Le LEGO, l’avenir de l’architecture écologique?

Des lunettes rondes et un visage un peu sec. Sous son aspect austère, Le Corbusier cachait un gigantesque élan vital, si phénoménal qu’il a presque à lui seul fondé sur des idées simples mais puissantes toute la modernité en architecture. Au détour du XXI siècle, la crise écologique – réchauffement climatique, épuisement des ressources et de la biodiversité, etc – qui est dans le fond une crise de la modernité repose la question du comment bâtir et habiter dans ce nouveau monde qui nous attend? Loin de constituer un débat d’esthétique architecturale, le bien vivre ensemble dans les logements et dans les villes nécessite une injection massive de démocratie ainsi qu’une libération du potentiel créatif de chacun, en donnant à tous le pouvoir de parler, de décider et de créer.

L’élan magnifique de la modernité

Au début du XXe siècle, un poignée de créateurs et de jeunes architectes font plusieurs ruptures radicales. En 1910, Kandinsky réalise sa première toile abstraite. En 1919, est fondé le Bahaus en Allemagne. Tout ces artistes se retrouvent autour d’une rupture avec le passé et la tradition, et chantent la toute puissance d’un esprit moderne triomphant. Faisant fi des dogmes, des conventions, des écoles et des styles, ils simplifient ce que l’histoire avait chargé d’ornementations inutiles et couteuses. En 1923, Le Corbusier publie Vers une architecture, où il fonde l’architecture moderne toujours dominante de nos jours. Digne héritier de la modernité à la française, Le Corbusier embrasse le projet dans son essence et il ne changerait pas une ligne à cet acte fondateur fait quelques siècles plus tôt par René Descartes, le père de la modernité:

« …connaissant la force et les actions du  feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n’est pas seulement à désirer pour l’invention d’une infinité d’artifices, qui feraient qu’on jouirait, sans aucune peine, des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s’y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie »

René Descartes – Discours de la méthode – 1637

Le Corbusier applique cette recette à un domaine qui en avait été jusque là écarté : l’habitat. Fils de la raison, il fait du mathématicien et de l’ingénieur, les deux figures clefs d’une approche non dogmatique de l’architecture. Fini les ornementations et les spéculations métaphysiques sur les constructions humaines. La géométrie, le plan, l’espace, la lumière et les matériaux optimisés comme le béton armé sont l’alphabet d’un nouveau langage architectural.

« L’ingénieur, inspiré par la loi d’Économie et conduit par le calcul, nous met en accord avec les lois de l’univers. Il atteint l’harmonie. »

« Une maison est une machine à habiter »

Le Corbusier – Vers une architecture – 1923

En considérant une maison de la même façon qu’une voiture ou un avion, Le Corbusier rend possible l’industrialisation et la standardisation de l’habitat par la rationalisation des coûts, des matériaux et des formes. Des logis bien planifiés ne peuvent que faire fonctionner une ville de manière optimale et amener la prospérité. De fait, l’optimisation du logement a effectivement rendu possible la création de « machines à habiter » disposant d’un confort nouveau à des couts faibles. C’est l’époque où, dans l’Europe de l’Ouest notamment, on voit progressivement disparaitre les bidonvilles et où on installe les familles de migrants dans des tours, pour l’époque, un progrès notable.

Le succès de cette approche est totale et ne s’est pas tarie jusqu’à nos jours où l’on connait sous le nom de « style international » la diffusion de ce langage créé par cet architecte Suisse. Un paradoxe comique lorsque l’on sait que Le Corbusier disait:

« L’architecture n’a rien à voir avec les « styles ». Les styles sont à l’architecture ce qu’est une plume sur la tête d’une femme; c’est parfois joli, mais pas toujours et rien de plus. »

Au cœur de ce modèle, une vision utilitariste, fonctionnelle, épurée et une anthropologie qui met certes au centre l’Homme, mais pose un homme standardisé:

« Tous les hommes ont même organisme , mêmes fonctions. Tous les hommes ont même besoins »

Pierre angulaire de sa vision et fidèle à son approche il crée en 1943 le concept de Modulor, le standard humain pour étalonner tous ses plans et ses espaces architecturaux. C’est cette universalité de conception de l’homme qui a permis l’immense diffusion du style international. De fait aujourd’hui, on retrouve ces conceptions de Santiago à Pékin, et de Sydney à Bamako.

Modulor

Cependant, le succès de cette conception ne s’est pas fait sans mal. En standardisant l’homme et son habitat, Le Corbusier et ses émules ont certes généralisé l’accès à un logement salubre mais ils ont aussi malgré eux acculturé ceux qui y vivent et lissé les individualités. Cette prospérité matérielle liée à une optimisation généralisée de la vie des hommes fut pendant longtemps un contrat acceptable tant que le progrès et l’emploi rendaient vivables ces espaces épurés et un peu arides.

Projet de Ludwig Hilberseimer – 1928 – Friedrichstadt

Le chômage de masse des années 70-80, et la crise financière et écologique du XXI siècle posent très sérieusement la question de la viabilité d’un tel modèle. Le sacrifice culturel et esthétique réalisé au nom du confort ne peut plus tenir. La course à la construction se confronte désormais aux conditions économiques et écologiques. Comme le rappel Dennis Meadows, père du fameux rapport du club de Rome, dans cette vidéo très intéressante tournée pendant le forum de Davos en 2009 :

« Il y avait une époque où dans les pays riches occidentaux il était très utile d’avoir une croissance physique: augmentation du capital, croissance de l’énergie consommée, croissance de la consommation en matériaux, construire de plus en plus de bâtiments et ainsi de suite. Nous sommes bien au delà de cette époque aujourd’hui, et nous avons besoin d’un système qui encourage le développement sans croissance physique. Malheureusement, nous avons pris l’habitude de faire les choses en créant de la croissance physique et en essayant de conserver ces habitudes »

En théorie, l’habitat moderne, par sa recherche permanente d’optimisations, faites d’économie des matériaux et des formes, tend vers un habitat écologique. La progression des labels HQE (Haute Qualité Environnementale) et BBC (Bâtiment Basse Consommation) ainsi que d’autres normes tendrait à démontrer ce point. Malheureusement, c’est sans compter cette « croissance » dont parle Dennis Meadows. En effet, l’habitat reste très polluant pour plusieurs raisons. Tout d’abord, en raison de nombreux facteurs complexes, le nombre de logements croit plus vite que la population. Ainsi, il faut déjà depuis des dizaines d’années construire de plus en plus de résidences par habitant. Encore plus, comme ces logements sont situés de plus en plus loin des lieux de vie (travail, consommation, loisirs) les déplacements sont donc de plus en plus nombreux, aggravant la facture collective au niveau énergétique et écologique. En outre, l’écrasante majorité du bâti est âgé et devrait être rénové et mis aux normes. Le coût élevé d’une telle remise à niveau fait que cette nécessité est souvent remise à demain voir à après-demain par les propriétaires. Enfin, et il s’agit là probablement du pire, la course à la croissance, catalysée par la spéculation financière, diffuse à l’échelle planétaire un véritable cancer de béton, ce matériau si cher à Le Corbusier, provoquant à intervalles réguliers l’éclatement de bulles immobilières:

Let’s make money – Erwin Wagenhofer

Et si on repeignait en vert tout simplement?

Si le style international règne, il ne le fait pas sans partage. De nombreuses tentatives alternatives ont existé et continuent d’exister. Des architectes fort différents comme Frank Gehry et Friedrich Hundertwasser sont souvent référencés comme « post-moderne », du fait de leur rupture avec le paradigme de la modernité décrit ci-dessus. Rupture avec la géométrie linéaire, planification anarchique, récupération de matériaux forment quelques lettres d’un nouvel alphabet.

Si ces créations ont le mérite d’exister, il n’en reste pas moins extrêmement marginales et onéreuses. Au final, pour des raisons de profit ou de budget public, la majorité des maîtres d’œuvres actuels font encore toujours appel à l’alphabet de la modernité pour leurs projets immobiliers car celui-ci est encore le plus efficace et le moins couteux. Je pense qu’il suffit simplement d’observer autour de soi pour s’en rendre compte. L’architecte Américain James Wines nous le rappel dans un livre honnête L’architecture verte. Après moult pages de divers projets écologiques, l’auteur pointe cette limite en conclusion:

Plus globalement, on peut dire que, pour l’instant, l’architecture « verte » n’est guère plus qu’un emplâtre là où un traitement chirurgical radical est nécessaire (…) dans le domaine architectural, cela signifierait repenser de fond en comble les valeurs philosophiques et esthétiques sur lesquelles repose la profession et soumettre à un impitoyable examen critique les aspects technologiques, politiques et économiques qui dictent son action.

Il est ainsi plus aisé aujourd’hui d’apparaitre « écologique » que de l’être véritablement. A ce niveau on ne compte plus les effets d’annonces, la peinture verte et les nombreux arbres sur les plans d’architectes. Le greenwashing est un sport qui se porte très bien.

Le règne du bidonville

Poussée par son inarretable logique, le projet moderne, et son corollaire la croissance, nous amène à la vitesse grand V vers une forte régression énergétique. Le déclin du pétrole et le renchérissement généralisé du coût de la vie du fait de la raréfaction de cette ressource clef amplifiera un double phénomène déjà observable:

1 – L’accroissement progressif des inégalités et l’augmentation des pouvoirs autoritaires pour qu’une poignée conserve un mode de vie moderne.

2 – La croissance régulière de l’habitat précaire, et une généralisation alarmante des bidonvilles

En effet, faute « d’un traitement chirurgical radical », le pourrissement de la situation mènera inexorablement vers plus de bidonvilles à l’échelle planétaire. Il ne s’agit pas d’une lubie personnelle mais bien des conclusions d’un rapport très sérieux de l’ONU, Le défi des bidonvilles : rapport mondial sur les établissements humains, qui conclut qu’en 2030 si aucune action concertée n’est réalisée ce sont deux milliards d’êtres humains qui vivront dans des taudis, soit environ une personne sur quatre sur notre bulle bleue. Il est à noter que ce rapport n’intègre même pas la limite énergétique et l’instabilité climatique à venir, des phénomènes aggravants qui accentueront probablement cette évolution.

Caracas – Gratte ciel et bidonvilles

Cet horizon nous donne donc mécaniquement une des principales clefs architecturales de demain. D’un coté des créations architecturales écologiques magnifiques pour les plus riches, avec un discours moderne renouvelé à la sauce verte. Comme illustration, on retiendra comme archétype le projet « hypergreen » porté par l’architecte Français Jacques Ferrier soutenu par la multinationale leader dans le béton et le ciment, le groupe Lafarge. Cette « innovation » comme le présente son créateur est en fait assez banale puisqu’il s’agit dans le fond du même langage que Le Corbusier. Cette tour, répète la même utopie (un peu réchauffée si vous voulez mon avis) qui était déjà portée par Le Corbusier avec la « cité radieuse« , c’est à dire l’idée d’une tour intégrant la contrainte de l’époque (ici l’écologie, dans les années 50 c’était le social) tout en proposant de nombreux services au sein d’un seul et même bâtiment (« jardins, hôtels, bureaux, salles de conférences… »). De l’autre côté, à l’opposé de cette flamboyance, se trouve un monde de la précarité et de l’urgence représenté par l’archétype du bidonville ou de l’habitat temporaire post-catastrophe devenu permanent. A ce titre, le tsunami de 2004 dans l’Océan Indien et le tremblement de terre d’Haïti de 2010 nous montrent crûment l’avenir architectural de ce coté du monde. De nombreux architectes ont en effet à ces occasions proposé fièrement des solutions pour l’habitat précaire, ouvrant malgré eux la voie à une normalisation de ce type d’habitat. Finalement, c’est encore Le Corbusier qui avait montré le chemin en créant pour lui une cabane d’un peu plus de 3 mètres de coté et entièrement aménagée aux normes du Modulor. Quoi de plus moderne qu’une cabane? Dans un monde d’instabilité énergétique et climatique, seul cet habitat dispose d’un solide et durable avenir par son économie d’espace et de ressources!

Cabanon de Le Corbusier à Roquebrune Cap-Martin – 1952

Du bidonville indigné à l’urbanisme démocratique

L’avenir c’est donc la cité poubelle. Fait de bric et de broc, frugal et simple par nature, le bidonville utilise peu d’espace dans un monde surpeuplé. Par nécessité, il est fondamentalement écologique. Petit, il est rapide et peu couteux à chauffer. Groupé il permet de compenser une partie de sa grande précarité par des solidarités. Son règne culminera aux alentours de 2050 lorsque la population mondiale se stabilisera autour de 10 milliards d’individus avec une très grande majorité des habitants dans les villes.

Sebastião Salgado – Le bidonville de Mahin à Mumbai

Aussi terrible que sera « la planète bidonville », pour reprendre le terme du penseur urbain Mike Davis, il faudra bien composer avec. Déjà, des tentatives sont réalisées pour rendre plus vivables ces quartiers. Les succès sont souvent longs à obtenir étant donné la superposition des problèmes, dont certain sont si structurels qu’ils ne sont pas vraiment résolvables. Au delà de la précarité évidente de cet habitat bientot majoritaire, il est aussi porteur d’espoir. A ce titre, les bidonvilles squattent les centres des grandes métropoles européennes qui sont, comme l’affirme la charte d’Aalborg, grandement responsables de la crise environnementale. Des villages de bâches et de récup’ questionnent la fourmilière moderne. Le mouvement espagnol des indignés c’est l’installation en plein coeur de Madrid d’un village précaire  (50% des espagnols de moins de 25 ans sont au chômage) mais créatif et revendicatif.

Camp des indignés – Puerta del Sol – Madrid – Mai 2011

Bidonvilles temporaires et autonomes d’un nouveau genre, ils posent le problème de l’appauvrissement de nos sociétés. Au coeur de cette critique, le manque de démocratie. C’est entre autre la prise de conscience qu’au niveau architectural et urbanistique, seule l’appropriation par chaque citoyen de l’avenir de sa cité peut véritablement éviter la cristallisation inégalitaire de l’habitat « vert »  pour quelques-uns et la cabane pour la plupart. Cette appropriation passe par la création de zones démocratiques, notamment des places fonctionnelles pour cet objectif, afin d’orienter l’urbanisme vers un alphabet démocratique.

Ce qui est demandé par les indignés existe dans un petit village de Calabre en Italie, Spezzano Albanese. Dans ce village perché, c »est une révolution urbanistique qui nous est proposée, celle de la démocratie et de l’environnement contre la figure du promoteur immobilier. Car au fond, c’est tout le langage urbanistique qu’il faut repenser pour y intégrer la nécessité du débat démocratique.

Urbanisme démocratique

Seule cette réappropriation de l’espace peut potentiellement contrecarrer l’urbanisme chaotique et polluant et créer un renouveau de l’organisation des villes en faveur d’un mieux être collectif. Au bout de ce voyage, c’est la prise de conscience que ce n’est pas le style de Le Corbusier le véritable problème, mais bien l’absence d’intégration de l’homme dans toute sa complexité, et dans sa dimension politique qui font défaut à tout ses projets. En pensant l’être humain comme avant tout une chose normalisée avec des cotes et des volumes standardisés, Le Corbusier à insuffler une architecture individualiste et apolitique qui a laissé libre champ à une destruction systématique du lien social et au seul épanouissement des flux de personnes et des marchandises.

Que Le Corbusier n’ait pas intégré la démocratie directe dans ses projets n’est pas un mystère ou un oubli fâcheux. Il avait même une vision bourgeoise de l’habitat et vivait clairement décalé du peuple. Il suffit à ce titre de citer certaines recommandations de son Manuel d’habitation:

« Ne mettez au mur que peu de tableaux et seulement des oeuvres de qualité. (…)

Mettez vos collections dans des tiroirs ou des casiers.

Exigez la chambre des domestiques à l’étage. Ne parquez pas vos domestiques sous les toits »

Le Corbusier – Manuel d’habitation – 1923

Ainsi, contrairement à ce que les architectes post-modernes ont cherché à faire, ce n’est pas en essayant de détruire l’alphabet de la modernité qu’on dépassera les dérives de l’urbanisme. Non, bien au contraire, c’est en dépossédant les architectes de ce langage pour le rendre disponible à tous. James Wines lui-même reconnait cette profonde limite de la caste auquel il appartient:

« Les mécanismes de survie au jour le jour de l’architecture continuent à confronter le designer à la nécessité de gagner sa vie. Cela signifie en général qu’il n’a le choix qu’entre deux possibilités : ou bien se résigner à prendre un poste d’enseignant dans une université, ou bien accepter la première commande qui se présente pour la réalisation d’un centre commercial ennuyeux ou d’une tour de bureaux anonymes. Dans la gamme ordinaire des possibilités offertes par le monde des affaires ou les adjudications publiques, la question esthétique [ou démocratique] n’a guère de place, et encore moins une quelconque sympathie pour les initiatives vertes »

Finalement, l’alphabet de Le Corbusier peut se comprendre comme un jeu de LEGO. Comme les « briques » sont simples et standardisées elles coutent peu chères. Polyvalent à l’extreme, l’agencement est sans limite. Le LEGO met celui qui l’utilise en position de créateur. Cet élan toutefois, si il est en chacun de nous, est réprimé fortement par la société et récupéré par ceux qui s’en font une spécialité. N’hésitez pas à sortir vos vieux LEGO et tentez l’expérience de construire quelque chose, je suis sur que vous vous sentirez asséché en créativité par rapport à ce que vous étiez capable d’imaginer à un plus jeune âge. C’est cette force intérieure oubliée en chacun de nous qu’il faut libérer. C’est la seule voie possible pour ne pas déléguer la ville à des architectes et des urbanistes. N’oublions pas qu’à la fin de sa vie, Le Corbusier le disait lui-même: « C’est l’architecte qui a tord et la vie qui a raison ». Soyons tous architectes!

15 Commentaires

Classé dans Urbanisme

15 réponses à “Le LEGO, l’avenir de l’architecture écologique?

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  2. Clem

    D’autres issues sont possibles pour des écohabitats, peu gourmands énergétiquement, mais requérant huile de coude et solidarité: petites (il va falloir à contrer la mégalomanie des grands espaces) constructions en bottes de paille, en bois cordé, en terre, etc.
    Non?

    • karmai

      Bien sur les habitats en paille, terre etc sont très bien et la plupart des gens qui les font sont très responsables et souvent eux-même un peu architecte. Mais la plupart des gens n’aspirent pas à ces matériaux et au style de vie qui y est souvent associé. Que faire pour ceux qui n’ont pas d’autre choix que de vivre dans des grands collectifs? Doit-on essayer de faire des HLMs en botte de paille? Ou abandonner les grands immeubles pour s’étendre en horizontal au risque d’augmenter l’extension urbaine sur les terres agricoles? Je n’ai pas la solution, mais c’est surement important que ce soit les citoyens d’une ville qui puisse décider d’une telle orientation et pas seulement des architectes professionnels.

  3. Clem

    Je n’ai pas de solution miracle, je voulais simplement signaler l’existence de ces types de construction, qui sont plus accessibles qu’on ne le pense. Mais ce qui me semble clair, c’est que ces l’habitat s’inscrit forcément dans lune restructuration totale de nos modes de vies. Pour illustrer mon propos, voir que certains articles prônent la construction de maisons en bottes de pailles énormes, genre plus de 150m2 pour deux personnes, n’est pas vraiment cohérent. Quelque que soit le type de construction, une diminution de la surface d’habitat semble incontournable – bien sûr, ces lignes ne concernent pas les personnes qui vivent déjà entassées dans des espaces exigus.
    Pour les grandes villes, les idées d’architectes (déjà cité dans ce blog) comme par exemple Hundertwasser sont précieux. Toitures et murs végétalisées, espaces collectifs (dans certaines HLM genevoises, des machines à laver collectives sont mises à disposition des locataires pour un faible coût économique, des étendages sont également prévus), compostage urbain, récupération d’eau de pluie, toilettes sèches même en ville, isolations, productions énergétiques localisées pour chaque bâtiment (photovoltaïque, chauffe-eau solaire, autres… ) etc etc, autant d’avancées environnementales qui seraient techniquement tout à fait possibles. Mais je n’écris rien de nouveau, l’auteur de ce blog a déjà souligné tout ceci.
    Sinon, je rêve de voir des squatteurs investir tous ces logements espagnols vides, remplacer les golfs par des potager et vergers, on aurait bien tord de se gêner!

  4. Bonjour,

    Si vous souhaitez en savoir plus à propos de la cité Frugès de Le Corbusier et de ses habitants, je suis à l’initiative d’un projet concernant la mémoire de ce quartier atypique :

    http://lamachineahabiter.com/

    N’hésitez pas à laisser un commentaire.

  5. Très intéressant.

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  11. Bergelet

    Un article très intéressant, qui donne envie de jouer au lego. Si je reformule, l’erreur de Le corbusier c’est la simplicité de l’équation. L’homme, ses dimensions, ses besoins, rapporté au nombre d’individus divisé par l’argent disponible, soit [(x+y)z]/ $ = un beau bloc de béton pour un paquet de lambda.

    En ajoutant à cette équation des considérations écologiques ( choix de matériaux renouvelables et non couteux en énergie et de préférence locaux, système pour capter l’énergie solaire, isolation performante, respect des éco systèmes environnants), on change énormément le résultats de l’équation.
    Pour la rendre méconnaissable, on peut même botter le cul du mathématicien et mettre en avant l’autodetermination collective sur un territoire par les gens qui y vivent.
    Je suis d’accord

    Je voudrais apporter tout de même un élément qui n’apparait pas dans l’article. Faire du dur, du solide, du bien pensé, c’est plus écologique et à moyen terme beaucoup moins couteux que de l’habitat éphémere, léger, jetable. Je vous donne un exemple. Une toile de yourte est bien moins couteuse qu’une couverture en tuile. En effet, 700 euros de tissu pour 50 m2 de toile, alors qu’il faudra compter 3500 euros pour la même surface de tuiles.
    Faisons un petit voyage dans le temps. 3 ans plus tard, votre toile de yourte n’est plus étanche, alors que c’est seulement 50 ans plus tard que la couverture en tuiles commencera à faiblir.

    Prendre conscience de ces ordres de grandeurs, c’est à mon avis essentiel pour comprendre que s’il est nécessaire d’orienter démocratiquement et écologiquement la construction des villes, c’est par une bonne compréhension technique et par l’approfondissement des savoirs faire qu’on évoluera vers un habitat durable, sain et adapté au climat. Tous architectes, à condition de se former sérieusement.
    A plus

    • karmai

      A peu près d’accord sur tout ce que tu dis. Je reformulerais ta conclusion en disant: « Tous architectes, à condition d’être bien accompagné ».

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