Chronique de la haine ordinaire: les écolos

Je hais les écologistes. Qui s’aime bien se châtie bien et fort de ma faible expérience dans le domaine de l’analyse sociologique du mouvement écologiste je m’en vais tirer quelques portraits de ces écolos qui m’énervent. J’espère qu’ils se reconnaitront comme je me reconnais un peu dans tous .J’espère également faire honneur à Nietzsche qui disait qu’il n’y a rien de pire que de mal défendre une idée et donc en tirer quelques leçons de bon sens pour ne pas me laisser trop souvent glisser dans les travers de cette idéologie.

L’écolo amoureux de la société de consommation

Son gourou: Pascal Bruckner et Yann Arthus-Bertrand

Dis moi ce que tu possèdes et je te dirais qui tu es, cet écolo le pense et est à l’affut de toute consom’action qui pourrait le rapprocher plus près de son idéal. Schizophrène, il croit résoudre le problème de son empreinte écologique en achetant de nombreux objets bio à mort. Seulement voilà, il les achète finalement en si grande quantité qu’il accentue d’autant plus le problème! Son horizon c’est le 4*4 hybride, six paires de chaussures équitables et bio et des treks en Amazonie et dans l’Himalaya où la nature est si belle… Typique d’une pensée écologique sans sacrifices, beurre-et-l’argent-du-beurriste, il souhaite payer moins d’impôts mais défend bec et ongles les services publics contre la logique privée. Son mode de vie petit bourgeois, il n’en changera pas car il est en effet agréable. Bénéficiaire fondamental du système, il achète des biens écologiques comme hier les aristocrates achetaient des indulgences à l’église.

L’écolo catastrophiste ou survivaliste

Pour lui c’est clair, les chevaliers de l’apocalypse passeront demain…ou après demain, mais c’est certain. Les menaces sont énormes! Demain sans pétrole, les êtres humains tueront pères et mères pour  bouger leurs Scénic et acheter du Nutella. Délire paranoïaque où le pire est toujours évident, les plus « hardcore » ont déjà préparé leur survie, ils ont un sac prêt pour triompher de toute éventualité dans un monde sans foi ni loi à la Mad Max. Réchauffement climatique oblige, les plus chanceux mourront engloutis dans l’Atlantide moderne (on se demande bien comment) pendant que le reste de l’humanité mourra de faim et de maladies atroces (oh, la nouveauté…). Le catastrophiste manque d’esprit critique et a oublié cette leçon fondamentale que la peur est une façon pratique de convaincre. Les écologistes ne sont pas des gens si bien intentionnés. Faire peur et stimuler le cerveau reptilien pour obtenir l’assentiment n’est pas que l’apanage des forces néo-conservatrices mais aussi des écolos prosélytes.

Ses gourous: Al Gore et Robert Neville

L’écolo angoissé des statistiques

Cet écolo bien particulier est angoissé de ce que son individualité pourrait être en cause. Le sésame, une empreinte écologique à 1 (la pureté de l’égalité devant l’environnement). Il compte soigneusement son empreinte carbone et s’assure que si sa vie lui fait produire un gramme de carbone en trop, il le compensera ailleurs en plantant un arbre quelque part…loin par exemple. Il limite sa vie à moins de 100 objets et ne consomme qu’à 160 km qu’autour de chez lui. Il tient en horreur le gaspillage et collectionne des poubelles de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Son rêve, la Suisse où on pèse soigneusement les détritus.

Son gourou: Yves Cochet

L’écolo perché

Dans sa cabane au fond des bois, souvent il écoute de la musique planante et produit son propre chichon, au pire il l’échange contre un service. Il a les cheveux longs et s’habille avec des fringues larges et colorées. Le soleil et l’été arrivant, on le voit pointer sa truffe dans des festivals de musiques et d’éco-construction. Personnage à l’utopie sympathique mais clairement inutile tant on peine à pouvoir imaginer des millions de personnes vivre dans des tipees ou des yourtes (même si ce serait surement très beau). Souvent, avec ces sympathiques Korrigans, on sait pourquoi l’accusation que les écolo veulent revenir à la bougie n’est pas complétement dénuée de fondement.

Son gourou: Pierre Rhabi

L’idiot utile

Il est toujours dans les mauvais coups. Militant anti-nucléaire de la première heure, il se retrouve embarqué dans la défense des morts du charbon par soucis de cohérence. Il prône la décroissance mais se retrouve à légitimer les politiques d’austérité des États endettés. Citoyen du monde, il prêche la tolérance et la diversité des cultures, mais il se retrouve à défendre le port de la Burqa malgré sa sympathie pour le féminisme. Révolté de la pauvreté du tiers-monde, des pays en voie de développement, des marchés émergents (oh et puis merde), il en vient à souhaiter des délocalisations en France pour donner du boulot en Chine. Favorable à l’Europe qui verdit ses subvention pour les conserver et protéger les petits producteurs européens, il appauvrit malgré lui les producteurs de cotons ouest-Africains.

Son gourou: Daniel Cohn-Bendit

Le technophobe antiproductiviste

Complétement parano, le technophobe tient en horreur les ondes des portables, les lignes hautes tensions, les pesticides, les ordinateurs, les voitures, les TGVs, etc. Tous les produits de l’industrialisation représentent le mal absolu qui ont standardisé les êtres humains. Pour lui, il ne fait aucune doute que depuis longtemps la machine a soumis l’Homme qui, benêt, ne s’en rend pas compte. Le technophobe a souvent une vision délirante où on devrait produire toute notre nourriture à la main, ne manger que des produits artisanaux et se déplacer avec un âne. Souvent inconscient que sa vision aboutirait à l’extermination d’une très grande partie de l’humanité, il brave cette évidence en résiliant courageusement son forfait de portable.

Son gourou: Ted Kaczinsky

Le bio du cul

Hygiénique à mort, le bio du cul est un angoissé pathologique de la vie. Souvent vegan ou végétalien, il indispose pas mal de gens autour de lui par son régime alimentaire austère. Cette personne arrive a ôter tout plaisir à l’existence de tout autre personne un peu joyeuse qui aimerait les frites, la mayonnaise et une bonne viande. Les magasins qu’il parcoure et où il achète sa nutrition ressemblent à une pharmacie et on s’y ennuie comme dans une salle d’attente. Tous les aliments sont faits pour ne pas donner faim ni envie. Les jours de fête, il s’autorise un steak de soja…En théorie, cet être aimerait ne pas avoir à manger et c’est cette imperfection qu’il tente de corriger jour après jour. La mort est une erreur dont on doit repousser la limite en protégeant son corps d’injection massives d’anti-oxydant et de pratique physique intense. Un bio du cul adore les randonnées d’une semaine où on jeune et on où on pratique le yoga. Partager la vie d’une telle personne c’est un peu comme vivre dans la tête d’un hippie dépressif.

Son gourou: Gandhi

23 Commentaires

Classé dans Humour

23 réponses à “Chronique de la haine ordinaire: les écolos

  1. De l’art de se faire des amis…

  2. Très drôle en effet.

    Y aura-t-il un portrait de l’écolo idéal ou ça n’existe pas ?

  3. Clem

    Désolée, je ne partage guère votre sens de l’humour… Je trouve ces clichés navrants, il suffit d’aller dans n’importe quel bistrot du coin pour les entendre (quoique rarement tous ensemble, certes). L’auteur de ce blog nous avait habitué à mieux. Mais tout ceci n’est pas bien grave, et sans doute est-ce tant mieux si d’autres sourient.

  4. Eh c’est pas du jeu tu fous les paléos avec les vegans et tout ce que tu critiques c’est le côté vegan ! Avec un paléo, tu manges un bon steack avec de la mayo et des frites cuites dans de la graisse de canard (ou de l’huile d’olive) :p

  5. Si on pioche dans chaque portrait pour faire le sien, c’est le signe d’un relatif équilibre ou d’une névrose grave ?
    Fais gaffe Karmai, tu vas finir chroniqueur au journal La Décroissance !

    • karmai

      Moi perso, comme je le dis dans l’article, je me retrouve un peu dans chaque mais jamais aussi extrême bien sur🙂, ce sont des allégories comiques. L’important c’est de ne pas se rapprocher de ces caricatures. Je pense qu’on peut être vegan et bon vivant, technophobe et vivre avec son temps, catastrophiste éclairé, etc.

      Moi, chroniqueur à la décroissance? C’est pas très gentil ce que tu dis. Promis je ne ferais plus d’articles comme ça😉

  6. Florent D

    Sympa. Mais tu n’a pas encore parlé du New Age et du biodynamisme🙂

  7. Très bon ! L’auto-dérision, c’est en effet ce qu’il y a de mieux !

    Il ne manque qu’une seule catégorie, sans doute la « bonne » : celle du néo-rural à moustaches, producteur de bonne bouffe.😉

  8. Très juste vos portraits. Il se trouve que je bosse avec une végétarienne et je retrouve tous ses « tics » dans votre description…

  9. Brian

    Amalgame malheureux entre primitivisme/rewilding (« rewild or die ») éventuellement porté par Ted, Quinn, etc. parfaitement conscients des pertes humaines inhérentes à une telle révolution et de l’autre côté, la phobie des produits technologiques maléfiques, ondes, etc. rencontrée chez les adeptes du NewAge qui se rapprochent eux même du hippie au cheveux gras.

  10. Pingback: Yann Arthus-Bertrand meurt dans un crash aérien à Notre Dame des Landes | Jardinons la planète

  11. flyingdust

    Pas mal! Je me retrouve plutôt dans l’écolo perché avec le gourou Pierre Rabhi dont j’aime bien les jolis mots! Faut que je travaille à me défaire de ce cliché là!🙂 J’ai bien ri pour les vegans écolos du cul. Ces théories antispécistes sont absolument ridicules.

    • Fab

      « Ces théories antispécistes sont absolument ridicules. »
      C’est vrai !
      Continuons à câliner les chiens et massacrer les vaches.

      • flyingdust

        C’est pour ça que certains décident d’être végétariens, ou végétaliens, entre autres. Ou de diminuer drastiquement leur consommation de viande. Je maintiens que à chaque fois que j’ai entendu des « apôtres » vegans parler d’antispécisme je les ai trouvé tout aussi ridicules avec leurs théories que le système productivistes est monstrueux avec l’animal (et le végétal soit dit en passant). Répondre à un extrême par un extrême, pas trop mon truc…

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