Retour sur la question de la démographie

Comme le décrivait mon précédent article « De la population« , je montrais en quoi la technique était le principal moyen a notre portée pour dépasser l’épée de Damoclès des régulations appelées Malthusiennes, en référence à l’économiste britannique qui les a tout particulièrement mises en lumières. En fait, et ce sera tout l’objet de cet article, nous verrons que la question de la démographie permet de révéler les options qui s’offrent à nous en terme de sociétés.

L’accroissement de la population est de l’intérêt des riches

On peut symboliser l’organisation sociale mondiale par une pyramide. Chaque niveau de celle-ci représente une classe sociale. Au niveau mondial, à la base de cette pyramide, se trouve les milliards d’humains qui vivent dans la pauvreté et qui servent de base à notre système. L’exploitation de ces classes est essentielle à l’accumulation des classes supérieures. Tout en haut de cette pyramide, on trouve les 20% des plus riches (moi et tout ceux qui peuvent me lire sur internet) qui consomment 80% des ressources. Enfin, la pointe de la pyramide est l’élite de ces riches qui détiennent l’essentiel du capital mondial (médias, multinationales, États, …). Cette élite possède parfois l’équivalent de la richesse produite par des états pauvres.

pyramide_capitalisme1

Pyramide du capitalisme – Celle-ci pourrait être remise au gout du jour avec le pouvoir financier, les médias et la science, la police et les armées, les riches du Nord et du Sud et les tiers monde du Nord et du Sud

Si la hauteur de cette pyramide mesure l’écart de richesse entre les plus pauvres et les plus riches, elle définit donc également les inégalités. Sachant qu’une pyramide s’élèvera d’autant plus que sa base sera large, il convient d’admettre que plus la base sera large, plus la possibilité d’inégalités gigantesque sera rendu possible. En d’autres termes, les riches le devienne d’autant plus que la masse d’exploités est grande. Derrière ce simple fait il n’y a pas de manipulation d’aucune sorte, et les politiques natalistes n’ont rien à voir avec une volonté d’accroitre la richesse de certains. Toutefois, la prise de conscience de cette loi donne matière à repenser le monde.

Repenser la question démographique

Afin de résoudre les crises liées à l’accroissement de la population, et donc des crises d’accession aux ressources, l’humanité dispose de quatre « options »:

1 – La régulation malthusienne. De manière mécanique, dans un monde où les relations sociales sont stables, lorsque la démographie dépasse la production alimentaire, il arrive à terme une série de phénomène qui ramèneront la population dans des effectifs soutenables. Guerres, famines, génocides, épidémies en sont les principaux. Cf, la peste noire du XIV siècle décrit dans mon article précédent.

2 – Les avancées technologiques. En améliorant la productivité, la technique a régulièrement repoussé la capacité de charge d’une société donnée. Pour avoir plus de détail on se référera à l’article précédent qui montre le succès du développement de la charrue dans l’Europe pré-renaissance.

3 – Les migrations. Dans un espace donné, un territoire sous forte pression démographique sur les ressources pousse, si des terres plus favorables sont disponibles, à la migration d’une partie importante de sa population. Les exemples abondent dans ce sens, et l’actualité, qu’elle soit sur le long du Rio Grande ou sur les iles des Canaris nous en montre chaque jour l’importance.

4 – Les révolutions sociales. Celles-ci, en remettant souvent en cause les principes de l’organisation des moyens de production et la répartition des ressources permettent parfois de repousser la capacité de charge d’une population. La france révolutionnaire du XVIII siècle, en promouvant une réforme agraire a libéré en partie les forces productrices et ainsi permis une croissance démographique soutenue.

Au niveau mondial, il ne peut exister de migration, puisqu’en attente d’une planète à conquérir, nous n’en avons qu’une seule. Les avancées technologiques productives ont permis au XX siècle un accroissement rapide de la population en évitant une régulation malthusienne massive. Il est possible, par la promotion toujours plus grande du système technicien, de satisfaire notre population grandissante. cela se fera à grand frais puisqu’elle impliquera une intensification encore plus grande sur les ressouces et les moyens de productions (dont les humains font partis). Nous payerons notre désir de ne pas être seul en partageant une terre perpétuellement exploitée à son maximum. La révolution sociale est également un moyen de résoudre les problèmes de surpopulation. Les inégalités sont à ce titre éclairante puisque 20% des hommes consomment 80% des ressources à un rythme jugé légèrement insoutenable (loin des prévisions catastrophiques, nous sommes légèrement au dessus du seuil de soutenabilité, en tenant sur les réserves non renouvelables (produits miniers notamment))

humanitysecologicalfootprint

Évolution de l’empreinte écologique exprimé en planète consommée – M.Wackernagel

Le nivellement des modes de vies, par la réduction des inégalités entre les plus riches (qui sont le moteur des désirs des plus pauvres – Voir Veblen Théorie de la classe de loisir) et les plus pauvres, pourraient faire diminuer la pression sur les ressources et repousser la limite systémique (ou capacité de charge) de la population. Un tel changement d’organisation politique, souhaitable en théorie au nom de la justice, ne semble pas directement possible à l’échelle mondiale aujourd’hui. De plus, si la fin est désirable , il n’est pas sur que les moyens mis en place pour y aboutir soient couronnés de succès.

Une brève histoire de l’avenir

L’avenir qui nous attend, si la technologie ne nous sauve pas comme elle a pu parfois le faire par le passé, est celui ni plus ni moins, de phénomènes malthusiens couplés de tentatives révolutionnaires (espérons fructueuses…). Ces phénomènes ramèneront la population dans la juste proportion de la soutenabilité. Aujourd’hui, cette insoutenabilité générale est presque invisible dans les pays riches du fait qu’elle est compensée par une aggravation des conditions des plus pauvres au Nord et au Sud. (déforestation, paupérisation, ruine des sols…). C’est bien l’organisation de la pyramide mondiale des riches et des pauvres et l’existence relative des uns par rapport aux autres qui conditionne la viabilité du tout. A trop demander de la base, les phénomènes malthusiens pourraient bien faire de cette haute pyramide, véritable tour de Babel monstrueuse, un géant aux pieds d’argiles. Pour ceux que l’organisation du monde révolte, les termes de l’alternative ne sont pas nombreux.

Les termes de la problématiques sont donc simples. Sans révolte, l’organisation mondiale continuera à maintenir une large fraction de la population dans la plus grande précarité, puisque c’est la condition même de son fonctionnement. J’espère simplement pour vous que vous saurez rester du bon coté, à savoir celui des puissants. Ceux-ci continueront à promouvoir la technique comme salut, d’autant plus que la possession de ces nouveaux moyens de production entretiennent une possibilité de domination toujours plus grande. Ainsi semble aller le monde aujourd’hui, espérons que j’ai tord.

8 Commentaires

Classé dans Démographie, Politique

8 réponses à “Retour sur la question de la démographie

  1. « les termes de l’alternative ne sont pas nombreux »

    Intéressante cette formulation…

    …j’espère également

  2. karmai

    Je suis curieux du pourquoi tu trouves cette formulation intéressante. Je crois que cet euphémisme sur les faibles possibilités qui s’offrent a ceux qui veulent promouvoir des alternatives est malheureusement bien réel.

  3. Je la trouve intéressante, parce que justement c’est un euphémisme qui en dit long 😉

    C’est un petit détail, mais pour ceux qui veulent _promouvoir_ des alternatives, il y a pas mal de possibilités, mais pour ceux qui veulent les _vivre_ c’est nettement moins évident.

  4. Pézeril

    avec les surplus actuelles nous pourrions nourrir 12 milliards d’êtres humains,en plus d’une stagnation technologique orchestrée depuis 200 ans pour maintenir les dépendances et perpétuer nos vies serviles qui élèvent quelques puissants lobbies qui contrôles les nations.
    l’argent dépensé dans le monde d’une seul journée par les armés suffirait à nourrir toute la population pendant 10 ans…de tel chiffres adhérant n’en finissent pas..comparons le nombre de calories à détruire pour créer des calorie de nourriture en conventionnel…1calorie de nourriture pour en moyenne 7 calorie détruites…sans parler de la destruction des sols…de la faune etc…il faut forcément user d’endoctrinnement,et de manipulation physique et psychique pour arriver à une tel réalité. inculture,contreculture,fluor,HAARP,etc…tout le monde participe inconsciamment en déféquant dans l’eau,payant nos impots,achetant de la nourriture,des médicament,nous payons pour les déplacements pour l’énergie etc..une seul solution pour contrer cette danse macabre:les mouvement primitiviste,autonomiste,areligieux,apolitique…la démosophie,la permaculture,les systèmes sur-unitaires d’énergies etc…les alternatives existent,mais peu prendrons la peine de les chercher,happé par la bienpensance planifiée,la survie individuelle,on nous occupe,nous distrait,on nous fait croire qu’on nous instruit,que notre travaille est salvateur,mais la réalité est tout autre pour tout autodidactes…
    seul une toute petite minorité cherchera à prendre en mains son destin,cherchant son émancipation individuelle à but collectif.
    La réalité est terrifiante,aussi terrifiante que les mensonges que l’ont nous fait croire à la télé (virus responsable du sida,dettes,surpopulation etc…)

  5. Mais je pense que Malthus et son élimination du plus grand nombre revient bien à la mode. Voir Yves Cochet et son idée de pénaliser les « ventres » prolifiques ( pas plus d’un enfant !) et http://www.demographie-responsable.org, institution latine de l’anglo-saxonne géré par Mr Attenborough qui se gène pas pour dire que le « vrai cancer « de la Terre Mère (Gaia de Lovelock ) ce sont les « êtres humains ». Mais pratiquement tous les grands de ce monde s’associent pour aller en Afrique, Amérique Latine, Asie, pour « vacciner, aider au planning familial, Planned Parenthood , Fondation Bill et Belinda Gates milliardaire philantrope accusés de la mort de + de 40 enfants à cause des effets indésirables du vaccin ! 1967 le Club de Rome en son temps qui demandait avec Paul Ehrlich et Maurice Strong à pouvoir utiliser des vaccins, des produits élaborés, pour stériliser une bonne partie des pauvres. Car bien entendu les riches eux « ont les moyens de se reproduire ». Donc au lieu d’une juste redistribution des richesses on préfère stériliser les pauvres, qui seraient pauvres car ils font trop d’enfants. Fugimori ancien président du Pérou est impliqué dans la stérilisation de masse de 400 000 indiennes de la tribu Quéchua , avec l’aide de l’ONU, de l’USAID qui eux n’ont pas été inquiété ! Israel a aussi aidé à l’aide du fameux Depa-Provéra à diminuer de façon drastiques les familles Falashas, juives mais « noires » car venues du Yemen. Ils sont d’ailleurs au plus bas de l’échelle sociale dans ce pays. Sous le fallacieux prétexte d’aider les pauvres et familles à se sortir de la misère on se permet des choses incroyables dans les pays dits du tiers-monde. Pfizer, Baxter, ont aussi été accusés d’avoir tués ou handicapés des centaines d’enfants, car les essais « in vivo » se font là-bas, étant moins cher, et les autorités lâches. Obama a aussi près de lui un pro-malthusien bien connu, ami de Paul Ehrlich, John Holdren, qui lui aussi préconise des actions mêmes par la force, pour réduire les familles et la population. Si vous ne l’avez pas encore lu le dénommé Manso de démographie-responsable fait la pub pour Malthus « au nom du bien des familles au consentement pas toujours éclairés comme le voudrait la loi…Mais la Lois en ce moment les grands de ce monde s’assoie dessus facilement. Voilà pas très jolis tout celà milles excuses. Mais il faut le dire. Bien à vous !

  6. Pingback: Jardin d’Eden | Jardinons la planète

  7. Pingback: Le sentiment de la mesure : Hybrisme et Panmetronisme | Jardinons la planète

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s