De la population

Claude Levi Strauss

Il est terrible d’écouter Claude Levi-Strauss nous dire du haut d’une sagesse certaine que le monde d’aujourd’hui étouffe, s’intoxique par le nombre d’êtres humains à tel point qu’il en est devenu détestable. Nous sommes à la fois trop nombreux et trop gourmands. Notre appétit collectif, nous a fait dévorer jusqu’aux confins de notre planète. Un défi unique dans notre histoire nous attend: prendre conscience des limites de notre planète et s’y adapter.

La capacité de charge

Cette limite à un nom, la capacité de charge, qui est « la densité maximale d’individus d’une population d’une espèce donnée que peut supporter un écosystème ». Cette définition trouve par exemple tout son sens dans l’effondrement de la société de l’île de pâques où les limites de cet écosystème ont été progressivement dépassées. De même, les conséquences terribles d’une croissance exponentielle de population de bactérie dans une boite de petri (donc à capacité de charge stable) sont également tout à fait éclairantes sur la portée de ce concept.

A l’approche ou au dépassement de cette capacité de charge (ie lorsque la population est d’une densité proche du maximum que permet un systeme donné), on peut souvent noter un accroissement progressif des symptômes révélateurs de cette limite: pratiques malthusiennes comme le célibat, les mariages tardifs, l’avortement, les infanticides ou d’autres phénomènes comme la dégradation des sols, la mise en culture des parcelles les moins fertiles et des disettes de plus en plus fréquentes. Enfin, lorsque la population dépasse trop fortement cette limite, la régulation de la population se fait par des guerres, des famines ou des épidémies, ces dernières étant d’autant plus facilitées par l’affaiblissement nutritionnel de la population (obstacles destructifs selon Malthus).

Overshoot de Paul Cherfuka

Le père de ces analyses est sans conteste Thomas Robert Malthus, économiste Britannique du XVIIIe devenu célèbre pour son essai sur le principe de population.

« Le rythme d’accroissement de la population, de période en période, l’emporte donc tellement sur celui de l’augmentation des subsistances, que pour maintenir le niveau et pour que la population existante trouve toujours des aliments en quantité suffisante, il faut qu’à chaque instant une loi supérieure fasse obstacle à son extension. Il faut que la dure nécessité la soumette à son empire, et que celui de ces deux principes opposés dont l’action est tellement prépondérante soit contenu dans d’étroites limites. »

Thomas Malthus – Essai sur le principe de population

Ce qui est appelé overshoot dans les travaux d’écologie était appelé jadis ciseaux malthusiens en référence au moment où la production de nourriture est dépassée par les besoins de la population et où les obstacles destructifs « coupent » une partie de la population pour mettre le nombre d’humain en adéquation avec les ressources disponibles.

Ciseaux Malthusiens

Une peste et au lit

Le moyen âge nous montre ce phénomène de capacité de charge avec une étonnante clarté que seul le recul des années rend possible.

De l’antiquité, l’Europe féodale a hérité un système agricole fondé sur l’araire, un outil agricole simple qui scarifiait le sol sans le retourner.

Araire d’époque médiévale – XIIIe siècle – Palais de l’Escurial – Bibliothèque royale

Les finages seigneuriaux étaient alors organisés selon quatre grands ensembles paysagers: Le saltus, l’ager, la silva et l’hortus, respectivement les zones de paturages, de cultures, de forets et de parcelles jardinées. Le système reposait sur la culture de céréales sur l’ager en rotation bisannuelle avec une jachère qui receuillait les déjections animales provenant du saltus. Le bétail jouait donc un rôle essentiel dans la reproduction de la fertilité des champs céréaliers. Ainsi, toute extension de l’ager devait egalement corespondre à une extension du saltus afin d’en assurer la fertilité. Mais cette accroisement des paturages ne pouvait que se faire au dépend de la silva, la foret, qui était elle essentielle en tant que source de bois d’oeuvre et de chauffe notamment.

Un tel système de production pouvait fournir pour une famille paysanne l’équivalent de 9 à 11 quintaux (1 quintal=100Kg) de céréales par an, soit suffisament pour nourir une famille de 5 personnes. Il nécessitait donc au moins 6 hectares d’ager, 9 hectares de saltus et un hectare de silva, soit 16 hectares par famille au total. Une telle productivité avait donc comme limite de densité de population une trentaine d’habitants par Km².

C’est dans le moyen âge centrale, entre le XIe et le XIIIe siècle qu’une révolution agricole eut lieu par rapport à ce système peu performant. Par un instrument de labour tracté par des bœufs et non plus simplement de scarification comme l’araire, la charrue permet de cultiver des surfaces plus vastes et mieux fertilisées par l’enfouissement du fumier. Par la stabulation du bétail, les déjections sont mieux maitrisées et permettent une meilleur fertilisation des terres de l’ager.

Charrue au Moyen âge centrale – Frères de Limbourg – XVe

La meilleur fertilisation permet des rendements plus élevés. La rotation triennale alors mise en place (jachère, céréale d’hiver, céréale de printemps) permet à une famille de produire 20 quintaux, soit le double du système précédent. Une famille peut dès lors vivre avec seulement 9 hectares de terres (3 d’ager, 2.25 de saltus, 3.5 de foret), ce qui correspond à une densité de population d’environ 55 habitants par km². Ce qu’on observe entre l’an mille et la fin du XIIIe siècle, lors du developpement de ces techniques, c’est presque le doublement de la population francaise.

Mais au début du XIVe siècle, avec une population de presque vingt millions d’habitant, le territoire francais dispose alors d’une densité de population très proche, voir supérieure, aux 55 habitants par km². La pression est alors extrême sur l’écosystème puisque les défrichements sont maximums pour avoir suffisement de céréales et le surpaturage est alors nécessaire pour essayer d’amener suffisement de fertilité jusque dans ces parcelles d’ager. La foret, réduite comme peau de chagrin, arrive difficilement à fournir le bois d’oeuvre et de chauffe. Les conditions de vies se précarisent dans toute l’Europe. Des disettes, puis des famines éclatent. En 1305, une disette aiguë touche l’ensemble du bassin parisien, puis s’en suivent des famines en Allemagne en 1309 et dans toute l’europe de l’ouest entre 1315 et 1317.

Le déclin nutritionnel, sanitaire et écosystèmique s’aggrava alors jusque dans la première moitié du XIVe lorsqu’arriva de Chine en 1347 la grand peste noire qui vint porter le coup de grâce à un système qui ne pouvait pas faire vivre durablement toute la population qu’il avait fait naitre. Bien que l’estimation ne puisse être garantie absolument, il est souvent estimé que c’est la moitié de la population Européenne qui a été décimée en cinq ans. Les guerres de restructuration du pouvoir finiront d’achever la régulation malthusienne. Preuve de cet effet « ciseau »: lorsque vers 1600 la population européenne fut égale à celle qui avait précédé cette catastrophe, les symptomes du surpeuplement réapparurent sous forme de disette. Cette nouvelle situation de crise ne sera surmontée qu’avec la première révolution agricole des temps modernes et l’abandon de la jachère en agriculture qui provoquèrent un nouveau gain notable de productivité, repoussant de nouveau plus haut la capacité de charge.

L’histoire européenne est donc riche d’enseignements. Tout d’abord, nous pouvons conclure qu’à système productif stable, l’accroissement de la population au niveau de la capacité de charge aboutit à une régulation de type malthusienne. Toutefois, comme nous avons pu le voir dans la transitiion de la culture à l’araire à celle de la charrue, il est aussi également possible de repousser la capacité de charge afin d’éviter cette régulation. En effet, lorsqu’une famille ne nécessitait plus 16 hectares pour vivre mais seulement 9, le risque du surpeuplement en fut alors fortement diminué. En terme actuel, on dirait que le progrès technique, de l’araire à la charrue, a conduis à une limitation de l’empreinte écologique de chaque individu. Par conséquent, les développements techniques permettent de repousser la capacité de charge. Dans cette grille d’analyse, le salut du système ne pourrait passer que par un progrès technicien, qui viendrait à chaque fois réduire encore plus notre empreinte écologique et permettre une population encore plus croissante.

Nous définissons notre capacité de charge

En effet, pour poursuire sur les conclusions du paragraphe précédents. L’erreur de beaucoup d’analystes et de catastrophistes est de penser que cette capacité de charge est une limite fixe. Celle-ci a été elle-même formulée par Malthus, le père de l’idée selon laquelle la croissance exponentielle de la population se retrouve à terme en contradiction avec la croissance arithmétique des ressources disponibles.

Les néo malthusiens font également la même erreur. Le leader du mouvement, Garett Hardin, prend souvent comme exemple de notre époque celle d’une dizaine de personnes dans un bateau de 20 places, entourée d’une centaine de naufragés qui aimeraient monter à bord. Le bateau monde n’a pas une capacité fixée pour l’éternité, mais elle est le résultat de notre volonté à construire un monde qui peut porter un certain nombre de personnes. Nous ne sommes pas condamnés à vivre dans un bateau à 20 places et nous pouvons construire un bateau plus grand. Toutefois, pour que cette course en avant ne soit pas vaine, il faut s’assurer que le nombre de naufragés se réduise.

Boat people

A ce titre, l’idéologie de la décroissance tiens dans la limitation de l’empreinte écologique individuelle pour permette à un grand nombre de personnes de vivre dignement avec une quantité de ressources limitées. A contrario, les partisans de la technique affirment que cette dernière apportera des innovations qui permettront de réduire l’utilisation de ses ressources par habitant. Aucune des deux options n’a fondamentalement raison ni tord dans ce débat. La décroissance volontaire est contre-intuitive à la vie de manière générale qui tente toujours de dominer le plus de ressources, de croitre et de maximiser ses potentialités. Ainsi, une société ne s’engagera a priori dans cette voie que de manière contrainte, comme il est souvent arrivé par le passé (les exemples les plus récents étant les américains qui ont perdu leurs maisons, ou l’effondrement du niveau de vie des russes apres la chute de l’URSS). Toutefois, tant la technique que nos modes de vies sont des variables qui sont à notre portée d’Etre Humain et qui peuvent nous permettre d’éviter la crise.

Conclusion

La conclusion est alors tres simple. Nous arrivons aujourd’hui à une crise dans notre système de production basé sur le pétrole. Comme cette ressource s’épuise, le niveau de vie des gens qui en dépendait va donc diminuer. Cette histoire de l’avenir peut tout à fait être contrariée par la technique, mais à l’heure d’aujourd’hui, aucun panier d’énergies ne semble pouvoir le remplacer. La technique semblant à court d’idées pour résoudre cette menace qui pèse sur nos sociétés, c’est le deuxieme levier qui semble être le plus intéressant à utiliser, celui du changement de nos modes de vies et de nos habitudes. Toutefois, au Nord, l’idéologie du progrès, de la société de consommation, de la technique salvatrice sont des remparts puissants à faire accepter une idéologie du « moins pour vivre mieux« , en d’autre termes de la décroissance. De même au Sud, l’idéologie du developpement fixe l’horizon politique sur le chemin des nations du Nord -vers la croissance, l’idéologie du progrès, de la société de consommation et de la technique salvatrice-.

La guerre contre la nature – The new world de Malick

La simplicité volontaire ou décroissance est peut être la seule idéologie à mettre un terme à ces cycles croissance de la population/technique salvatrice, mais n’est pas à même de pouvoir convaincre le monde. Le fait civilisationnel de la modernité est bien plus fort que tout raisonnement, et la guerre contre la nature sera menée jusqu’au bout au nom de notre anthropocentrisme jusqu’à ce que l’impasse apparaisse, à savoir que lutter contre la nature c’est lutter contre nous-même.

(Pour continuer la réflexion sur ce sujet sur ce blog, poursuivre sur cet article)

23 Commentaires

Classé dans Agriculture, Démographie, Economie, Histoire, Santé

23 réponses à “De la population

  1. Pas mal (comme toujours) mais je ne sais que penser de la fin. Quelle doit être la « visibilité » de l’impasse pour avoir une chance « d’éviter la crise » ?

    Nous arrivons ou approchons du pic pétrolier mais nous sommes encore loin d’avoir épuisé toutes les énergies fossiles et pouvons donner la priorité à la production de nourriture plutôt qu’aux vacances en avion, il y a de quoi produire longtemps beaucoup de nourriture.

    J’avais aussi un billet en préparation sur ce thème, je l’ai mis en ligne « pour faire écho ». Il y a des similitudes, quoi que j’aie l’impression d’être un peu plus désabusé.

    http://imago.hautetfort.com/archive/2008/09/29/population-et-demographie.html

    A noter que mon point de vue est passablement influencé par Daniel Quinn et son concept de « food race ».
    Pour se faire une idée:
    http://anticivilisation.hautetfort.com/archive/2008/08/14/114-%E2%80%93-mettre-un-terme-a-la-course-a-la-nourriture.html

  2. karmai

    Merci pour ton compliment, ca me fait plaisir, comme toujours.

    Ma conclusion est somme toute tres simple. Contrairement a ce qui est parfois proposé, la régulation de la population est tres difficile, meme de maniere tres volontaire. Celle-ci se regule bien plutot par des boucles de regulation naturelles, liées a la demographie humaine (qui n’est finalement qu’un exemple d’ecologie des populations appliqué a Homo sapiens sapiens).

    Comme tu le dis tres bien dans ton article, si il y a surplus il y a croissance démographique. En fait, ma conclusion est qu’il n’y a rien a decider sur cette question. Comme notre systeme est surplus-reactif en terme de croissance demographique, les seules solutions pour résoudre la crise est le progres technique, la regulation malthusienne ou la décroissance volontaire. Le premier n’etant pas la aujourd’hui et la derniere étant tres loin de convaincre les masses, c’est bien la regulation malthusienne qui jouera (en realité qui continuera a jouer car notre réalité distille déja sa regulation par les morts diverses de ceux qui n’ont pas été invité au banquet de la mondialisation).

    Jared Diamond, dans son livre « Effondrement » traite de cette question et montre que les civilisations ou plus ou moins les capacités de réagir aux crises. Ma conclusion est donc celle-ci, arriverons-nous a nous défaire de l’idéologie moderne qui tente de nous rendre comme maitres et possesseurs de la nature? En effet, seule cette prise de conscience peut nous amener a changer notre paradigme de la disjonction homme/nature, et cesser la guerre contre notre maison, contre nous meme.

  3. A vous lire, il n’y a pas un paradoxe dans la Permaculture, qui veut limiter la population et créer l’abondance à la fois ?

  4. karmai

    Je ne vois pas tellement ou serait le paradoxe de vouloir limiter la population et créer l’abondance dans mon propos qui ne parle meme pas de permaculture.

    Je n’avais jamais entendu parler du fait que la permaculture défendait une réduction de la population. Quels en sont ses principes?

    La permaculture s’inscrit dans la question de la démographie dans ces termes: Est-ce un modele viable pour la planete? Est-il possible de faire vivre 9 milliards d’individus avec la permaculture? Je n’ai aujourd’hui pas la réponse car il faudrait calculer, dans différents écosysteme, le nombre de personnes qu’il est possible de faire vivre sur une ferme en permaculture. Si une ferme de 15 hectares fait vivre une famille et sans surplus, ce n’est pas soutenable pour le nombre de personnes que l’on est sur Terre.

    Apres, si la question se résout a savoir s’il ne serait pas préférable d’etre moins nombreux et d’avoir l’espace pour produire en suffisante quantité, la réponse est évidemment positive, mais la question collective aujourd’hui ne se pose pas la. Elle se pose d’autant moins que personne n’a les moyens de limiter la population de maniere volontaire.

  5. Permaculture et réduction de population: 9 milliards d’habitants en permaculture, c’est certainement trop. Cette idée vient peut-être des principes éthiques originaux: « care of the earth, care of the people, SETTING LIMITS TO POPULATION AND CONSUMPTION » (peut-être encore actuellement sur la brochure distribuée par l’association anglaise de permaculture). Ce troisième principe éthique a été reformulé en « fair share » ou « fair share, set limits to consumption and reproduction and redistribute surplus » (Holmgren).

    Cette référence à la réduction démographique est délicate, car même si on peut considérer que la cause est honorable et juste, comme le résume bien Karmai « personne n’a les moyens de limiter la population de manière volontaire ». Donc, à partir du moment où on ne peut rien faire, autant éviter de prêter le flanc à des critiques superficielles.

    Mais ici on est entre gentilshommes, on peut donc en parler 😉

    Autant on ne peut rien faire, autant on peut réfléchir sur le sujet, éventuellement changer de point de vue, ce qui entrainera fatalement un basculement de civilisation. Le passage du Moyen Age à la Renaissance n’est finalement qu’un changement de point de vue sur un certain nombre de sujets.
    Il n’est pas interdit de penser qu’on pourrait un jour se retrouver dans un monde où on ne cherche plus à produire du surplus, où on se contente de produire juste ce qu’il faut, où on cesse de lutter contre la nature, etc.

    Ce monde existera ou bien nous cesserons d’exister. Certains précurseurs y ont déjà presque basculé intellectuellement et/ou pratiquement.

  6. karmai

    C’est un effet un point important de tout changement de paradigme societal et tout l’interet d’un livre comme « Effondrement » de Jared Diamond qui reflechis aux conditions necessaires de l’adaptation aux crises. Pourquoi au XIVe siecle les Europeens n’ont pas fait de revolution agricole alors que la plupart des techniques etaient disponibles, alors qu’ils la firent quelques siecles plus tard au XVIIe?

    Nous avons ici a faire a une question tellement complexe qu’elle en meriterait de belles longues heures de lectures et de travail pour arriver a un embryon de reponse. Les structures politiques, l’idiosyncratie, les evolutions ideologiques, les decouvertes scientifiques et philosophiques, les evenements geopolitiques, la sociologie, l’economie doivent toutes etre intégrées pour pouvoir peser chaque facteur a sa juste valeur. Ce n’est donc pas juste un changement de point de vue, mais aussi la conjonction de multiples conditions de possibilités.

    Une chose est certaine, au jour d’aujourd’hui, alors que la crise financiere s’intensifie, l’extreme majorité des gens ignorent les solutions de la decroissance et de la permaculture comme alternative au systeme.

    La question de savoir pourquoi les gens n’y sont pas sensibles revient a se demander pourquoi un paysan bourguignon en 1334 n’a pas mis ses betes en stabulation ni couper du foin en été pour tenir l’hiver. Les réponses sont multiples, mais le résultat reste la. Bien heureusement il peut changer, et c’est tout l’interet de promouvoir ce en quoi l’on croit.

  7. La figure présentée sur l’unique page du blog Energie et Population illustre votre texte, montrant que la production annuelle d’énergie et la population mondiale ont évolué parallèlement tout au long de la période 1860 – 2000 .

  8. karmai

    Attention à ne pas confondre corrélation et causalité. Le fait que la courbe d’énergie soit corrélée à la population ne signifie pas que l’énergie est la cause de toute augmentation d’énergie, ce qui aurait pour conséquence que toute baisse d’approvisionnement provoquerait une baisse de la population.

    Pour avoir les idées claires sur corrélation et causalité on peut lire ce texte bien fait http://blogue.sciencepresse.info/physique/item/295#nucleus_cf

    En fait mon texte ne dit pas que la population est liée à l’énergie, il dit que la capacité de charge d’un systeme dépend de la productivité alimentaire. Le second point est que celle-ci est souvent amenée par des changements techniques.

    Lier énergie et démographie peut être une hypothèse de travail intéressante, mais ne peut être en aucun cas une certitude scientifique à l’heure d’aujourd’hui. On pourra par exemple se référer à cette conférence d’Yves Cochet sur l’épuisement des ressources fossiles ou il précise bien ce point également, à savoir qu’il n’y a que corrélation et donc absence de causalité certaine.

    http://raffa.grandmenage.info/post/2008/08/30/GMTV-Pic-petrolier-:-conference-debat-avec-Yves-Cochet

  9. Imago

    « Le fait que la courbe d’énergie soit corrélée à la population ne signifie pas que l’énergie est la cause de toute augmentation d’énergie, ce qui aurait pour conséquence que toute baisse d’approvisionnement provoquerait une baisse de la population »

    Je pense que tu voulais dire « …la cause de toute augmentation de population »

    Je ne pense pas non plus que ce soit la cause, plutôt que l’augmentation de population est rendue possible par une augmentation d’énergie. On dit qu’il nous faut 10 calories pour produire 1 calorie alimentaire. Une diminution de l’énergie à disposition ferait chuter la production alimentaire, et à terme la population. Il me semble que c’est le fondement de la « Théorie d’Olduvai » de R. Duncan.

    Il n’y a évidemment aucune certitude scientifique. D’après ce graphique http://www.theoildrum.com/files/Olduvai2007_FFperCapita.png, la quantité d’énergie fossile par tête est stable depuis 20 ans, alors que la population a continué de progresser. Manifestement on sait mieux utiliser l’énergie, on exploite plus efficacement nos ressources. Il faudra attendre la chute de l’énergie disponible par tête pour voir ce qui se passera avec la population. Il faudrait juste que « toutes choses restant égales par ailleurs », ce qui, par les temps qui courent, risque d’être difficile.

  10. karmai

    Bonjour Imago,

    Oui merci pour la correction.

    Je ne peux que confirmer ce que tu dis. Il n’y a aucune certitude scientifique que la population est fonction de l’énergie fossile disponible.

    L’exemple sur ce blog du Burundi est éclairant. C’est un des pays qui consomme le moins de pétrole par tête de pipe (0.17 barril par an et par personne contre 25 aux états-unis soit 150 fois moins) et qui est pourtant une des régions les plus peuplées du monde (233 hab/km²). Si tout le monde vivait comme un Burundais, on pourrait disposer de pétrole pendant encore 1000 ans à population constante. (hypothèse, 1000 gigabarils de réserves restantes)

    Ce qui est sur toutefois, c’est que le monde occidental actuel ne pourra pas continuer longtemps à ce rythme d’utilisation des ressources énergétique. Une plus grande partie de notre énergie devra donc être économisée d’une façon où d’une autre. Les jeux sont ouverts quand à la manière…

  11. Imago

    Le Burundi est intéressant, mais ce n’est pas une île coupée du reste du monde. D’après le CIA factbook ce pays exporte pour 44 millions de dollars et importe pour 272 millions, principalement de l’énergie et de la nourriture. Il est donc assez difficile d’en tirer des conclusions, à moins attendre que la crise financière internationale n’isole complètement ce pays…

  12. karmai

    Je ne cherche pas a defendre le Burundi coute que coute, mais l’importation pour 272 millions represente surtout le petrole (environ 100 millions) et beaucoup d’autres biens qui sont surtout consommés par la population urbaine (certes modeste) de la capitale Bujumbura. Le chiffre de 0.17 barril/tete est trompeur car il devrait etre différencié entre les urbains tres minoritaires et les ruraux. Ces derniers ne consomment a peu pres pas de pétrole. De plus, les exportations sont liées également a l’obligation de la dette qui represente au Burundi environ 20% du PIB.

    Ce que je veux dire par la c’est que meme dans l’hypothese d’un effondrement, le Burundi reste un pays extremement autonome, qui sera donc peu atteint par un isolement. D’autres pays comme Cuba montrent que la population peut se maintenir malgre une précarité d’échanges et d’énergie disponible.

  13. Il ne me semble pas que la corrélation entre énergie et population puisse s’expliquer en terme de causalité, l’une des deux étant la cause et l’autre la conséquence. Je perçois plutôt que ces deux croissances interagissent l’une avec l’autre par des phénomènes de « synergie », ou encore « rétroactions positives », développés dans le cadre du système économique libéral et impliquant non seulement ces deux croissances mais aussi d’autres croissances (des connaissances, des innovations technologiques, des transports de personnes et de biens, des moyens d’enseignement et d’information, des rendements agricoles, de la production et de la distribution de nourriture, des moyens de soigner et secourir, etc.).

    L’effet synergique a été particulièrement élevé, en général (avec toutefois des fluctuations), au cours de la période 1945 – 2003. Il a agi au niveau mondial, différentiant et intriquant deux sortes de populations. Les populations riches bénéficiaires de la croissance économique ont généralement connu une croissance démographique plutôt modérée ou faible mais ont bénéficié du travail ingrat et peu rémunéré effectué par la main d’œuvre bon marché issue des populations pauvres, lesquelles ont généralement connu, au contraire, une croissance démographique plutôt forte (du fait que la forte baisse de la mortalité, notamment infantile, n’a pas été compensé par une baisse de la natalité) induisant souvent la misère et, de ce fait, produisant précisément les nombreux individus qui, prêts à accepter n’importe quel travail mal payé afin de s’élever quelque peu au dessus de la misère, ont constitué les nouveaux esclaves d’un monde dans lequel l’esclavage a été officiellement aboli.

    Et tout cet ensemble interactif à rétroactions positives a fonctionné tant bien que mal (avec des secousses ponctuelles), alimenté par de l’énergie produite à faible coût et vendue à bas prix tout en étant capable de satisfaire une demande croissante, jusqu’au moment où, il y a environ cinq ans, l’offre d’énergie produite annuellement à faible coût a commencé à ne plus être capable de satisfaire durablement une demande vigoureuse tirée vers le haut par les pays émergents.

    Le genre humain a alors commencé à rencontrer les limites d’une extraordinaire expansion imperceptiblement débutée il y a environ dix mille ans avec la révolution néolithique, accentuée vers le milieu du 19ème siècle lorsque débuta la civilisation industrielle et terminée par la phase paroxysmale débutée en 1945 et à présent sur le point de prendre fin.

    Nous sommes tout récemment entré, me semble-t-il, dans la période de transition qui nous conduira jusqu’au point terminal de cette expansion. Un point qui constituera aussi le point culminant de toute l’histoire du genre humain et que nous atteindrons vraisemblablement dans le courant des prochaines décennies.

    J’ai pris conscience de tout cela au cours des années 1980 après avoir lu un ouvrage de LR Nougier intitulé « L’aventure humaine de la préhistoire » (Hachette) et dans lequel l’auteur rapporte la phrase suivante prononcée en 1971 par Claude Lévi-Strauss : « Le seul problème véritable qui se pose à la civilisation, c’est celui de l’explosion démographique : tout le reste des maux en découle ». Cette prise de conscience a été à l’origine d’observations et de diverses réflexions qui m’ont conduit, aujourd’hui à écrire « Le journal d’un observateur éternel »

    http://peakenergynews.blogspot.com/2008/09/le-journal-dun-observateur-ternel.html

    Information complémentaire : Je suis un jardinier amateur et j’ai développé dans mon jardin un système de micro-irrigation qui intéressera probablement les lecteurs de « Jardinons la planète Terre ». J’ai tout récemment publié une description de ce système sur le site

    http://verylowpressuremicroirrigation.blogspot.com/

  14. batman

    si j’ai bien lu le problème est la croissance gouverné par un obscur démon biologique

    « La décroissance volontaire est contre-intuitive à la vie de manière générale qui tente toujours de dominer le plus de ressources, de croitre et de maximiser ses potentialités. »

    car au final la voila la cause explicative de cet article, une belle vision idéologique de la biologie.

    Alors oui la croissance démographique c’est mal mais la chaine causale y menant est un peu plus complexe. Prenons un peu de recul et remontons à la naissance de notre espèce et regardons ce qui change…
    Depuis cette échelle la, le seul changement perceptible est: la domestication.
    Un petit détour par Paul Shepard (Nature and madness, malheureusement non traduit en français mais bien connu outre atlantique) nous apprend que cela a même des conséquences manifeste sur notre psychologie .

    Quand à la biologie, John Stewart (La vie existe-t-elle ?) révèle que la croissance comme finalité n’est que le mauvais rêve d’une science de l’information ayant oublié le vivant sur sa route.

  15. karmai

    Bonjour Batman,

    Merci pour ton commentaire. Je ne peux m’empêcher de rebondir abondamment dessus. Désolé pour les lecteurs éventuels.

    J’assume completement mon « idéologie biologique », surtout lorsqu’elle est éclairée par des analyses. Je crois effectivement que la vie est gouvernée par la maximisation de la transmission de ses gènes telle qu’elle a été définie par Richard Dawkins. Dans cette optique, il est exacte qu’il y a un certain nombres d’espèces qui croissent de manière exponentielle jusqu’à se heurter aux limites de leur environnement. Les bactéries, les nénuphars dans un lac, les lapins en Australie, les éléphants au Zimbabwe, les pigeons dans ma ville, la taxipholia en méditerranée, etc.
    Je suis d’accord que la formulation de ma phrase est anthropocentrique car j’utilise les mots « domination », « ressources » et « maximisation » qui sont des jugements a posteriori sur les forces qui gouvernent la vie. Pour résumer, pas de « démon » biologique bien sur mais des stratégies qui fonctionnent ou non. La croissance exponentielle d’une population peut être une stratégie évolutive payante qui peut permettre une transmission maximale de ses gènes. Par conséquent, je persiste et signe dans le fait que le comportement humain actuel d’explosion démographique est une attitude relativement commune dans la nature. Ce qui rend ce phénomène exceptionnel est l’apparition rapide de la possibilité d’auto-destruction de notre espèce et le retour réflexif que nous avons sur ce qui nous arrive. Si tu as une autre idéologie biologique à me proposer pour expliquer le moteur des populations je suis très intéressé. Pour reprendre ton expression, prenons encore plus de recul et réalisons que la croissance exponentielle d’une population n’est pas un phénomène nouveau dans la nature. A ce titre, la domestication n’est que la cause, pour les humains, de cette augmentation de population.

    Deuxièmement, prendre une explication (le gène) comme moteur important d’un phénomène (la croissance) n’exclus pas d’autres causes de celui-ci. Mon expérience me laisse bien plus penser à une interconnexion des causalités. D’ailleurs si j’exprimais une mono-causalité sur la question de la croissance en disant qu’elle est de toute façon gouvernée par nos gènes que nous ne contrôlons pas, il serait vain d’en parler car tout serait déjà écris. Hors bien sur, d’autres phénomènes interviennent, comme les flux d’informations, la culture, la métaphysique, la liberté, etc… Mais il faut bien voir que je reste un scientifique dans le sens où je vais au nombre minimale d’hypothèse explicative. En ce qui concerne la population humaine, il n’est pas nécessaire d’aller beaucoup plus loin que des principes connus de dynamique des populations assez banals pour obtenir un résultat, certes incomplet, mais satisfaisant.

    Cette précision faite, je traite de ton point sur la domestication. Elle est en effet un moment majeur dans l’histoire de l’espèce humaine. Et, effectivement, la révolution néolithique est la naissance progressive d’une course vers une importante croissance démographique. Le surplus appelant plus de naissance, appelant plus de surplus, etc. Mais la domestication n’est pas en elle-même la cause de toute croissance exponentielle incontrôlable. Les fourmis aussi ont domestiquées des plantes et des animaux (http://www.dailymotion.com/karmaipolis/video/x719e6_fourmis-eleveuses-agricultrices-bat_animals), on aurait du mal à trouver chez elles le moindre risque d’auto-destruction. La naissance de l’agriculture a bien plus comme cause l’apparition d’écarts d’inégalités croissants que la course à la croissance de la population. N’oublions pas que la population humaine croissait avant l’apparition de l’agriculture et de la domestication. (je fais la distinction entre course à la croissance et croissance)

    Pour conclure, je ne sais pas très bien ce que tu penses sur la croissance de la population mais en tout cas je te remercie de me remettre dans cet article. Je tiens juste à bien préciser que je ne prête un coté diabolique à la biologie que dans le sens où je fais parti des sujets de mon analyse. Dans ma perspective, la croissance démographique exponentielle est effectivement mauvaise, car je pense qu’elle peut mener l’espèce humaine dans une impasse évolutive, ce que je ressens confusément comme un échec personnel. Après, que des bactéries croissent dans une boite de pétri jusqu’à leur auto-destruction, j’en suis tout à fait indifférent, comme l’univers tout entier d’ailleurs. C’est bien ça le destin ridicule qui peut nous pendre au nez.

  16. L’augmentation de la «capacité de charge» par la technique à un prix. Minéralistion des sols, érosion, perte de l’humus (et de fertilité), perte de biodiversité (et fragilisation de l’écosystème incluant le sous-système agricole), etc, etc.

    Le passage de l’araire à la charue n’a eu pour résultat que d’agraver la situation lorsque la réalité a rattrapé les européens. au 17e sciecle ce qui à sauvé la mise dans un premier temps est l’expension en amérique. Puis fin 19e l’émergence de l’age du carbone (charbon/pétrole/gaz) et c’est sur ces entourloupettes que nous avont atteint une population démentielle de presque 7 000 000 000. Mais ces nouvelles entourloupettes ont un prix astronomique et aurront pour résultat d’agraver les concéquences du «réajustement» qui nous pend au nez dans les années à venir.

    On ne triche pas avec la nature, tout se paye tôt ou tard, capital et intérêt.

    • karmai

      Bonjour Hagouchonda,

      Merci pour le commentaire. Juste une précision, l’augmentation de la capacité de charge ne se fait pas forcement au prix d’une destruction de l’environnement puisque même au contraire celle-ci est définie par les limites de notre environnement. Donc si la capacité de charge augmente, la pression sur l’environnement diminue pendant un temps.

      La causalité est plus dans le fait que l’élévation de la capacité de charge, en libérant la pression sur l’environnement la plupart du temps, repousse plus loin la limite maximale de la population, augmentant ainsi la densité de population maximale. C’est donc au final, comme Levi-Strauss le dit très correctement, la densité qui provoque « l’empoisonnement interne » et non la technique en elle-même.

      C’est bien d’ailleurs ce qui permet à beaucoup de gens de croire en la technique dans le sens où elle peut permettre de relâcher la pression sur l’environnement pendant un temps. Ce qui est positif est le fait que l’humanité dans son ensemble est en train de faire sa transition démographique et que nous allons alors atteindre une densité maximale. La nécessité de repousser notre capacité de charge sera alors un problème caduque. Toute la question est de savoir si d’ici là (2050) nous saurons trouver des modes de vie qui puissent nous permettre collectivement d’y arriver sans trop de dégâts, voir même de commencer à retaper les endroits abîmés de la planète.

      • « Ce qui est positif est le fait que l’humanité dans son ensemble est en train de faire sa transition démographique et que nous allons alors atteindre une densité maximale. La nécessité de repousser notre capacité de charge sera alors un problème caduque. »

        Je ne serais pas aussi optimiste. Le « problème » sera non de la repousser mais de la maintenir au niveau qu’elle aura au moment où les « artifices » qui nous ont permis alors de l’augmenter ne sont plus disponibles.

        Par « artifices » j’entends énergies fossiles, révolution verte, sélection, etc.

        J’ai mis « problème » entre guillemets parce que dans l’absolu, c’est un problème très relatif…

        Salutations

      • karmai

        Bonjour Imago,

        Je suis tout a fait d’accord sur l’analyse. En effet, il y aura des années de vérités ou l’on verra si nous pouvons maintenir un mode de vie a autant de gens avec moins d’artifices traditionnels (chime, petrole bon marché et abondant).

        Je crois que des initiatives comme la permaculture, l’agro-foresterie, l’agro-ecologie, le génie ecologique montre qu’en agriculture cela est possible.

        En terme politique (référence a mon autre article https://jardinons.wordpress.com/2009/01/10/retour-sur-la-question-de-la-demographie/) on voit bien aussi que des changements a l’intérieur du système politique peuvent relâcher la pression démographique.

        Donc pour moi plutôt optimisme. Pourquoi penses tu que c’est un problème relatif?

  17. Je dis que le problème est relatif, parce qu’avoir une population de 7 milliards n’est pas un but en soi. Si cette capacité de charge devait redescendre ou chuter, ce serait localement et temporairement douloureux, mais au final on ne s’en porterait pas plus mal. Et quand on voit le gaspillage actuel, on se dit qu’avant de ne plus avoir à manger, il y a de la marge. Je me dis aussi (pour me rassurer ?) que la décroissance de la population ne sera pas plus spectaculaire, dans la vie de tous les jours, que sa croissance.

  18. jousseaume

    le burundi consomme certes moins de pétrole par tête d’habitant que les états unis, et une analyse plus fine montrerait que cette consommation de pétrole à cet endroit du monde n’est certainement pas homogène sur l’ensemble de la population.
    le problème actuel du burundi compte tenu de la densité de sa population et au dela des mérites de leur capacité agricoles est l’eau.
    comment mieux utiliser répartir et gérer les ressources en eau ( le niveau du lac Tanganika ne fait que baisser)
    ce qui aiderait au développement de ce pays et à éviter la résurgences de conflits serait de miser sur une politique de fond d’installation massive de citernes de récupération des eaux de pluie, de bassins de régulation de l’écoulement des eaux pour l’irrigation.

  19. Pingback: Le sentiment de la mesure : Hybrisme et Panmetronisme | Jardinons la planète

  20. flyingdust

    Très intéressant! Je ne peux m’empêcher de frémir d’excitation en remarquant que ces observations sur les sociétés moyenâgeuses, donnent des pistes pour l’avenir qui vont parfaitement dans le sens de ce en quoi je crois, en tout cas pour l’Europe, en tout cas pour sa partie nord. On remarque dans ce système que la place dévolue à l’animal est énorme, je pense que celle ci peut être supprimée, ou remplacée simplement par de la volaille peut gourmande en espace et qui offre œufs et viande en période plus rude (hivernale par exemple). Cette fertilisation animale sous nos contrées on la remplace par une fertilisation végétale sous forme de brf obtenue par étrognage d’arbres (système de taille extrêmement durable), système qui peut même se retrouver directement sur l’ager et l’hortus (je n’ai pas bien compris la différence entre les deux) et par nos déjections propres. On peux même en poussant plus loin insérer directement la silva dans l’ager en régulant intelligement les inconvénients qu’elle peut avoir (ombrage excessif, mauvais brassage des différentes couches du sol, tendance à l’acidité,…). Je pense avec cette méthode qu’une famille peut se satisfaire d’un hectare en autosuffisance et que comme il y a davantage de personnes à la surface, les déjections humaines et l’ajout d’un poulailler (peut-être dispensable, là je ne sais pas) suffisent au maintient ou même agradation de la richesse organique du sol (plus besoin de bétail lourd).
    Il ne faut pas oublié non plus que nous avons considérablement élargi par nos voyages, nos quantités de variétés de légumes cultivés, ce qui n’a eu de cesse de renforcer notre sécurité alimentaire (en tout cas durant le moyen âge).
    Je crois donc que le défi de l’autosuffisance alimentaire est jouable par l’Europe, à condition qu’elle devienne essentiellement végétarienne (donc disparitions des élevages massifs), qu’elle cesse de balancer sa merde à l’eau et de souiller cette ressource précieuse, plante massivement des arbres tout en contenant leur ombre, et peut être limite son nombre de naissances par allocations régressives (plus y a d’enfants moins y a d’alloc’s) par exemple. Et je crois que sous nos climats, le fumier de porcs, de vache, de cheval, est totalement dispensable à condition d’adapter les méthodes de culture.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s