Le terrible débat entre couche lavable et jetable enfin tranché

Voici venu le temps des bébés, et époque d’incertitude idéologique oblige, certains de mes amis doivent décider d’une chapelle et s’engager avec détermination dans un parti : celui des couches lavables ou celui des couches jetables. Chez les écolos, pour se consoler qu’un enfant européen est l’équivalent de 620 trajets Paris-New York, une seule chose à faire :  les couches lavables.  Pas de doute, la seule chose à faire pour compenser ce désastre écologique qu’est un chérubin. Pour les autres, on privilégie en général le jetable. Loin des couches à l’ancienne tenues par une épingle à nourrice, la couche lavable est une réalité très high-tech et représente aujourd’hui une véritable alternative à la couche jetable. Celle-ci, connue jadis pour sa praticité est désormais aussi funestement célèbre pour ses tonnes de déchets à incinérer, une plaie béante à l’angélisme de nos chères têtes blondes. Le débat fait rage et on n’est pas loin de la guerre civile lorsqu’on en vient aux chiffres.

Ayant traversé les écueils des études « indépendantes » promues par des sites neutres soutenus par le très impartial Syndicat français des fabricants de produits à usage unique pour l’hygiène, la santé et l’essuyage, j’ai décidé de trancher le débat en en faisant une analyse complète, chiffres et graphiques à l’appui. Accrochez vos langes, ça va décoiffer. Il y a d’abord l’étude des coûts évidents: achat des couches tout le long de la vie sphinctèrement immature de l’enfant, amortissement de la machine à laver pour les jetables, prix de l’eau, de l’électricité nécessaires aux lessives, etc. Très franchement, je vous épargne les détails, même si je peux vous envoyer les résultats si vous êtes partisan de St Thomas. Bref, en intégrant tous ces coûts, le résultat semble sans appel, la couche lavable est clairement moins chère que la jetable. En effet, il faut compter environ 200 euros par an de frais pour des couches lavables contre plus de 450 euros pour des couches jetables. Pampers vacille et s’effondre au sol! L’arbitre commence à compter…

Toutefois, ce qu’omettent toutes les études économiques réalisées pour comparer les couches jetables et lavables est le concept économique (pas très sexy) de coût d’opportunité qui n’est pas inclus dans le calcul ci-dessus. Le cout d’opportunité n’est pas un concept simple à aborder et c’est bien la raison pour laquelle il est le plus souvent laissé de côté dans les évaluations par fainéantise, par ignorance, sans que je m’explique exactement pourquoi. Prenons un exemple : imaginons une situation théorique d’un travailleur ayant un enfant. Celui-ci a deux choix, soit il va travailler et gagner une journée de salaire (50 Euros) mais il doit alors payer le service d’une garde d’enfant (20 Euros), soit il reste chez lui pour garder son enfant et il ne gagnera ni ne perdra d’argent en ce qui concerne le choix considéré. Le coût d’opportunité de ne pas aller travailler est donc de 30 euros, car c’est ce que la personne perd à ne pas aller travailler. Pour résumer ici, le coût d’opportunité peut être simplifié au coût du temps.

Dans le cas des couches lavables un tel calcul doit être opéré puisqu’en réalité les parents qui décident de laver leurs couches doivent mobiliser une part significative de leur temps à faire des lessives qu’ils n’auraient pas à faire si ils jetaient simplement leurs couches à la poubelle. Le coût d’opportunité du temps passé à faire des lessives est donc directement relié à la valeur de l’utilisation alternative du temps. Pour caricaturer (ce qu’il ne faut jamais faire mais que j’aime faire), prenons une personne qui n’aurait rien d’autre à faire de sa vie que de laver des couches ou dont la seule alternative serait de regarder Sabatier, le coût d’opportunité à laver les couches est nul car l’alternative n’a aucune valeur économique. Par contre, un trader qui gagnerait un million d’euros par seconde perdrait des sommes colossales à chaque fois qu’il s’arrêterait pour lancer une lessive. Le coût annuel des différentes couches, en intégrant cette donnée fondamentale, est montré dans le graphique suivant :

Ainsi, on observe que la couche lavable n’est économiquement intéressante que lorsque le coût d’opportunité du temps est inférieur à 10 euros, soit à peu près le smic horaire brut. En des termes plus crus, plus le temps est précieux, moins on a intérêt à utiliser des couches lavables. Étant donné que l’utilisation de couches jetables est notablement plus polluant, ce qu’on peut en déduire également c’est que malgré eux, ceux qui gagnent le mieux leur vie ont en moyenne un intérêt économique à polluer plus en achetant des couches jetables. Encore plus, la collectivité, réduite à son intérêt économique, obtient un avantage certain à ce que ses membres dont le temps est le plus précieux ne perdent par leur temps à faire des lessives.

Certains États ont pu mettre en place des initiatives en vue de modifier cet équilibre, par exemple, en taxant la quantité de déchets ou en subventionnant l’utilisation de couches lavables. Économiquement parlant, de telles politiques prennent le risque élevé d’être contre-productives car elles ont comme conséquence de motiver par intérêt des gens à prendre du temps aux lessives alors que le coût d’opportunité du temps est important. Ainsi, la communauté s’expose au prélèvement de l’argent par l’impôt sur la création collective de richesse en vue d’orienter des gens vers une utilisation sous-optimale de leur temps, et ainsi moins valoriser leur potentiel de création de valeur économique, et par conséquent diminuer leur participation à la création collective de richesse. En des termes plus simple, c’est investir de l’argent pour en perdre. Certes, environnementalement parlant, de telles politiques publiques peuvent bien évidemment être couronnées de succès (c’est leur principal objectif) en réduisant la production de déchets. Par contre, ces politiques, alors qu’elles visent également plus d’efficacité économique, vont clairement contre ce principe. Tout d’abord, comme on l’a décrit plus haut, car on ne prend pas en compte le temps perdu. Mais aussi parce que, hormis les déchets, la plupart des externalités négatives de la pollution par les couches jetables n’est pas évaluable économiquement et ce coût est donc externalisé sur des biens publics (rejet de dioxine et de CO2 dans l’atmosphère, prélèvement de ressources non renouvelables, etc).

Dans notre société de croissance, où le succès d’une nation s’évalue par le PIB, la réduction des pollutions n’est pas mesurée comme une richesse. Faute d’intégrer ces externalités dans le marché le cadre de certaines pollutions est assuré.

En guise de conclusion, il n’y a pas moyen de dire absolument que la couche lavable est de l’intérêt de tous. Une frange notable de la population a un intérêt financier clair à ne pas utiliser de couches lavables. Encore plus, la partie de la population qui peut avoir intérêt à le faire, par conviction idéologique et/ou par temps disponible, est fondamentalement une minorité. Les grandes marques de couches jetables ont encore de belles années devant elles.

On a pu voir également comment le problème entre couche lavable et couche jetable n’est pas une question de simple calcul d’apothicaire, mais résonne profondément avec des considérations profondes sur le temps, la place de nos déchets, notre impossibilité à résoudre des problèmes environnementaux ou à nous doter de raisonnables priorités, etc. Ce que l’on constate aussi est que l’écologie, contrairement à des injonctions communes aux écologistes, n’est que très faiblement une question individuelle où les problèmes écologiques pourraient se résoudre si chacun était écologiquement vertueux dans ses choix quotidiens, mais bien plutôt d’une vision globale d’une société. Des effets de structures importants (comme ici la valeur que l’on donne au temps) dominent très largement les choix sociétaux.

55 Commentaires

Classé dans Economie, Santé

55 réponses à “Le terrible débat entre couche lavable et jetable enfin tranché

  1. Ben

    ok pour intégrer le coût d’opportunité, mais alors il faut intégrer la valorisation de coûts tangibles et intangibles environnementaux non?

    • karmai

      D’où la remarque suivante vers la fin de l’article: « Dans notre société de croissance, où le succès d’une nation s’évalue par le PIB, la réduction des pollutions n’est pas mesurée comme une richesse. Faute d’intégrer ces externalités dans le marché le cadre de certaines pollutions est assuré. »

      • Alex

        Je vois deux soucis dans le décompte du coût d’opportunité:
        1 – Il me semble partisan de considérer que le coût d’opportunité a un impact sur le PIB dans la mesure où il n’est pas évident d’emblée qu’il est imputable au temps du travail ou au temps libre. S’il est compté dans le temps de travail, il faudrait calculer le coût d’opportunité de tout ce qui se fait dans le temps libre: loisir, cuisine, information, éducation, toilette, sommeil, taches ménagères…
        2 – Le coût d’opportunité est décompté comme un manque à gagner pour la collectivité, mais n’est pas compté l’impact du jetable sur le coût de traitement des déchets qui correspond à une dépense réel. Il faudrait au moins les mettre en rapport. Il est également dit qu’  » en taxant la quantité de déchets […] ces politiques, alors qu’elles visent également plus d’efficacité économique, vont clairement contre ce principe. » Il faudrait une fois de plus mettre en rapport le manque à gagner par inefficacité économique (difficile à calculer) avec le gain dû aux déchets en moins à gérer.
        Respectueusement,

      • karmai

        1 – Je ne dis pas que le cout d’opportunité à un impact sur le PIB. Celui-ci n’est pas à compter dans le temps de travail non plus. Le cout d’opportunité d’une action (genre laver des couches) peut effectivement être comparé avec tout un tas dautres activités qui ne sont pas du travail salarié (loisir, cuisine, etc)

        2 – Le cout du traitement des déchets est inclus dans le calcul. On considère que la production d’une tonne de déchet coute environ 100 euros pour être traitée. La couche jetable sur ce point est sérieusement plus couteuse et légitime en partie les pratiques de subventions faites par les collectivités au nom des économies réalisés sur les traitements des déchets municipaux.

      • @karmai : on est plus sur du 190 €/tonne que 100 €/tonne
        Cf. « Partie 2 – I.2.1 » et « Partie 3 – I »
        http://aquitaine-ademe.typepad.fr/files/referentiel_couts_du_sped_2007_20081.pdf

  2. Florence

    Vous ne lavez donc jamais votre linge ? Parce que je suis pas certaine que le coût d’opportunité soit si énorme que vous le prétendez lorsque vous ajoutez quelques couches par machine… Et ceux pour qui le temps est tellement de l’argent qu’ils ne le perdent pas à mettre en route leur machine paient en général d’autres gens pour faire ce travail… donc je trouve l’argument pas mal tiré par les cheveux. Mais le débat vole sans doute trop haut pour moi !

    • karmai

      Je lave mon linge moi-même, quelle drôle de remarque. o.O Le temps d’une lessive inclus dans mon étude correspond au temps de collecte des différent éléments à laver, les introduire dans la machine, lancer la machine, les récupérer, les faire sécher, les ranger. Multiplier ce geste tous les deux jours au lieu de trois et vous avez un investissement en temps peu négligeable sur une année.
      L’idée ici n’est pas que le temps c’est de l’argent mais que le temps a de la valeur. C’est une nuance importante que j’ai peut-être mal exprimée ou trop simplifiée. Le passage par une évaluation monétaire est pour donner un élément de comparaison le plus valide possible.

      • Je l’ai calculé, cela me prend moins d’une heure par semaine… voir : http://k-attitude.blogspot.com/2012/03/baby-attitude-couches-et-proprete-3.html et je le fais soit avec mon bébé sur le dos, ce qui l’occupe, soit avec lui à côté, et il aime voir mes gestes.
        Pour aller au magasin acheter des couches jetables, c’est à 20min de chez moi, je ne vais pas souvent dans ce genre de magasin, donc je pense qu’à certains moments, si j’étais en jetable, j’aurais dû y aller juste pour acheter des couches…
        On peut aussi calculer le prix des sacs poubelles remplis si rapidement en es,couches jetables, voire de la poubelle à couches pour éviter les odeurs… Ou encore les pots de crèmes qu’on met sur les fesses de bébé remplis de boutons rouges ? Ici, je ne lui mets rien sur les fesses ! Quelle économie!

      • karmai

        En fait dans votre cas, le temps utilisé pour les couches lavables est plus grand que la moyenne que j’ai pris pour le calcul (le double en l’occurrence). Ceci est « compensé » par les 20 minutes qu’il serait nécessaire d’investir dans le déplacement jusqu’au magasin de couches jetables. On est finalement dans les clous de l’étude que j’ai menée.
        Quand au sac à couches, en général, les gens qui ont des couches lavable en ont un aussi, puisqu’il faut bien garder les couches sales quelque part en attendant de les laver. Quand aux boutons et au cout des crèmes, j’ai souvent lu que c’était kif kif entre lavable et jetable.
        Le prix de la poubelle et du déplacement pour aller la vider pourrait être pris en compte mais ne modifierait, à mon avis, que très modestement le résultat final.

      • Votre article n’est pas précisé quant aux données utilisées… alors peut-être que mon temps est plus élevé… en tout cas, je ne prends pas ce temps sur mon temps de travail, plus sur mon temps de loisirs, voire sur mon temps de sommeil … mais mes couches, je ne les lave pas encore au bureau ! Je ne peux le faire qu’une fois rentrée chez moi !

  3. imago66

    Intéressant (heureusement que tous mes enfants sont grands) et j’imagine que le principe s’applique à bien des choses, de la réalisation de confitures à la fabrication de dentifrice.
    Mais concernant les couches, il me semble qu’il y a une voie médiane qui consiste à faire laver ses couches par un tiers spécialisé. Les divers micro documentaires que j’ai vus sur ce sujet faisaient régulièrement allusion à ce genre de service. Je ne saurais par contre où en trouver, j’ai bien peur que c’est pour l’instant limité aux très grandes villes.

  4. « ceux qui gagnent le mieux leur vie ont en moyenne un intérêt économique à polluer plus (…) »

    Voilà qui me rappelle le titre du bouquin d’Hervé Kempf : « Comment les riches détruisent la planète ». Et qui rejoint les aspirations des objecteurs de croissance à plafonner les revenus, justement pour éviter que le coût d’opportunité ne soit en faveur de la pollution.
    Sinon, vous oubliez dans votre calcul que le trader peut aussi payer quelqu’un pour laver des couches. Ce qui a le mérite non seulement de polluer moins mais aussi de créer un emploi…

    Et enfin, quand prendra-t-on en compte autre chose que le PIB pour mesurer la qualité de vie d’une nation ? Que m’importe un PIB élevé si c’est pour crouler sous les déchets, respirer de la pollution et boire de l’eau pleine de pesticides ?

    • karmai

      La richesse n’est pas forcément corrélé à la pollution. C’est le cas ici mais le généraliser comme le fait Hervé Kempf me semble abusif.
      Selon moi, ce ne sont pas les salaires qu’il faut plafonner mais bien plutôt intégrer dans les externalités environnementales pour que la consommation des plus riches soit compatible avec les ressources limitées dont nous disposons ainsi que notre souhait de vivre dans un monde agréable.
      Sinon, le calcul de celui qui peut employer quelqu’un me semble trop marginal pour avoir une influence importante sur l’enjeux ici.

  5. Sandrine

    Mettre une lessive de couches et les étendre, ça doit me prendre autant de temps que de changer le sac poubelle des jetables et aller en acheter (très) régulièrement… Bref, le temps ne serait-il pas identique?!

    • karmai

      Vous prenez beaucoup de temps pour changer votre sac poubelle je pense…libre à vous, mais je ne crois pas que je puisse en faire une généralité.

      • Sandrine

        Je n’en fais pas une généralité justement, je dis que personne ne fait pareil…
        Et vraiment, prendre mes couches (déposées au fur et à mesure des jours dans un filet situé dans une poubelle), puis mettre ce filet dans ma machine, mettre la lessive et appuyer sur on, ça me prend autant de temps que changer le sac poubelle de couches-qui-puent, je vous assure!

  6. gabuzo

    Un Français moyen passe 3,5 heures par jour devant la télé.
    Dans ce cas, le coût d’opportunité est négatif pour tout ce qui nous éloigne du petit écran:
    1. on en gagne à être moins intoxiqué par la pub (qui représente 30% du temps passé devant la télé)
    2. on en gagne à se reconnecter au monde réel et à nos proches
    3. notre système émotif est moins surchargé: on en gagne à ne plus s’énerver pour Morah, DSK ou le résultat du match joué par des inconnus

    Sérieusement, l’inclusion du coût d’opportunité sur une période de temps aussi courte est plus que théorique. En pratique, même un trader ne gagnera pas plus d’argent en passant une demi heure de plus le nez collé devant ses graphiques.

  7. Nous on a opté pour des lavables au bout de qq mois,

    on en est content mais oui ça prend plus de tps pour le lavage et la mise sur le bébé, et bien plus de lavages (20 couches ça fait deux jours – faut compter le tps quelles seches!)

    mais bon, perso on prefere, et puis ceux qui ont reniflé une couche jetable non-bio (propre!) savent l’interet des lavables

    Par contre faut habiller une taille au dessus🙂

  8. Alex

    Je suis un peu étonné par les chiffres avancés sur le graphe pour le calcul du coût d’opportunité. Si je prends mon exemple, je considère qu’il me faut 3 minutes pour mettre les couches dans la machine à laver, puis 17 minutes pour les étendre, les décrocher et les ranger. Inutile de dire qu’à ce rythme lent, je prends mon temps et ai même peut-être le temps de me prendre un verre… A raison d’une machine tous les trois jours, mon coût d’opportunité correspond à 20 minutes tous les trois jours, soit (en gros) 1 heures tous les 10 jours. Ainsi au bout de 1 an, j’ai perdu 36 heures de travail. Ceci correspond pour moi, du haut de mes Bac+10 qui suis payé 12€/heure à 420€ de coût annuel.
    Le résultat de ce calcul est significativement en-dessous de ce qui est donné sur le graphe pour un coût de 10€/heure. Je me demande donc comment le calcul a été fait.

    Pour la poubelle, j’estime qu’il me faut 5 minutes, pour changer/sortir la poubelle, chose que je fait une fois par semaine. Sur beaucoup de forum, il est avancé qu’une couche jetable occupe un volume de 5L… ce qui me semble énorme, je vais donc arbitrairement dire qu’elle n’en occupe que la moitié, i.e. 2.5L. A raison de 6 couches par jours, je remplis donc ma poubelle de 20L au bout de 1.3 jours, ce qui fait que je dois sortir ma poubelle 5 fois par semaine, j’ai donc multiplié mon temps de poubelle par 5, soit 25 minutes par semaine, i.e.22h par an. Le coût annuel est donc pour moi de 260€. A ceci, il faut ensuite ajouté les 50€ de traitement de la demi-tonne de déchet que j’aurai crée durant cette année. Et j’arrive à 310€. La différence dans mon cas (toujours à 12€/h) est de 110€.

    De plus, la dernière tranche (30€/h) correspond à un salaire annuel de 50 400€, ce qui est le cas, selon l’observatoire des inégalités de 5% de la population active. Mais effectivement, il doit s’agir des plus pollueurs.

    • karmai

      J’ai pris 15 minutes pour une lessive (pas si loin de ton cas).
      Pour les poubelles tu exagères un peu je pense (je ne suis pas sur que personne passe 25 minutes par semaine pour descendre des poubelles…ou alors dans cette situation on augmente le volume de sa poubelle…)
      Ta comparaison est un peu fausse car tu inclus le cout du traitement des déchets dans ton cout individuel. En plus tu l’inclus dans le cas du jetable et pas du lavable (même si je suis d’accord que c’est beaucoup plus faible). Le cout de traitement des déchets est un cout collectif et pas individuel.
      En ce qui concerne l’abscisse du graphe, c’est un cout d’opportunité, pas un revenu. La réduction à ce dernier n’est donc pas vraiment exact.

  9. Je rejoins Alex et Sandrine. Il me semble que le temps que voua avez compté (qui n’est pas dit d’ailleurs) pour l’entretien des lavables est largement sur-évalué. Des couches ne sont pas comme des vêtements. Il n’y pas de tri des couches avant lavage car elles ont leur propre stockage, il n’y a pas de pré-détachage, pas de pliage et pas de rangement puisque la plupart du temps les couches restent sur l’étandage. Le temps consacré à l’entretien est donc vraiment faible.
    Je rejoins également l’avis que ce temps est pris sur du temps de loisir. On ne vas pas aller travailler moins parce qu’on une lessive à faire en plus.
    Pour les personnes à haut revenu, comme cela a été mentionné, la plupart du temps c’est la nounou qui s’occupe du lavage des couches…
    Globalement il me semble que vous avez été chercher beaucoup de « coûts cachés » des lavables mais pas des jetables. Quid du temps passé pour aller au rayon couches acheter le paquet hebdomadaire? Quid du changement de poubelle supplémentaire (mentionné dans d’autres commentaires)? Quid de l’acquisition de la propreté globalement plus précoce avec des lavables et du temps donc supplémentaire à changer un enfant encore en jetable?

    • karmai

      de A à Z, une lessive prend 15 minutes. Je tiens à préciser de nouveau que le cout d’opportunité du temps n’est pas fondamentalement à se faire en comparaison avec un revenu et peu donc tout à fait être mis en regard d’un loisir bien sur. Ça ne change pas le fait que le temps a de la valeur si? Je peux sans problème revoir le temps d’une lessive à 10 minutes que ça ne changera que peu le fait que l’intérêt de certaines couches dépend du cout d’opportunité du temps.

      En ce qui concerne les couches jetables. On ne va que rarement faire des courses exprès pour des couches jetables, donc ce temps d’achat est très faible. Il faut dans ce cas là compter le temps d’achat des couches lavable aussi, qui est moins grand en théorie, mais on passe en général plus de temps à les choisir car il ne faut pas se planter. Le changement de poubelle, là aussi, est effectué avec les autres déchets, et à faire de toute façon. La part de cette activité qui serait imputable aux seules couches est faible. C’est là une partie de l’intérêt du jetable.
      Pour résumé, mon calcul sert à démontrer comment beaucoup de gens n’ont pas intérêt à passer au lavable, notamment parce qu’ils pensent qu’ils ont « mieux à faire ». S’empêcher de le calculer pour voir la validité de leur point de vue, c’est alors considérer que ce sont des imbéciles qui n’auraient pas compris que les couches lavable c’est le bien et les jetables c’est le mal. Le monde est juste un poil plus complexe. Moi j’ai une préférence pour le lavable, mais je ne m’empêche pas de regarder les choses en face et de comprendre les différents comportements.

  10. Bravo pour cette mise en lumière du principe de coût d’opportunité à travers l’exemple particulier des couches. Cet exemple est généralisable pour beaucoup d’autres choix entre jetable et recyclable, mais aussi entre produits frais et plats cuisinés, entre marche à pied ou à vélo et déplacement en voiture, etc.
    Peu importe les détails du débat sur le temps passé à laver les couches ou à vider les poubelles, je reste sur les mêmes conclusions que toi :
    1 – Les couches jetables devraient coûter bien plus cher, en y intégrant le coût de l’incinération et les coûts environnementaux de dépollution ou de retraitement. On pourrait même y ajouter d’autres coûts collectivisés d’appropriation des ressources naturelles qui lui sont nécessaires (donc qui intègrent une part des dépenses militaires de l’état), des coûts de création et d’entretien des réseaux de distribution des produits (routes), etc.
    2 – Le temps passé à laver les couches lavables n’est pas intéressant en terme de coût d’opportunité lorsqu’il est réalisé individuellement, et serait d’avantage rentabilisé s’il était mutualisé, ou réalisé par des entreprises spécialisées qui profiteraient d’économies d’échelles par rapport à un particulier.

    Et enfin,
    Qu’en est-il des couches jetables et compostables ?🙂
    (la question n’est pas tellement pour moi mais plutôt pour l’intérêt du calcul : mes enfants ne portent plus de couches depuis plusieurs années)

    • karmai

      Entièrement d’accord avec ce point de vue. Pour moi (qui n’ai pas d’enfants), c’était surtout un cas d’application sur une thématique qui intéresse l’écologie. Là aussi je suis d’accord avec toi, on aurait pu appliquer cette méthode à de nombreuses autres choses.
      La grosse conclusion de cet article pour moi c’est qu’il faut se doter des instruments pour internaliser les externalités environnementales. C’est la seule façon de rendre compétitif les couches lavables tout en préservant l’environnement.

      Sur la deuxième conclusion, je suis aussi complètement d’accord, c’était aussi un des points d’Imago, à savoir que c’est plus efficace de passer par des systèmes de nettoyage collectif.

      • commeunetaupe

        Voilà la réponse à la première question qui me vient après avoir lu articles et commentaires. Vous n’avez pas d’enfant. Vous faites donc des estimations, qui ne sont pas exactes, car nous avons chacun des façons différentes de gérer lessives et poubelles, que l’on utilise des couches lavables, jetables ou les deux. Etablir une moyenne de temps est à mon avis impossible sur ce point.

        Quant aux services de ramassage et nettoyage collectif, c’est extrêmement difficile à mettre en place, souvent très coûteux (et donc il faut le subventionner, sinon c’est beaucoup trop onéreux pour ceux qui s’y intéressent) et envisageable uniquement dans les villes et grandes agglomérations.

      • karmai

        j’ai fait mon évaluation à partir des expériences de gens qui ont des enfants et aussi de gens qui ont écris des livres sur ces sujets. Ainsi je ne me sens pas du tout disqualifié d’en parler sous prétexte que je n’aurais pas d’enfants. Que les gens aient chacun une façon propre d’organiser tous les éléments pris en compte dans cette étude, c’est l’évidence, mais ceci n’empêche en rien d’effectuer une moyenne.
        Quand aux services collectifs, je n’ai pas pris position dessus et il est effectivement probablement nécessaire de les subventionner parfois, quand les conditions d’apparition ne concordent pas avec la somme des intérêts individuels.

  11. Rahane

    pour résoudre un problème il faut en sortir le nez pour prendre du recul et envisager les choses autrement ce qui dans le cas des couches culottes parait facile mais finalement , pas si simple de sortir le nez du guidon et donc de la crotte des tout petits.
    prendre les problèmes de pollution par le raisonnement du coût est persister dans le formatage mental du consommateur devenu un comparateur de prix pour décider de l’achat le plus interessant donc le plus rentable.
    Or concernant le problème des couches culottes le problème est ailleurs.
    il est dans le fait d’ élever des cohortes de fils et filles de consommateurs (avertis mais aveuglés par tant de formation à n’être plus que de purs consommateurs)à commencer leur vie en la passant 2 bonnes années assis dans leurs merde.
    une fois que le pli est donné de l’acceptation de ce fait comme une évidence incontournable le cerveau embourbé dans un inconscient programmé pour accepter de sièger dans la merde par un confort imposé comme une norme ne raisonnera plus que dans ce cadre
    et nous sommes justement en grosse problématique face à la société de demain issue de l’esprit de cette génération qu’on pourrait appeler la génération couche-culottée.
    le grand tournant de la couche culotte s’opéra entre les années 60 et 70 quand on eut intérêt à faire travailler les femmes et donc les libérer de l’opression du lavage des couches par le fait de travailler pour gagner l’argent pour acheter des couches jetables en arguant subtilement que cela les faisaient monter d’un cran sur un plan social, la ligne d’horizon de la valeur sociale des femmes s’établissant depuis pas mal de temps entre celles qui lavent les couches culottes de celles , bourgeoises qui disposaient de quelqu’unes pour le faire pour elles.
    le troupeau des femmes étaient donc fin prêtes à croire à la libération et l’avancée de la condition féminine par une égalisation de statut à sortir des problèmes posés par la merde des enfants.

    reposons le problème dans le bon sens les enfants sont-ils des « merdeux »?
    pourquoi leur mettre une couche culotte alors?
    pour le bien être de qui?

    comment font donc les femmes africaines qui portent leurs enfant sur le dos jusqu’à 3 ans en leur balançant élégamment le sein par dessus l’épaule pour ne pas avoir à défaire le boubou et s’interrompre dans les travaux usuels? laissent-elles leurs enfants leur pisser et chier dans le dos?
    à noter que les africaines sont loin d’être les seules à porter leurs enfants contre elles jusqu’à 2, 3 , voir 4 ans
    et donc toutes ces femmes du monde laisseraient leur progéniture déféquer 5 à 8 fois par jour sur elles , elles nettoieraient sans rechigner les berceaux tous les matins? pendant tout ce temps?
    levons le voile…
    réapprenons à nos enfants le contact avec leur animalité si bien programmée dans leur petits corps et libérons nous du problème des couches culottes et des calculs économiques adjoints imposés par la société de consommation.
    combien d’entre vous ayant déjà eut à changer des couches de bébés ont pu observer comment certains bébés très malins attendaient patiemment l’heure du change pour vous offrir la crotte ou le pipi afin de salir la couche propre que vous venez juste d’étaler sous eux?
    et le concours de sagacité est lancé, aux parents d’attendre que la couche soit pleine pour la changer en se pinçant le nez ou au bébé d’avoir une tenue impeccable des sphincters pour faire croire qu’elle est pleine par un petit pet très odorant avant de pouvoir limiter instinctivement le temps à passer le culs dans l’humidité corrosive des bactéries oxygénées et maintenues aux chaud dans une enveloppe de plastic.
    récupérons la science de notre animalité refoulée et ça ira mieux pour tout le monde y compris pour nos porte monnaies et la planète
    l’enfant n’a réellement besoin d’être régulièrement torché ( donc d’avoir une couche… et encore …) jusqu’à 5 mois parce qu’il n’a aucune maitrise consciente de ses sphincters et pas de mémoire disponible pour assimiler un réflexe coordonné, bien que durant cette période tout geste de lavage de l’enfant soit pour lui une formation à cet apprentissage.
    à 5 mois il est prêt!
    il a compris le rapport entre les agitations de son bas ventre et le fait de se retrouver le cul platré ou l’entre jambe humide
    à 5 mois le bébé humain ne sait pas se tenir debout et n’est pas autonome sur le plan du déplacement mais il est loin d’être con et impotent.
    si avec un peu d’attention vous êtes attentifs aux grimaces et signaux qu’il vous donne vous anticipez pour lui le fait de le tenir assis sur pot pour se libérer sans soucis, une petite lingette à la fin une couche de pur confort ouaté et hop ça gaze.
    15 jours il lui faut au bébé entre 5 et 6 mois pour acquérir le réflexe du pot pour peu qu’on se coordonne sur son rythme entre l’absorbtion de nourriture et le réflexe de libération qui s’en suit avec un chronobiologique d’écoute à son enfant
    à 6 mois le bébé aura l’ambition d’être propre
    à 7 mois de ne pas être privé de la jouissance de bien connaitre les odeurs de ses excréments
    à 8 mois c’est fini hors quelques petits accidents de circulation gastrique de contre temps la majorité du temps le réflexe du pot est acquis et se fondra avec l’apprentissage de la marche autonome vers l’acquisition d’une autonomie réelle.
    et une énorme économie de couche culottes et de lessives dont le budget sera divisé par 3 au bas mot.
    évidemment il faut aussi que les adultes s’occupant des enfants ne vivent pas cela comme une contrainte mais comme une joie animale de suivre le développement de leurs bambins avec patience et fierté.
    sinon on tombe dans des réflexes de culpabilité terrible, » j’ai merdé maman ne va pas aimer ça, donc je vais risquer le rejet et la sensation d’être très seul avec mon caca-pipi problème »
    ou alors on choisit le luxe de différer/transférer le problème de l’écoulement de la merde de notre espèce en polluant la planète plus qu’il ne faut en lessive ou en couches pour libérer le temps dévolu à des taches autrement plus nobles de développement de notre cerveau afin de pouvoir calculer doctement la meilleure option économique concernant les couchesculottes.
    et nous développer dans une affectivité à autonomie retardée et fusionnelle ou la couche élimine dans nos relations familiale le contact trop cru avec nos merdiers intérieursdiminuant d’autant notre différenciation individuelle de nos parents, occasionnant l’émergence d’une société Tanguy/Trainelarue
    entre des enfants qui ne peuvent plus s’envoler du nid et d’autres ( de parents qui n’avaient pas un crédit de couches culotte extensible de qualité) qu’on jette sans ménagement dehors.
    tout cela étant mis sur le compte de milles autres raisons que celle, originelle, du processus et des conséquences de l’usage de la coucheculotte et du biberon jusqu’à des âges avancés.
    limitant le congé de maternité à une durée inférieure à celle qui permettrait la réelle libération des femmes de la tache plus que maternante des 6/9 premiers mois de la vie d’un enfant, nous embarquons l’ensemble, mère enfant et futurs adultes sur la voie d’une société d’humains qui croient s’être totalement dédouanée de son animalité.
    la civilisation se construit-elle en assimilant l’animalité de notre support corporel ou en croyant la dompter en l’étouffant dans des couches fut-elles lavables et plus écologiques?
    tant que nous n’auront pas réellement assimilé le fait que nous sommes aussi et de façon incontournable et surtout merveilleusement belle magique et pleine de ressources une tuyauterie vivante créatrice de merde
    aucune couche même portée sur la tête ne résoudra l’économie de la pollution que nous faisons subir à la planète d’autant que nous sommes de plus en plus nombreux à chier dessus.

  12. J’aime bien l’analyse. Cela dit, le coût d’opportunité pour les lessives passe dans l’épaisseur du trait du temps qu’on passe à faire les lessives qu’on fait de toutes façon avec de jeunes enfants.
    Après, vive la collecte des couches lavables – mais je doute qu’on ait assez d’enfants au km à la campagne pour que ça vienne chez nous un jour.
    Ensuite, s’agissant de l’hygiène naturelle infantile (commentaire ci-dessus), mon expérience (certes anecdotique) n’est pas bonne puisque deux de nos amies proches s’y sont coltinées avec acharnement – et leurs petit(e)s étaient propres après le nôtre.
    Dans tous les cas, l’histoire du coût d’opportunité selon le salaire horaire est pour moi un exemple de plus des distorsions dans les choix économiques qu’amènent les disparités de rémunération. L’exemple du trader est très parlant, puisque voilà un gars qui gagne des millions sans rien apporter de positif à la collectivité (il ferai mieux de laver ses couches). Alors plutôt que de se demander qui apporte plus pour qu’on le paie plus, payons tout le monde pareil et tout sera plus facile.

  13. Rahane

    ce serait parfait si on pouvait payer tout le monde pareil puisque la valeur des choses et des actes n’est pas réellement définie et que même une fois le travail écoulé sa valeur peut fluctuer selon la manière dont elle manifeste son utilité en concordance avec le réel

    sinon pour la propreté des enfants ce ne sont pas les parent qui décident c’est un mouvement interne de l’évolution de l’enfant qui crée le tempo, c’est une question d’écoute . Toute volonté d’attendre un résultat positif par l’incitation est voué à l’échec. c’est un réflexe qui vient comme un réflexe dans le lacher-prise.

  14. Rahane

    nous sommes dans une société axée sur la compétition et la manifestation de la volonté individuelle . on ne cultive pas trop le fait d’être un réceptacle, l’écoute active, sans volonté propre, être au service dans une dédicace bien au dela de l’égo. on confie aux choses le fait d’incarner la confiance
    c’est la voiture qui doit être sure plus que le conducteur. c’est la couche qui doit être antifuites pas l’enfant.

  15. rahane

    ce serait interressant une étude sur les différences de modes d’assimiliation de la propreté chez l’enfant et l’impact des facteurs culturels.
    la prévalence du ressort de la culpabilité dans nos modes éducatifs par rapport à d’autres sociétés qui utilisent d’autres ressorts

  16. Je suis très intéressé par le sujet, car nous avons réalisé une pré-étude sur les couches lavables en maternité : http://www.slideshare.net/ekothink/les-couches-lavables-15
    C’est pourquoi, je serai très intéressé pour recevoir les éléments de calculs que vous avez réalisé. Cela me permettrait d’avoir une approche encore plus large et complète de la partie économique des couches lavables.

  17. Marie

    Avantage des couches lavables sur les couches jetables que vous ne prenez absolument pas en compte : quand on a plusieurs enfants, on peut réutiliser les couches lavables pour le deuxième, voire le troisième ou plus. J’ai personnellement acheté mes couches lavables d’occasion (elles avaient servi à un enfant déjà) et vais bientôt les utiliser pour le deuxième. Dans ce cas, je pense que l’économie devient indiscutable… Bon, j’ai en plus l’avantage de vivre dans un pays où le séchage est facile toute l’année!
    Ah, aussi, vous n’avez pas envisagé le cas d’une personne qui sèche ses couches au sèche-linge…

    • karmai

      La réutilisation des couches lavables est inclus dans le calcul par le fait que son cout est amorti sur le temps de vie d’une couche lavable. Les résultats affichés inclus ce point essentiel.
      Le cout du sèche linge quand à lui n’est pas inclus par contre. On peut supposer que ce qui est gagné en temps de séchage serait perdu en cout d’achat de la machine et de l’énergie à payer. L’impact environnemental de couches lavables séchés en machine serait aussi plus grand. De toute façon, ce facteur ne me semble pas déterminant et ne bouleverserait a priori pas l’essence de ma conclusion.

  18. Pingback: Le terrible débat entre couche lavable et jetable enfin tranché | Les couches lavables et comment prendre soin de bébé en coton bio | Scoop.it

  19. lilyla

    oh purée, je me mets l’article de côté pour le lire comme il se doit, je sens que je vais apprendre quelque chose ! MERCI à vous,

  20. Étant un couple de 2 parents cadres au salaire dans la moyenne des cadres de notre age, je dois dire que même si la partie machine / étendage / pliage des couches lavables prend un certains temps, il est fait sur du temps inutile.

    C’est à dire : mon fils dans son bain, je sors les couches de la machine, je les entends en étant à côté de lui en le surveillant.

    Et une fois sèche, je les plie devant la tv …

    Donc dans tous les cas, ce temps « utilisé » pour les couches lavables aurait été du temps perdu à lire un livre ou bien surfer sur mon smartphone (pendant le bain de mon fils), ou encore en regardant une nième série TV (pour le pliage).

    Résultat je ne pense pas que ce temps puisse vraiment « couter » ?!!
    >> car même un trader « perd » du temps en loisir

    nb : ne pas oublier le prix de revente possible du stock … Ce n’est jamais à fond perdu (contrairement aux jetables).

    Marie

    nb2 : ‘Alors plutôt que de se demander qui apporte plus pour qu’on le paie plus, payons tout le monde pareil et tout sera plus facile.’ >> J’AIME😉

    • karmai

      Je ne comprend pas comment on peut écrire: « Donc dans tous les cas, ce temps « utilisé » pour les couches lavables aurait été du temps perdu à lire un livre ou bien surfer sur mon smartphone ». Que vous jugiez qu’aucune activité utile ne pourrait être faite à part s’occuper des couches est un point de vue que je respecte, mais il est très atypique. La plupart des gens juge utile de prendre le temps de faire une activité comme lire un livre ou se détendre sur leur smartphone si ils le font.

      Qu’individuellement, vous essayez de faire deux choses en même temps montre d’ailleurs assez bien que cette activité est de telle nature qu’il est intéressant d’essayer de faire autre chose à côté pour « enrichir » ce temps pris.

      Je pense que vous êtes dans la catégorie des parents qui font le choix des couches lavables par conviction. Pas de problème avec ça, mais votre calcul est de nature différente, car vous êtes prêt à prendre du temps pour être cohérent avec vos principes, c’est une manière de valoriser votre temps à s’occuper de vos valeurs et de votre enfant. Le fait que vous ayez un blog pour en parler et le montrer à tous démontre cela également.

      Enfin pour le point de détail, le prix de revente a été pris en compte dans le calcul fourni dans cet article.

      • J’ai répondu sur notre façon de faire chez nous …

        Un bébé « prend » du temps … A ce moment la, autant arrêter de pro-créer non ?

        Car quand je dis « lire un livre » pendant l’heure du bain, je pense à des gens autours de moi qui feuillètent les pubs reçus dans leur boîte aux lettres (grrr … vive le stop pub … grrr) ou autre !

        Le trader en question ou la plupart des cadres passent des heures dans les transports mais ne souhaite pas « perdre » 1h / semaine (temps calculé perso ici pour gérer les couches de mon fils 24h/24h en couche lavables) à s’occuper de cela …

        De même que mes collègues qui me parlent justement de ce fameux temps qu’on y passe et qui ne veulent même pas essayer un aspi-robot (quel temps « perdu » de passer l’aspirateur je leur réponds !!).

        En effet chacun voit midi à sa porte, et ajouter 1h / semaine au cout global pourquoi pas …

        A ce moment la, il faudrait ajouter aussi pour les jetables le temps passé à : les acheter (l’usure du dos à porter les paquets), les ranger dans la chambre, les jeter et vider les poubelles tous les 2j ?!🙂

        Marie

  21. bidouilledebrico

    N’importe quoi …….. !!!!!!!!! Je pense sincérement que vous n’avez pas vraiment essayé les lavables … ou alors pas bien … Je m’explique : un nombre incalculable de gens « gnangnans » dont vous faites certainement partie pensent à tort qu’il faut laver les couches à part (c’est vrai ça, moi je ne met jamais les assiettes ET les plats dans la même machine à laver la vaisselle, on sait jamais … si ça lavait mal …. !!!😉
    Voyez où je veux en venir …??
    Une machine à laver servant normalement, comme son nom l’indique, A LAVER, je ne vois pas pourquoi ne pas mettre TOUT CE QUI EST SALE ensemble.
    C’est ce que je fais et je peux vous assurer que mes jeans ne sentent pas la merdouille aux épinards de mon petit dernier.
    Ce qui fait que ça ne prend pas plus de temps que ça, j’intègre mes 4/5 jours du jour à ma lessive quotidienne (..oui, avec 3 gosses et un mari qui se salit au boulot, je fais de toutes façons une lessive par jour !) et …. TOUT VA BIEN MERCI !!!

    • karmai

      Ne vous énervez pas. Je n’ai jamais écris qu’il fallait séparer les lessives de couches et des autres vêtements. Faire une machine supplémentaire vient juste du volume plus grand de linge à laver lorsqu’on utilise des couches lavables. Rien de plus.

      Quoi qu’il en soit je suis ravi que vous alliez bien. Moi aussi ça va très bien. Bonne journée.

  22. Fouquet

    Bonjour!

    comme votre article est drôle! J’ai une petite fille, un mari qui bosse comme un fou et moi qui ait fait des études et bossé ensuite comme tout le monde. Bref, je suis madame Tout le monde, qui tente juste de comprendre le monde et les personnes qui le façonne. Et je vois que l’argent est un grand outil qui sert à influencer les choix de chacun. Heureusement pour moi que je ne me suis pas mise à faire tous ces calculs qui me sont incompréhensibles (désolées), mes compétences se limitant à mesurer notre qualité de vie et celle de ma fille.

    Mon cher Monsieur (ou Madame?) Karmai, vous savez certainement ce que signifie l’expression « avoir des convictions ». Mon devoir est de commencer par montrer à ma fille qu’il est possible de faire autrement, et que consacrer un peu plus de temps à laver une couche, c’est juste « offrir » et investir mon temps pour son avenir. Oui, je l’investis moins dans mon travail, mon mari aussi. Mais je suis fière de le consacrer à elle, et à tous les enfants que j’aurai (et ceux des autres!).
    Peut-être pourrons nous avoir cette discussions lorsque vous aurez vous même un enfant (désolée pour cette attaque facile…). Mais je crois que c’est bien ce que je suis comme maman qui me permet de dire que je suis fière et j’assume de de « perdre », selon vos calculs, du temps et de l’argent.

    à très bientôt

    Hélène

  23. Fouquet

    Merci! Fort intéressant aussi…même si Mme Badinter (qui est dans un excès parfois de « sexisme » et non de féminisme dans ses écrits) est souvent citée dans ce genre de sujet! Et le féminisme aussi d’ailleurs…ce qui fait bien rire mon mari!

    à bientôt

  24. Bravo pour cette analyse très intéressante. J’ai cité votre point de vu, et votre article dans mon dossier sur le sujet des couches : http://www.monpapaestungeek.fr/2013/dossier-sauvez-la-planete-changez-de-couches/

  25. jeanne

    bonjour a tous les couche lavables c’est de la merde

  26. Bonjour,
    Je ne suis pas économiste, tout cela me dépasse un peu. Je suis juste un peu convaincue par les couches lavables. Mais une seule chose ma taraude : Je ne fais pas mes lessives sur mon temps de travail… De ce fait, je ne comprends pas l’intérêt de mentionner le coût d’opportunité dans ce schéma… Au mieux, je lance ma machine le soir, je l’étends le matin, 2 ou 3 fois dans la semaine, et hop, je pars bosser… Je fais erreur d’analyse?

    • karmai

      L’évaluation faite ici ne prend bien évidemment pas en compte le fait que vous feriez vos lessives sur votre temps de travail. Ce que le « cout d’opportunité » prend en compte c’est la valeur de différentes activités. Cette valeur détermine souvent pourquoi les individus font une chose plutôt qu’une autre. Par exemple, j’adore faire et cuire mon propre pain de temps en temps, mais cela me prend un certain temps, pour la peine je vais la plupart du temps acheter mon pain à la boulangerie. Je ne fais pas mon pain sur mon temps de travail, mais le temps pris pour faire du pain a une valeur. La moindre des choses que je peux constater c’est que le prix de la baguette (1euros10) comparé au temps que je prend pour faire ce pain chez moi (une bonne heure et demi) ne légitime pas, d’un point de vue économique, que je fasse ce pain chez moi.

      Ce dont cet article parle, c’est une manière d’évaluer le temps passé à faire quelque chose quand justement on est pas payé pour. Si vous pensez que votre temps n’a aucune valeur, alors je vous propose de passser chez moi pour faire du ménage et désherber mon potager ^^. Vous ne le ferez pas bien sur car votre temps a de la valeur et vous aurez donc « mieux à faire », c’est à dire, des activités de vie qui vous apporte plus. Pour résumer ici, l’article mentionne que l’activité économique des couches lavables est intéressante à partir d’une certaine valeur économique du temps. De la même façon, si ma baguette coûtait 50 euros, je pense qu’il deviendrait intéressant pour moi de prendre le temps de faire mon pain tous les jours🙂

      • ah merci!!! Je comprend mieux avec cette histoire de pain😉 Pour revenir aux couches, je me demande donc si le fait d’aller acheter des couches, et celui de sortir les poubelles de couches prend moins de temps que de laver les couches. On peut aussi prendre en compte le fait d’aimer étendre ses couches au soleil? ou c’est uniquement sujet d’activités économiquement intéressantes? C’est complexe, non? ^^

      • karmai

        Bien sur, tout les facteurs sont à prendre en compte. Encore plus lorsque chacun analyse son cas personnel. Le calcul proposé ici est général et n’inclus pas de préférence particulière (je n’ai pas inclus le fait que des gens aiment passer du temps dans les supermarchés faire des courses par exemple). L’analyse ne dépend pas d’activités économiquement intéressante, et ce n’est pas son objectif de décider ce que chacun juge économiquement intéressant. Certaines personnes, même à 50 euros la baguette continueront à l’acheter par exemple. Le fond de l’article est d’expliquer que le choix de la couche lavable ou jetable n’est que très marginalement éthique (comme beaucoup de partisan le présente en disant que c’est moins polluant par exemple, plus allergène pour l’enfant, irresponsable, etc). On voit ici que pour beaucoup de gens, le choix de la couche jetable est avant tout pratique, s’économiser du temps à d’autres activités. Le problème n’est donc pas moral, mais pratico-pratique. Cela rend le problème résolvable, contrairement à un problème éthique qui, par définition aura plus de mal à trouver un terrain pour un compromis.

  27. peggy m

    Merci bcp pour vos réponses à mes commentaires, c’est plus clair pour moi, et dieu sait que c’est interessant!! Belle journée à vous

    • karmai

      C’est avec plaisir. J’écris des articles pour, aussi, échanger avec ceux que ça intéresse.
      Bonne journée également.

      • Marie Rose

        Pourquoi ramener tout à une question d’ARGENT !
        Dans quelques années, la qualité de vie aura bien plus de VALEUR que tous ces maudits calculs …
        Les couches lavables sont un bel exemple de vie en non égoïste.
        Marie

  28. Pingback: Couche lavable | Pearltrees

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