Puquios, lignes et génie Nazca

De précédents articles ont été l’occasion de parcourir quelques pratiques agricoles précolombiennes. La terra preta d’Amazonie, mais aussi les Waru-waru de Bolivie, ou encore les Chinampas du Mexique. Ces pratiques ingénieuses ont été mises en place pour subvenir aux besoins d’une large population. Rappelons qu’au XV siècle, Tenochtitlan, la capitale des Aztèques construite sur canaux comme Amsterdam, est la citée la plus peuplée du monde avec un quart de million d’habitants. Ces techniques agricoles sont donc a priori soutenables tant au niveau de la quantité de nourriture produite que de l’entretien de la fertilité. Elles sont donc, pour notre planète qui sera peuplée d’un nombre inédit d’humains, des sources d’inspirations à ne pas négliger. Domaine peu encore exploré sur ce site, les pratiques sociales et agricoles des civilisations du Pérou -dont les célèbres Incas- sont des réponses fascinantes qui ont permis de soutenir l’épanouissement de grandioses civilisations. Notre première étape se posera sur les Nazca de la côte désertique, je chercherais à montrer comment cette exceptionnelle civilisation a développé une compréhension fine de son environnement, jusqu’à mettre en place des solutions « pharaoniques » pour faire prospérer sa culture. Des ouvrages hydrauliques titanesques puisant l’eau au cœur des montagnes jusqu’aux lignes Nazca et leurs fonctionnalités diverses. Et si ces étranges dessins visibles du ciel n’étaient qu’un livre grandeur paysage qui nous raconterait les aléas de l’eau et du temps.

Les Nazca, entre océan Pacifique et la cordillère Andes

Le Pérou s’est bâti entres quatre grands ensembles parallèles, orientés Nord-Sud. L’océan pacifique, d’où le regard ne rencontre rien avant l’Asie, un désert côtier, puis les Andes et en contrebas vers l’ouest du continent Sud-Américain, l’Amazonie luxuriante et infinie. Situé sur la côte désertique, Nazca est à la fois le nom d’une ville actuelle et celle d’un peuple et d’une civilisation qui s’épanouit entre le III siècle avant JC et le IV siècle après JC.

carte-perouCarte du Pérou – Principales villes et géographie physique

Dans cette zone sableuse battue par les vents, les populations vivaient des produits de la mer et de vallées irriguées par les eaux descendant depuis les Andes à l’ouest. On ne connaît pas de villes du peuple Nazca, mais il a été découvert par contre un gigantesque centre religieux encore peu exploré, la cité de Cahuachi. L’archéologue Italien Giuseppe Orefici mène des recherches sur l’ancienne capitale des Nazca, un travail de fourmi pour comprendre ce peuple mystérieux né en plein désert, connu presque exclusivement pour ses énigmatiques lignes géantes tracées dans la pampa, les géoglyphes de Nazca, visibles uniquement du ciel, que je décrirais plus en détail plus loin dans l’article.

L’énigme des Nazca – Thierry Ragobert et Michel Abescat – 1999

(2eme partie, 3eme partie)

Les Nazca étaient un peuple probablement très religieux, et qui, si l’on en croit certains chercheurs, passaient leur vie à préparer leur mort. Le pouvoir sacerdotal était fondamental, ce qui est en général assez caractéristique des civilisations précolombiennes. En effet, les climats et les environnements durs auxquels ils devaient faire face (déserts, hautes montagnes, jungles épaisses) imposaient une organisation minutieuse de la production et des rapports humains, sans laquelle il n’y avait pas de reproduction sociale globale possible. Sans un pouvoir pour assurer une cosmogonie fonctionnelle, la civilisation se serait probablement effondrée. C’est pour cela que ces sociétés sont souvent notablement conservatrices, et l’individu soumis corps et âmes à une élite qui semble toute puissante et qui règle la vie communautaire dans ses principaux événements : semailles, irrigation, fêtes, sacrifices, travail collectif…

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Tête rituelle et/ou trophée Nazca – Musée de Lima – Photo personnelle

Comme dans beaucoup de civilisations hydrauliques, c’est à dire dépendantes de l’irrigation à grande échelle pour subvenir aux besoins de sa population, deux connaissances sont essentielles et assurent ainsi le pouvoir: le temps et l’eau. Le temps tout d’abord, parce qu’une organisation minutieuse des travaux agricoles et des fêtes qui y sont liées, assurent une production satisfaisante pour toute la société. De plus, dans un monde où, il ne faut pas l’oublier, la démocratisation du temps tel que nous la connaissons aujourd’hui était encore bien lointaine, le savoir des cycles astrales garanti à ceux qui le possèdent la démonstration d’un pouvoir divin. Double efficacité donc, celle de la réaffirmation cyclique du pouvoir qui garantit ainsi une population docile, et celle de pouvoir offrir des conditions matérielles d’existence satisfaisante et à la mesure du statut social offert par chaque classe. L’eau ensuite, parce qu’il est l’élément rare dans cette région et nécessaire pour étendre les terres agricoles, étancher les divers besoins de la population et ainsi garantir la bonne santé de la société. L’eau c’est la vie semble une rengaine un peu vieillotte à nous qui pouvons faire couler à la demande de l’eau à volonté, mais elle n’en reste pas moins essentielle et un instrument de pouvoir gigantesque. Pour remettre au gout du jour, nous pourrions dire que chez les Nazca, l’eau c’est le pouvoir.

Les Puquios, l’eau au cœur des montagnes

Désertique certes, le site d’établissement Nazca n’en est pas dénué de certains avantages pour autant. Comme on peut le voir dans la carte suivante, la zone d’extension Nazca se situe sur la course de nombreuses rivières qui confluent vers le Rio Grande, formant ainsi un vaste réseau pour l’irrigation.

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Foyer et zone d’influence Nazca – The Nasca de Helaine Silverman et Donald A. Proulx

De ces rivières, ils détournaient une partie de l’eau dans des canaux pour ensuite irriguer des terres fertiles chargées d’éléments riches déposés par les vents et les rivières. L’eau détournée en amont suit alors la pente la plus douce pour s’écarter au plus loin de la source. Puis, par gravité, des canaux secondaires et tertiaires sont construits et creusés pour amener l’eau directement dans chaque parcelle. Rien de bien original au début. De nombreuses plantes étaient cultivées par les Nazca. On y retrouve différentes variétés de maïs bien sur, mais aussi des courgettes, des patates douces et du canna edulis, une racine peu connue en Europe, qui se mange comme une pomme de terre. Le coton domestiqué au Pérou, gossypium peruvianum, et qui donne des balles de fils naturellement colorés était aussi probablement cultivé sur place. Enfin la coca et les gourdes, en tant que cultures non alimentaires étaient aussi largement cultivés où accessibles par échange.

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Plantes domestiquées Nazca – Musée de Lima

Les terres Nazca sont situées dans un contexte géographique et géologique particulier. Comme on peut le voir dans la carte précédente, et contrairement à de nombreuses autres civilisations de la côte du Pérou (Chimu, Moche, Paracas, Lima…), les principales rivières qui peuvent servir à l’irrigation sont situées au delà du front de mer. Le Rio Grande l’ultime étape avant le Pacifique et où confluent toutes les autres rivières est dans une zone très aride où il ne pleut jamais et soumis en plus à la pression de dunes de sables. L’irrigation ne peut donc se faire à cet endroit qu’aux alentours immédiats du fleuve et sur des étendues assez faibles tant le débit final de l’eau est faible par évaporation et infiltration. L’essentiel de l’agriculture se fait donc plus à l’est, plus en Altitude entre 400 et 2000 mètres d’altitudes.

A ces hauteurs, le problème de l’aridité est certes plus faible mais constitue tout de même une contrainte majeur dans le quotidien des Nazca. Irriguer ses champs, avoir un puits ou une source pour l’eau de boisson et les autres usages domestiques devaient être des activités demandant beaucoup de temps, comme on peut le voir aujourd’hui dans le Sahel par exemple. Au dessus de 800 mètres, ont commencés à se développer des systèmes irrigués, là où le flux d’eau est presque constant toute l’année. En dessous de cette altitude, durant la saison sèche entre Mai et Janvier, l’assèchement des rivières est un sérieux frein à l’établissement pérenne des populations, malgré des pampas où la terre présente des potentialités agricoles attractives, le manque d’eau est le facteur limitant absolu qui en limite la colonisation.

Date difficile à élaborer aujourd’hui, le développement démographique des populations Nazca a probablement provoqué une pression de plus en plus forte à la colonisation de ces terres. L’état central Nazca, déjà bien développé afin d’entretenir la cosmogonie de cette civilisation tout en organisant efficacement de grands domaines irrigués, a commencé progressivement à proposer des solutions pour étendre les terres à ces altitudes plus basses où l’eau fait défaut, et ainsi répondre à la croissance démographique de sa population. On sait aujourd’hui que les élites Nazca avaient une connaissance très précise de la géologie, de la sismologie et de l’hydrologie de la zone. Qu’elle ait été acquise à cette occasion pour répondre aux besoins de la population, où qu’elle était déjà postérieure et a été facilement mobilisée au moment voulu, n’a pas plus d’importance que de savoir qui de l’œuf ou de la poule est apparu en premier. Quoi qu’il en soit, l’élite Nazca a analysé cette partie de son territoire, et pour résoudre le problème d’eau a décidé de creuser à l’horizontal depuis une altitude plus basse afin d’atteindre les nappes phréatiques où de grands quantité d’eau s’infiltrent naturellement, et ceci du à la nature très poreuses de certaines couches géologiques de la région. Ces tunnels sont appelés Puquios et s’enfoncent souvent très profondément dans les entrailles de la terre afin d’en ramener l’eau nécessaire à l’agriculture.

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Coupe transversale schématique d’un Puquios

La photo suivante montre le point de sortie d’un tel aqueduc souterrain, il s’agit donc de l’endroit situé le plus à droite sur le schéma ci-dessus.

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Sortie du Puquios de Cantayo – (Photo: http://www.nazcamystery.com)

Enfin, comme on peut le voir sur le schéma, des puits sont régulièrement creusés le long de l’aqueduc souterrain ou Puquios. Ces puits où ojas, servent à la fois pour entretenir le canal souterrain et de source d’eau pour les populations adjacentes. Leur forme très esthétique en font un point de passage apprécié des touristes de la région.

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Oja à Cantayo – (Photo: http://www.nazcamystery.com)

Génie des Nazca, la majorité de ces puquios sont encore en fonctionnement aujourd’hui. Katharina Schreiber qui en recense un peu plus de quarante note que 36 sont encore utilisés aujourd’hui par les agriculteurs de la zone alors qu’ils ont été construit il y a plus de mille ans. Il est important de préciser que tout n’est pas encore totalement maîtrisé sur cette technique Nazca. En effet, il semble que ces aqueducs forment non pas des unités séparées, mais constituent bien un réseau complexe, où les jeux de failles, fréquentes dans cette région sismique, provoquent des passages d’eau souterrains qui resurgissent en surface parfois des centaines de mètres plus loin. Notre ignorance partielle sur ces puquios montrent l’extrême ingéniosité et connaissance de ces Nazca qui ont su domestiquer une région parmi les plus arides du monde pour un faire un véritable jardin cultivé.

Les lignes mystiques menant à l’eau

Nazca est surtout connu pour ses géoglyphes, formes gigantesque tracées dans la pampa désertique. Plusieurs phases sont discernables par comparaison avec les thèmes des poteries Nazca. On peut surtout en dégager deux. La plus ancienne, est celle des animaux et des formes tracées. Singe, colibri, condor, arbre, araignée semblent correspondre assez justement avec les thèmes religieux de cette époque. Il est donc probable que ces dessins avaient pour fonction la célébration dans une forme ou dans une autre de cette partie importante de la société Nazca. Beaucoup font référence à l’astrologie, où ces dessins ne serait rien d’autres que des constellations, d’autres montrent que ces dessins, tracés en une seule ligne continue pourrait servir à des rites où une procession donnerait vie à cet animal sacré en s’y déplaçant. Ces explications me semblent toutes possibles et ne s’excluent nullement mutuellement entre elles. L’hypothèse que ces animaux soient aussi disposés selon le calendrier astrologique est également une hypothèse séduisante qui n’a rien de farfelue si l’on considère l’orientation du condor dans les axes des équinoxes d’été et d’hiver par exemple.

condor-nazca

De telles réalisations, construites en fonction de l’équinoxe et du solstice, n’ont rien d’exceptionnelles, on les retrouve dans les ouvrages Mayas comme l’ombre-serpent du chichen Itza, le Stonhedge où encore les calendriers solaires Inca d’Ollantaytambo et du Machu Pichu et montrent l’universalité du pouvoir que pouvait obtenir une classe dans cette connaissance de repères temporels.

La phase la plus récente de ces lignes présente des formes bien différentes. On observe en effet une abstraction de l’esthétisme des géoglyphes. Des formes géométriques ont succédé aux dessins d’inspiration animale et végétale. Grands traits rectilignes parcourant la pampa, se croisant, se réunissant parfois en étoile, traversant de grandes flèches ou des trapèzes. Beaucoup d’explications rationnelles ont été trouvées et encore une fois elles ne sont nullement exclusives les unes des autres. De la même façon qu’un outil peut avoir plusieurs fonctions, de tels ouvrages pouvaient rendre plusieurs services à la société. Certains ont penser que ces figures avaient un lien directe avec l’activité très importante du tissage, d’autres que ces lignes seraient simplement des routes menant à des lieux importants pour les Nazcas, ce qui semble plutôt confirmé par la présence au bout de certains chemins des géoglyphes de la première période, ou de cimetières sacrés, etc. Les grands trapèzes ont pu aussi avoir une autre utilité, peut-être la première, mais rien ne peut nous le confirmer. Le chercheur David Johnson s’est penché sur la question de ses trapèzes et des puquios. Il a noté une corrélation entre ses formes et la direction des flux d’eau souterrains.

geoglyphes-trapezoidaux

Géoglyphes trapézoïdaux à Nazca – Photo personnelle

En effet, ces formes géométriques auraient pu représenter les direction des flux souterrains. Une explication élégante de ces formes affirme que la longueur de la base de chaque trapèze représente le flux d’eau maximal annuel et l’autre le flux minimal. Il est ainsi assez logique que certains soient en forme de trapèze et d’autres en forme de flèche (assèchement pendant la saison sèche). Ces formes auraient donc été également tracées afin de garder une mémoire hydrologique de la zone. On a pu voir précédemment toute l’importance d’une telle connaissance des Nazca sur le comportement hydrologique de la région, nécessaire à la fois pour la survie des populations mais également en tant que connaissance assurant le pouvoir de l’élite dirigeante. Confirmant cette hypothèse, des travaux de localisation ont été entrepris pour mettre en corrélation ces signes avec la topographie de la région. La disposition de ces formes en surplomb immédiat d’une vallée à irriguer est un argument supplémentaire qui confirme le lien entre ces géoglyphes, l’eau et l’agriculture.

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Imagerie photogrammetrique des lignes de Nazca – Karsten Lambers

L’hypothèse d’un lien entre l’eau et ces géoglyphes présente aujourd’hui un consensus suffisamment large pour être noté. Toutefois, l’hypothèse d’un lien direct entre ces lignes et les puquios, proposée par David Johnson, est moins évidente qu’en apparence et les derniers travaux de ce chercheur sur la base de cette hypothèse semblent avoir été infirmé dans une large mesure. Il convient de noter toutefois que le lien a pu exister, mais que, pour une raison déjà citée auparavant, le déplacement de l’eau dans cette région est rendu complexe par le jeu des failles et des couches géologiques poreuses. Les séismes réguliers qui ont lieu dans la région, dus à sa proximité avec une zone de dorsale océanique, a pu avec le temps changer le cours des eaux souterraines et rendre obsolètes certains tracés. Ceci expliquerait que la possible corrélation passée entre puquios et géoglyphes géométriques aient été progressivement et partiellement effacée par la gomme géologique, faite de nombreux séismes et des nouvelles failles qui ne manquent pas de se créer lors de ces événements. L’hypothèse que les lignes de Nazca soit un site pluri-fonctionnel ayant comme objectif la célébration et l’entretien d’une cosmogonie basée sur une maîtrise du temps, de l’artisanat cérémoniel, des sites religieux et de l’eau qui est la source indispensable de toute la vie dans la région est fortement séduisante et évite de tomber dans les dérives de la mono-causalité qui parcours les débats interminables de ceux qui veulent à ce sujet imposer une seule explication.

J’espère qu’à travers cet article, le lecteur aura pu apercevoir la grande richesse archéologique et l’ingéniosité des Nazca et des humains en général afin de comprendre leur environnement et de trouver une cosmogonie qui puisse permettre à une société de s’épanouir et de se développer. Les raisons sont encore floues sur les causes de la disparition des Nazca, mais il ne serait pas étonnant que le délitement de la société très hiérarchisée et le déclin culturel des Nazca soient venus d’un ultime défi de la nature environnant les Nazca, un peu à la manière des Moche qui subirent de plein fouet les soubresauts d’un phénomène d’El Niño de grande ampleur. Beaucoup de mystères subsiste sur cette passionnante société et les fouilles entreprises par Giuseppe Orefici nous en apprendront, j’en suis persuadé, bien plus sur cette société qui trouvait l’eau au cœur des montagnes et qui écrivait ses livres sur la pampa.

4 Commentaires

Classé dans Agriculture, Politique

4 réponses à “Puquios, lignes et génie Nazca

  1. jousseaume

    en général une civilisation met en monument ce qu’elle sacralise et

    dont l’utilisation suit une logique de vénération donc une utilisation

    règlementée. les civilisations mettent rarement en avant ce qu’elles

    n’utilisent pas ( sauf si cela obéït à une logique de tabou de peur et

    d’interdit) ou au contraire ce qui est d’un usage si banal qu’il

    semble évident et donc dénué de divinité

    le visible traduit ce qui est vénéré
    on ne vénère pas l’évidence qui est trop utilitaire
    sinon on vénère ce qui traduit la source de la force
    par association pseudo magique de la magie et du pouvoir.

    le maya vénus = la guerre ( apanage des jeux masculins lié à

    l’exercice du pouvoir.
    il ne faut rien avoir à faire pour survivre pour faire la guerre comme

    un jeu.
    sinon on se bat pour survivre et répondre à un danger.
    la guerre est pour les hommes un entrainement à vaincre la peur du

    danger quand il se présente,
    ( notre civilisation souffre d’un manque de danger réel pour que les

    males s’exercent, du coup ils sont désorientés dans leur mâlitude))

    si les mayas se sont exterminés c’est peut-être qu’un évènement

    externe suscitait une peur déraisonnée dont ne pouvant analyser la

    cause il rejetait l’origine sur l' » autre » et cela a donc pu favoriser

    le fait de s’entretuer
    il serait étonnant que le seul fait d’un délire ambitieux et guerrier

    soit à l’origine de leur problèmes de famine

    peut-être la famine était à l’origine de leur guerre et non l’inverse.
    un virus attaquant les plantes ou les gens et réduisant la capacité de

    travail nécessaire à une agriculture prospère engendrant la peur et

    donc la guerre d’autodestruction par incapacité à en analyser la cause

    et pouvoir y remédier ou temporiser.

    la prospérité génère la paix ( relative)
    le manque génère l’affrontement, n’ayant pas d’explication

    rationnelle on tombe dans la haine irrationnelle.

    les civilisation précolombienne ayant trouvé des solutions de

    prospérité et d’abondance, elles pratiquaient aussi des rituels dont

    la fonction réelle étaient peut-être l’autorégulation primaire ou

    eugéniste de la population, rituels considérés comme barbares par les

    envahisseurs chrétiens qui n’avaient pas moyen d’en comprendre la

    logique.

    au lieu de chercher ce qui se voit
    cherchons ce qui ne se voit pas
    ce qui est absent et par quoi il est remplacé.
    sur le mode de la dualité toute chose à un pendant.
    si l’on peut voir une absence alors elle à un équivalent tout aussi

    absent mais encore plus difficile à percevoir donc à concevoir.

    on nous raconte l’histoire sous le jour tamisé des voiles de notre imaginaire qui obscurcissent la réalité et ne permettent d’appréhender qu’un faible part de la vérité.
    la vision est souvent entachée d’obscurantisme et d’ignorance même à des époques où la science et le savoir paraissent faciles et bien établis.

    on sait que l’ensemble des civilisations précolombiennes n’utilisait pas, non pas »la roue » qu’il connaissait, mais l’essieu.

    le transfert des énergies mécaniques d’un plan vertical à horizontal autrement dit les principes mécaniques de transmission orthogonale sur un biplan, puis tri- puis pluridimensionnelle leur semblait inconnus. ( cette connaissance date d’environ -4000 av JC et s’est complexifiée assez récemment ( antiquité récente/moyen-âge) à travers l’utilisation des moulins à vents et de l’horlogerie jusqu’au vingtième siècle et l’utilisation technique en robotique des transmissions pluridimensionnelles)
    on croit qu’ils connaissait « la roue » parce que dessinant des calendriers circulaires on présuppose qu’il connaissait la « roue »

    s’ils avaient compris la roue, qui est le rapport entre le centre et la périphérie, ils auraient du accéder au même développement technique que le reste de la civilisation humaine.
    ce n’est pas le cas

    il existe d’autres civilisations qui ne connaissaient pas la roue et qui compte tenu de leur faible population n’ont pas développé une civilisation au sens où on l’entend aujourd’hui (degré de complexité des relations socioéconomiques) et ont concentré leur énergie sur le développement de l’homme et non de l’économie.

    si les civilisations précolombiennes n’ont pas développé leur modèle autour de la roue c’est peut-être qu’ils avaient trouvé un autre axe de développement
    certainement une connaissance qui permettait de développer l’agriculture et d’augmenter le rendement du travail de la terre et du monde vivant.

    on s’interroge encore sur les moyens utilisés par les celtes ou les égyptiens pour ériger des monuments de pierres nécessitant pour l’époque l’utilisation de forces qui semblent aujourd’hui extraordinaire par rapport aux moyens dont nous disposons actuellement.

    en général les moyens dont on dispose forme une sorte de périférie à l’imaginaire, limitant les projets aux limites de ce que l’on croit possible.
    à force d’astuce et de réflexion on cherche quelles furent les solutions techniques utilisées pour ces projets, mais on le fait avec nos moyens de reflexion actuels et non ceux de ces époques et rien ne dit qu’une solution redécouverte aujourd’hui soit celle réellement utilisée à l’époque.

    il est probable que les hommes de l’antiquité ou de la préhistoire n’avaient pas les mêmes capacités sensorielles ni la même tonicité musculaire que l’homme de notre époque. ( recettes de cuisine ancienne, poids des armures) et même aujourd’hui on peut s’étonner des performance physique des populations indigènes des forêts tropicales ou des nomades des steppes.
    notre style de vie entre l’alimentation appauvrie en nutriments et l’assistance permanente de la technologie à nos besoins vitaux, opère de façon insensible une régression de nos capacités vitales qui se diffuse à notre environnement.

    si les civilisations précolombienne n’utilisait pas la roue c’est qu’elles avaient sans doute trouvé un ou d’autres axes de développement qu’ils n’ont pas divinifié parce que cela étant tellement évident à leurs yeux il n’y avait pas matière à le formuler seulement à l’utiliser.
    il y en a un sur lequel très peu de chercheurs se sont penchés
    les nazca et les incas avaient une grande connaissance des remous de l’eau, du tourbillon, des spirales par extension des phénomènes cycliques dont la capacité de faire des calculs astronomiques complexes. ils avaient sans doute une connaissance intuitive du fonctionnement des vortex comme en témoigne plusieurs installations encore utilisables.

    sauf que notre connaissance étant en ce domaine inférieure à la leur nous avons du mal à « voir » parce que nous lisons leurs vestiges avec le regard d’une civilisation ayant fait de l’usage mécanique de l’essieu, l’axe de structuration de sa pensée.

    il existe un robinet fonctionnant au doigt dans un site archéologique du pérou qui montre qu’ils savaient tailler les pierres dans le but d’utiliser le remou de l’eau conjugué à la force de tension de surface. on pose le doigt, l’eau coule. on repose le doigt, l’eau s’arrête de couler.
    la disposition d’un puits en spirale poursuit peut-être une autre fonction que celle de pouvoir remonter l’eau par un chemin progressif quand on ne connait pas l’usage de la poulie.
    surtout dans une civilisation dont on connait l’attrait pour l’idée de cheminement rituel

  2. nicole

    Bonjour.
    On est en août 2010, mais je viens de lire votre texte. Le dessin des puquios me fait penser à celui de « foggara », bsystème d’irrigation au Touat (Algérie), présenté dans « l’Algérianiste » n+130, juin 2010, p. 65.
    Même galerie horizontale, etc..
    L’article parle des « qanat » de Mésopotamie, mentinnés par Hérodote.
    Cordialement
    Nicole

    • karmai

      Le système d’irrigation des puquios n’est en effet pas strivtement original à la région de Nazca, on le retrouve également en Iran et surement ailleurs. Les civilisations des déserts, étant maître dans l’art de l’irrigation, ont donc souvent developpés les mêmes techniques en effet. Je ne connaissais pas Touat.

      Bien cordialement

      Karmai

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