humanisme (merci Desproges). Jadis il y avaient ceux qui étaient contre la guerre (non mais QUI est pour?), aujourd’hui on est contre la guerre et contre la pollution, il est beau l’engagement politique. Alors en tant qu’écolo conscient que je suis niais il faut que je me réveille. Demain, les gens s’étriperont (s’étripent déjà en Ossétie, Tchétchénie, Timor, Irak) pour des ressources et ce n’est pas avec un lopin de terre, trois haricots et deux carrotes que je vais empêcher cela. Je connais suffisement bien l’histoire de ces naïfs d’indiens qui se sont fait butter leur bisons en remerciement d’avoir offert à bouffer aux premiers colons américains ahuris et affamés sur cette lointaine terre hostile pour savoir que les petits hommes ne feront pas des rondes fleuries en chantant pour décider qui d’eux aura le droit de boire ou de manger. Ils se planteront des abeilles d’acier dans le bidon, se feront éclater la cerise à coup de gros suppositoires en métal, juste le temps de vivre comme disait Boris Vian, putain de génie mélancolique! Ils vont en vendre des canons, deux pour le prix d’un…j’attends les soldes de Janvier, je vais pouvoir m’armer à pas cher juste avant l’hiver…nucléaire.

Finalement l’humanisme, c’est l’espoir des prétentieux. De ceux qui croient que l’homme peut transcender son affiliation au règne animal, qui lui, est completement étranger à ces stupidités de l’âme ou de l’histoire que l’on s’est inventés pour croire que tout ça a un sens. On rigolerait bien de voir des bactéries croire en Dieu, de s’inventer un destin pour que leur vie ne soit pas une steak de pas grand chose entre deux tranches de rien. « On ne rit de bon coeur que dans les cimetières » disait Desproges, je crois que je commence à comprendre. Se révolter avec Camus, pourquoi pas j’essaye, mais rire de l’absurde je crois que c’est ce qu’il y a de plus beau. Faire un doigt d’honneur à l’univers, lui montrer notre cul en faisant du tambour dessus un peu à la manière de la bite renommée de Brassens, rire de notre fausse importance qui personnellement me submerge chaque jour…en fin de journée j’y crois presque. Il faut avoir dépouillé sa vie pour se rendre compte qu’on est qu’un Shadok (et oui toi aussi hypocrite shadok, mon semblable, mon frère). On devrait vivre dans des tonneaux comme Diogène ou dans des tiroirs, c’est petit mais c’est joli. Quand je vois que les aborigènes d’Australie étaient -avant qu’on leur foute une étiquette de sauvage pour légitimer leur génocide- un des peuples les plus heureux de la Terre, je me dis qu’en terme collectif y’a peut-être pas tant de choses à sauver. Est-ce qu’il croyaient en la démocratie et en l’humanisme les aborigènes d’Australie?

Un écolo c’est forcément un mec malade car si il est écolo c’est qu’il est déjà assez éduqué pour avoir fait des étapes intellectuelles jusque là, et que si il est éduqué à ce point là c’est qu’il est déraciné de tout ce qu’il voudrait retrouver. Et tout ça c’est mort, tu peux pas avoir un rapport sain avec les choses si tu penses en terme d’environnement, en terme de ressources, tout ca c’est mettre des mots sur des concepts qui devraient pas exister si ça nous était naturel. Y’a pas de mot pour les gens qui n’auraient plus de peau ni de muscles et qui se réduiraient à un cerveau dans un bouteille remplie de liquide physiologique, parce que le corps et le cerveau n’ont jamais été dissocié et que ça n’aurait pas de sens d’inventer un mot pour une telle absurdité. Cette impasse est vraiment ennuyante, je m’y cogne depuis un bout de temps, comme une mouche sur une fenêtre fermée. Au moins avec les Nazis on savait ou on allait, y’avait des héros et des méchants qui tuaient dans tous les sens. En plus on les reconnaissait bien, ils criaient, levaient le bras bien haut pour montrer à quel point ils s’estimaient méchants « -Vous êtes méchants comment? demandait le grand chef des méchants -COMME ÇA!! criaient les autres tous en cœur en essayant de lever le bras le plus haut possible. Et ils refesaient ça trois fois de suite pour être bien sur que tout le monde était plus ou moins aussi méchant » Ils mettaient un brassard avec une croix indienne dessus pour le montrer à tous, et avec ça ils avaient des places gratos au cinoche, une virée en pension complète sur le front russe et un salut fraternel des autres méchants. Moi heureusement, mes gènes étaient du coté des gentils, et comme tous les français j’ai eu un grand-père résistant moua mônsieur! C’est pour ca qu’aujourd’hui c’est utile les juifs, à chaque fois qu’il y en a un qui tombe par terre dans la rue tout le monde peut crier à l’antisémitisme du trottoire, ce sale nazi qui rouvrirait les chambres à gaz à la première occasion si nous les gentils on était pas vigilants du bitume. Alors, les cœurs des gentils se rassurent sur les gènes de leur grand-père, « apparemment c’est un gène dominant, dans ma famille on est gentil de père en fils, c’est pas comme ces connards de Bosch ». Au moins avec l’antisémitisme on est sur de pas se tromper de côté. Voilà un bon fondement pour une morale qui viendrait gicler en éclat le relativisme malsain des nihilistes glaireux qui hantent les coulisses de l’univers.

Quelque part ce qui était (est) pratique avec les religions, c’est qu’elles fixaient une morale, relative peut-être, mais sélectionnée patiemment et adaptée petit à petit en fonction des subtiles variations culturelles des époques successives. Après, que l’on croit au Soleil, à Jéhovah, aux Arbres ou au stérilet de ma belle-soeur ça n’a que peu d’importance. Parce que quelquepart personne n’aura le temps d’être déçu puisque déjà mort on ne peux même pas prendre conscience qu’il n’y a rien après (sinon on serait vivant), c’est pas fantastique ça? Voilà encore un de mes problèmes, j’ai même pas eu la bonne idée de croire en Dieu. Vous savez, à ce moment un peu trouble lorsqu’on est enfant et qu’on souhaite de toutes ces forces qu’il existe, et dans la nuit noire on lui parle et on lui demande de faire un signe, n’importe quoi car à ce moment, la moindre ombre ou bruit un peu suspect est éligible au statut de preuve divine. Certain ont de la chance et une porte claque, un camion klaxonne ou un chien aboie. Ma chambre est toujours restée diablement calme et j’ai appris à lire l’indifférence de l’univers à mon égard comme une preuve par la négative qu’il y avait peu de chance que quoi que ce soit de bien intentionné à mon égard existe là haut. Il faut vraiment que ce ne soit pas crédible car on ne peut pas dire que j’y ai mis de la mauvaise volonté pour gober tout et n’importe quoi: la petite souris, le père noël, le crocodile au fond de la baignoire, j’y ai cru. D’ailleurs je prend toujours mes douches à distance du trou d’évacuation d’eau au cas où… Finalement je suis pas tant que ça contre les religions, le problème c’est que les gens écoutent mal le message initial, du discours prophétique initial à la servitude volontaire il n’y a qu’un chemin très court que les joueurs de flutes aiment bien emprunter pour emmener les moutons dans des croisades absurdes vers le royaume aux milles vierges.

Là non plus, y’a pas de retour possible, je vais pas me mettre à croire maintenant dans l’eau bénite, dans le cycle des réincarnations et la Pachamama. Mais si vous doutez encore, jetez-vous y dedans, je crois que ça vaut le coup. « Faire l’amour revient à botter le cul de la mort en chantant », je crois qu’il n’y a pas d’autres choses, la dernière religion auquel je peux me convertir je pense. C’est ça la vraie subversion, l’acte gratuit qui détruira la société de consommation, l’absurdité et tout ce bordel. Je vais me coucher sur cette idée, ça me fait un bon sujet pour une nuit de rêve. Bonne nuit aux acharnés qui seraient allé jusqu’au bout.

8 Commentaires

Classé dans Philosophie

8 réponses à “J’ai fais le con…faut l’admettre

  1. Hé ! Bonne nuit aussi, qu’elle te soit aussi calme que les miennes 😉

  2. Imago

    Les aborigènes d’Australie, c’est des sortes d’anarcho-primitivistes non ?
    😉

    Bonne subversion…

  3. Ah chouette des billets de blogs,

    faudra que tu nous parles plus de toi à l’occasion 🙂

  4. jousseaume

    mais non pas si con que ça…
    super ce site

  5. Pingback: « Nous devrions être les jardiniers de cette planète  | «Jardinons la planète

  6. Alexis

    Très drôle le passage sur les nazis et les juifs, le reste aussi d’ailleurs. Désolé de faire chier avec des interrogations sérieuses 🙂 mais par rapport aux extinctions de civilisations telles les amérindiens et les aborigènes d’Australie, il y a quatre causes différentes qui sont soulevées et qui me paraissent plausibles. Le massacre par les colons est la première. Certains scientifiques soulèvent que ce serait loin d’être la principale. L’humain ne serait donc pas si méchant qu’on voudrait bien le croire? Youpie! La deuxième ce serait en effet la consommation et l’extermination de leur sources de nourritures. En gros l’homme blanc qui arrive et fragilise leur écosystème. La troisième serait du aux différences de groupes sanguins et aux maladies virales puissantes transportées par l’homme blanc. Le colon étant principalement du groupe A, un groupe étant apparu avec l’agriculture et ayant une forte capacité à résister aux maladies de type virale et les aborigènes et amérindiens étant principalement du groupe O, très sensibles aux affections virales, ce rendez -vous explosif aurait provoqué une véritable hécatombe chez ces peuplades.
    Et la quatrième cause, soulevé notamment par le travail de Claude Levi Strauss est que l’homme blanc a détruit les mythes de ces civilisations, leur ôtant ainsi leurs raisons de vivre et leur culture. Ceux-ci se seraient ensuite laisser mourir, sombrant aussi dans l’alcoolisme et la dépression ( aborigènes). Dans ce dernier cas, je ne sais pas si le colon était conscient de ce qu’il allait provoquer en détruisant la culture de l’autre (auquel cas c’est vraiment la pire des ordures vicieuses perverses, donc finalement il est vraiment méchant!) ou si c’était juste du au fait qu’il était persuadé que la sienne de culture était de loin la meilleure.
    Sans doute un mélange des deux.

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