Des produits locaux hyper-énergétiques!

Consommer local, c’est éviter les transports et donc un geste écolo. Une évidence pour celui qui se penche sur la question? Pas si sûr…Une étude scientifique montre qu’à production identique, acheter local dans les conditions actuelles c’est une plus grande consommation de pétrole qu’un circuit conventionnel qui va se sourcer parfois à l’autre bout de la planète. Etonnant non?

L’hyper local, un gouffre énergétique

A Montreal, Lufa Farms explore une solution hyper-locale: produire en hydroponique sur les toits des immeubles des fruits et des légumes en suivant le cahier des charges de l’agriculture biologique, c’est à dire en utilisant aucun produit de synthèse.

Muhamad Hage Fondateur de Lufa Farms 

Le concept est séduisant et original. Les toits sont des espaces aménageables en plein coeur des villes. Le propriétaire de l’immeuble réduit ses couts du fait de la location de son toit et des moindres frais de chauffage. L’entreprise Lufa elle, économise l’énergie du transport, distribue des produits délicieusement frais, locaux et issus d’une agriculture raisonnée. Cette production s’étale sur l’année entière du fait d’une production hors sol et sous serre. La maitrise des conditions environnementales pour chaque culture permet l’obtention de rendements qui sont inaccessibles en plein champ.

Lufa Farms – Source:http://514m.tl/news/lufa-farms/

Aussi productive soit-elle cette initiative est un gouffre énergétique. L’hyperlocal ne garantit en rien une utilisation raisonnée des ressources. Notre avenir,  le pétrole rare et cher, impose que seules les productions économes en énergie sont et seront véritablement soutenables.

Produire une kilogramme de tomate en serre, c’est consommer 40 000 Kilo calories (Kcal), alors qu’une culture de plein champ implique un investissement énergétique de 4000 Kcal, soit dix fois moins. Négligeable si le transport représente une charge énergétique plus grande que ces valeurs… Seulement voilà, pour transporter sur 5000 km ce même kilo de tomates il faut consommer environ 2000 Kcal. Ainsi, notre serre hyper productive, « écologique » et hyperlocale consomme environ 7 fois plus d’énergie qu’une culture de plein champ. On aurait donc tord, en voulant faire un geste écolo pour la planète de consommer de tels produits.

La production locale et l’écologie d’échelle

Ce qui est contre intuitif, ce sont les écologie d’échelles. De quoi s’agit-il? C’est une expression qui prend sa source des économies d’échelles, qui est un concept plus connu du grand public, à savoir le fait qu’un objet coutera d’autant moins cher qu’il sera produit en très grand nombre. Ce moindre cout est souvent obtenu par une optimisation de l’utilisation des ressources nécessaires à la production d’un objet. De fait, les productions à grande échelle optimisent regulierement l’utilisation de l’énergie et/ou de ressources rares. On parle alors d’écologie d’échelle.

Un article scientifique a marqué cette prise de conscience. Il a été écrit par Elmar Schlich de l’université Justus Liebig à Giessen. Il démontre notamment que pour transporter un Kg d’une production agricole, la filière courte est plus énergivore. En effet, transporter un Kg de tomate sur 100 km avec une camionnette pour un approvisionnement local consomme 1300 Kcal d’énergie alors que 20000 kilomètres de transport maritime dans un container et 400 km dans un poids-lourd frigorifique pour une filière conventionnelle ne consommera que 260 Kcal pour la même quantité transportée, soit cinq fois moins!  Ce résultat va sérieusement à l’encontre de la mythologie écolo qui veut que consommer local, veut dire moins énergivore. C’est à ce titre que les locavores, des consommateurs qui s’engagent à ne manger que des produits provenant autour de chez eux, peuvent en réalité consommer plus d’énergie qu’une personne qui ne cherche même pas à avoir un comportement écologique, ceci du simple fait que les filières locales réalisent la plupart du temps de moindres écologies d’échelles.

« Achetons local et Continuons la croissance de notre économie »

On peut vouloir consommer local par régionalisme (des emplois sur mon territoire) ou pour s’assurer d’une meilleure fraicheur des produits, mais en aucun cas il ne semble que cela soit plus soutenable énergétiquement à l’heure actuelle, sauf à distribuer les produits locaux en utilisant les mêmes écologies d’échelle que le transport conventionnel. Au final, c’est bien plus le mode de production que sa provenance qui doit être analysé pour celui qui souhaite faire un geste pour la planète à travers son alimentation. Il semble à ce titre, d’après une des études énergétiques réalisée par Martin Entz de l’Université de Manitoba au Canada, que l’agriculture biologique fasse une notable différence du fait que les fertilisants chimiques de synthèses, 50% de la facture énergétique d’une exploitation conventionnelle, ne peuvent plus être employés.

Amis locavores, à vous les bons kiwis bio d’Italie!

30 Commentaires

Classé dans Agriculture, Alimentation, Economie, Urbanisme

30 réponses à “Des produits locaux hyper-énergétiques!

  1. Passionnant, mais je reste sceptique.

    Par exemple, est-ce qu’une telle étude prend en compte le déplacement du consommateur jusqu’au supermarché de banlieue pour s’approvisionner en denrées produites avec des économies d’échelles, ou bien celui-ci est-il laissé de côté et donc externalisé de ce coût énergétique ?
    Est-ce que les trajets journaliers des salariés de tout le circuit de production, de transformation et de distribution de ces mêmes produits sont comptés dans le calcul, et ainsi est-ce qu’ils sont comparés avec les escaliers que n’ont qu’à monter les producteurs travaillant dans ces serres urbaines s’ils habitent dans le même immeuble ? Sans doute que non également.
    Et tous les consommateurs qui se fournissent dans ces serres urbaines en s’y rendant en vélo, à pied ou en transports en commun ?
    Et …

    De plus, le concept de Lufa Farms est très particulier, et je ne suis pas certain qu’il soit moins énergivore qu’une immense ferme hydroponique de campagne qui profite d’économies d’échelles. Et il y en a ! Il convient de comparer ce qui est comparable.

    Bref, permets-moi de douter de l’objectivité de ce genre d’études…

    • karmai

      L’étude ne prend pas en compte la consommation d’énergie du consommateur puisque c’est l’énergie de production qui compte lorsqu’on achète un produit puisque l’énergie qu’on utilise en tant que consommateur on la paye.
      L’étude de schlich ne se pose pas la question des serres urbaines puisqu’il réfléchit à condition de production égales. Il dt juste que le transport est moins écologiquement efficace dans les circuits courts parce que ça implique en général de plus petites quantités. Ce que dit cet article c’est qu’il faut se méfier d’une équation qui dirait local=économie d’énergie.

      • En tous cas, c’est certain que ça ne sert à rien d’aller en bagnole jusqu’à l’hyper-marché régional pour finalement y acheter de la production locale ^^.

      • Bison D.

        Il faut produire dans une cohérence écologique, déjà l’hydroponique c’est pas écolo d’emblée. Créer des micro-climats sur les toits, des écosystèmes qui s’autorégulent, utiliser les ressources, énergies renouvelables…. en gros faire de la permaculture urbaine.
        Changer nos habitudes de consommateurs compulsifs aussi.
        Au lieu de faire que la moitié du chemin et de dire « vous voyez ça marche pas » il faut faire tout le chemin et être cohérent du début à la fin de la chaîne de production.
        C’est un bon article qui montre bien (peut-être à ses dépends) que changer juste superficiellement ne suffit pas, il faut tout repenser et optimiser chaque maillon de la chaîne.

  2. Clem

    Je me pose d’autres questions… L’étude prend-elle en compte le coût énergétique de fabrication des paquebots (exemple de transport maritime) et leur recyclage? les risques de pollutions maritimes (ne fut-ce que les dégazages en haute mer) ou le taux d’aliments qui se gâtent lors des transports? Mais ce qui m’interroge le plus, c’est que les cultures à grande échelle ne sont viables justement que par la quantité d’énergie qu’on y met (fertilisants, pesticides, coût des machines agricoles), elles dégradent les sols, etc (tout ce qu’on connaît déjà).
    Bref, je suis très sceptique. D’autre part, 130km (exemple donné dans l’article) c’est déjà pas juste à côté pour une production vraiment locale. Perso, le maraîcher qui me vend ses fruits et légumes au marché a sa ferme à environ 25km de chez moi.
    Cet article reste intéressant parce que oui, il faut se méfier des raccourcis et des mythes, mais il me semble quand même tiré par les cheveux.

    • karmai

      Le cout énergétique de construction des moyens de transports n’est effectivement pas pris en compte. Je n’ai aucune idée de ce que ça peut représenter en chiffres précis. A mon avis, étant donné que ces moyens de transports effectuent un très grand nombre de voyages, le cout énergétique de construction par voyage est comparativement négligeable par rapport à la consommation d’énergie pour le déplacement de la marchandise. Sans chiffre pour le confirmer ça ne reste qu’une hypothèse à valider ou à infirmer.

      C’est vrai que 130 km peut ne pas être considéré comme local. Je crois de mon point de vue qu’à l’heure de la mondialisation, une marchandise qui ne parcours que 130 km reste locale. L’État français stipule qu’un circuit court ça doit être maximum 90 km entre le lieu de production et de consommation. Comme de nombreuses limites elles restent subjectives. Quand au cout énergétique, il est bien sur plus faible quand on raccourci cette distance. Par rapport à l’exemple de Schlich, si on divise la distance par 5 pour le producteur local (ce qui est ton cas) alors les deux filières sont identiquement énergivores (tu es sauvée😉 ). Tout le monde n’a probablement pas la chance de pouvoir être fourni aussi près de chez soi.

      • Clem

        Bien sûr, c’est une chance! pourtant, j’habite à Lyon qui n’est pas un bled paumé genre Marly Gaumont.
        Mais la véritable chance, serait de cultiver soi-même ses légumes, comme le prône Fukuoka… par contre, là, habiter Lyon n’est pas top, à moins d’avoir (chance, que je n’ai pas) accès à un jardin ouvrier, ou son propre jardin.

      • Jardin Créole

        La charte des AMAP, quand à elle préconise un maximum de 70 km !
        C’est aussi une autre vision, c’est chercher à donner corps à de petites unités de productions pour des circuits courts par la vente directe.
        Par ce biais, il n’est plus envisagé de faire x km pour aller à la superette et du même coup les coûts de production ne sont plus du tout comparables, les clients en vente directe se servent eux-mêmes, ils participent souvent à la récolte, il n’y a plus de perte puisque la récolte se fait en fonction de la demande, pas de chambre froide, les légumes sont conservés sur pied.
        J’avoue ne pas bien comprendre cette démarche productiviste de cultures hors-sol. J’ai moi même été un pro de l’hydroponie et en dehors de l’aspect purement financier, il est évident qu’il est hors de question de produire une nourriture saine et riche dans un milieu stérile !
        Hors que recherche-t-on en parlant de relocaliser les productions ?
        Il ne s’agit pas de créer de la main d’œuvre mais bien de garantir un service de qualité de vie, de santé et surtout que personne ne dise qu’il est possible de faire du « Bio » ( Naturel, Organique… ) en hors-sol, ce serait un grossier mensonge et une grosse manipulation.
        Donc, de mon point de vue, la question ne se pose même pas, pour produire localement, il est nécessaire d’en passer par des techniques traditionnelles ne faisant pas appel aux technologies et encore moins aux produits fossiles ( engrais ) ou ressources épuisables et non renouvelables ( guano, tourbe, plastiques… )
        Ah, oui, les plastiques justement !
        Certains « croyants » en le mythe du progrès se targuent d’avoir couvert leurs serres avec du plastique issu de l’amidon de maïs, photo-dégradable et tout, et tout.
        Ce maïs est transgénique et industriel, il nécessite des quantités d’eau astronomiques pour sa croissance, est exporté vers les États-Unis où il est transformé en tourteaux pour les bovins et dont une partie nous revient sous forme de plastique que l’on se plait à dire « écolo ».
        Il n’y a pas de sortie pour les productions hors-sol, il n’y a pas d’issue avec les productions intensives !
        Pour référence, l’INRA a « pondu » une étude de plusieurs centaines de pages en Août 2009 : Agriculture et biodiversité.
        Formidable, assez rare pour le dire !
        Et il est étudié l’efficience comparée des productions artisanales et industrielles en termes de t/ha.
        Il ressort qu’en tous points du monde, les cultures traditionnelles produisent à minima 2 à 3 fois plus que l’intensif, record accordé à la Turquie pour qui c’est 7 fois !!!
        Ce qui, je crois, clôt le débat, la production locale permet de pratiquer des prix raisonnables sur lesquels la marge sera de 2 à 4 fois plus élevée, ce qui permet de se rattraper sur le coût élevé de la MO.
        Pour comparaison, une ferme cubaine collective produit en permaculture de quoi nourrir toute l’année en fruits et légumes 350 familles sur 1 ha !
        Si mes souvenirs sont bons, ils sont une quarantaine à y travailler, alors justement pour la création de MO…
        Bises à tout le monde.

  3. Damien

    Et si la distribution se fait en véhicule éléctrique ( pas nucléaire), le local devient im-ba-table!

    • karmai

      Que ce soit en voiture électrique ou pas, il y a utilisation d’énergie. Ça ne change donc pas grand chose de ce point de vue la.

      • Clem

        Je ne suis pas d’accord, à mon avis, c’est différent si le véhicule est électrique (énergie renouvelable, par exemple électricité d’une micro-éolienne) ou si le mode de transport est mécanique (par exemple, vélo triporteur ; charrette à cheval – en espérant pour lui que l’animal n’est pas surexploité et ne finira pas à l’abattoir).
        Ma grand-mère vendait des légumes sur les marchés, elle les transportait en… charrette à bras. Une autre époque, certes.

  4. Rahane

    ce sujet est passionnant en ce qu’il soulève le capot des idées logicotoutefaitesévidentes.la réflexion sur le cout réel des productions et la question des couts d’échelles est un sujet hautement politique plus encore qu’économique puisqu’il justifie pour beaucoup les choix de délocalisation pour y additionner non seulement le moindre cout des productions à grande échelle et haut niveau d’organisation que celui des bas salaires et des faibles niveaux de retour sur l’emploi et le niveau de prestation sociale des travailleurs utilisés pour ces productions à grande échelle ou le travail humain entre aussi comme un facteur calculé comme un cout au même titre que le choix de tel ou tel engrais.

    plus généralement la question de la relocalisation des productions me parait répondre quelque soit le niveau d’analyse et de justification de cout d’échelle à la nécessité d’anticiper la question de la raréfaction du pétrole qui est à la base de l’organisation actuelle. Car l’analyse de la gestion en terme de cout d’échelle ne raisonne que dans le cadre des couts en temps réel et n’inclu en rien le cout anticipé du changement de structure lié à la raréfaction des ressources et surtout de l’énergie au premier chef et le cout de l’existence même de ce type de calcul économique qui se fait justement comme le nom l’indique sur une autre échelle de raisonnement.
    Tout système de production devrait inclure le cout de sa désintégration ou de sa transformation à court terme pour se faire plus intelligible.
    L’exemple type est celui du cout de l’énergie électrique de type nucléaire produit au plus près des utilisateurs dont on pourrait considérer les avantages à éviter la déperdition au transport mais qui n’inclu pas le cout de démantèlement des usines ni du retraitement à long terme des déchets.
    Si on intégrait dans chaque kilo de tomate le cout futur de la recherche de solution de transport ( en km , efficience de distribution qui garantit sa fraicheur, le choix d’espèces apte à supporter le transport etc e tle cout de la disparition du pétrole et son incidence sur le prix des engrais et du transport ) alors le prix indiqué serait curieusement différent du prix étiqueté qui occulte aussi le différentiel d’impot payé sur place notamment en charge sociales et surtout la réalité des conséquences non assumées de destruction des organisations colatérales qu’implique la lutte d’un système contre un autre
    La question des économies d’échelle dépasse la logique de l’objet pour se penser en économie d’échelle de système contre un autre système visant à masquer par des images pseudologique le fait de dévorer ce qui peut l’être d’un autre système pour produire non pas de la tomate mais un PRIX de vente de la tomate sur un marché.
    La logique de l’organisation de l’économie sur la base du raisonnement de différentiel d’échelles ne s’occupe plus ni du prix payé , ni du consommateur, ni de la qualité mais uniquement du PROFIT REALISABLE en terme d’effacement des couts réels pour un calcul purement financier détaché de toute responsabilité à assumer les conséquences à court ou long terme de la production/distribution comme moyen de générer du profit et non de rendre cohérent une économie sur un plan écologique, ergonomique, durable.

    il est abérant pour la fraicheur de la tomate en tant qu’aliment de faire 30000km en camion frigorifique d’autant que nos organismes ne sont pas programmés pour manger des tomates par une température de -5° et que dans notre non prise en compte du cout pour notre santé de manger des aliments à contre tempo des saisons nous ne cherchons que le profit immédiat de notre gourmandise et l’obéissance à des concepts sd’alimentation faussé par les diktats publicitaires du marché sans nous soucier du cout pour notre santé de nos actes.

    • Bravo !
      Si cette étude prend effectivement en compte les avantages des économies d’échelles sur la consommation énergétique, elle n’y oppose pas les inconvénients du dumping social et environnemental, et autres externalisations de coûts, ni celui de la baisse de qualité, encore moins les avantages des anticipations et donc de l’innovation, dont les résultats ne peuvent de toutes façons être observés qu’à postériori.

  5. Rahane

    nous devons CESSER DE CROIRE qu’il est bon, « parce que le prix est abordable ou le cout optimisé », de consommer en grosse quantité des aliments venus de l’autre coté de la terre.
    il est temps de refonder une économie viable à beaucoup plus long terme dont l’objet serait non pas le cout, mais le vivant
    nous reconsidérer comme vivant nous-même, plutot que de raisonner en consommateur-objet asservi au système de pensée qui nous dévore de l’intérieur nous faisant nous prendre sans nous en rendre compte pour un objet et un cout dna sle raisonnement d’échelle

    • Moins d’accord sur l’opposition coût et vivant, puisqu’en théorie la qualité peut également tout à fait être chiffrée, et donc intégrée dans les comparaisons de coûts (par exemple en terme de santé à long-terme des personnes qui se nourrissent de produits sains, de la santé des producteurs qui utilisent des produits chimiques ou pas, et des répercussions à long terme sur les coûts de santé, etc.).

  6. Mode permaculteur ON: de toute façon la seule méthode de calcul énergétique valable c’est la méthode EMERGY🙂

  7. Ceci amène à réfléchir sérieusement aux modes de distribution des circuits courts, AMAP en tête : si tout le monde prend sa voiture pour aller aux distributions de paniers (puis reprend sa voiture pour aller à la biocoop parce qu’il manque le beurre), on a tout perdu.
    En revanche si les paniers sont distribués à la sortie des écoles, ou bien sur les trajets travail-domicile des gens qui prennent leur voiture de toute façon, là on commence à être sur des schémas intéressants.

    Concernant la culture sous serre : dès lors que la serre est chauffée, le bilan énergétique est rédhibitoire. En revanche, une serre-tunnel sous plastique permet sous nos latitude de continuer à avoir quelques légumes l’hiver. Le coût énergétique du plastique est le même que celui du diesel à poids égal. Donc pour 10 kg de polyéthylène de ma serre et qui dure 5 ans, il n’y a pas photo (surtout qu’on peut se chauffer avec après).

    Je pense que ça milite pour essayer de faire pousser en ultra-local (=sous serre non chauffée et à portée de pieds) les produits périssables et généralement lourds en eau, et à faire venir par bateau et par rail les produits secs qui ne poussent pas bien chez nous (l’huile d’olive, les pois chiches, le blé dur, etc.). Et à se passer des produits périssables qui ne poussent pas bien chez nous (ananas avion..)

    Ça milite aussi pour faire renaître les marchés de producteurs afin que les consommateurs ne multiplient pas les trajets entre leurs différents points logistiques d’approvisionnement.

  8. José

    On discute souvent chez les écolos des moyens de réduire sa consommation de 10, 20 voire 30%. Je constate en même temps, et vous le vérifierez facilement, que, hormis chez les décroissants, les couples écolos ont souvent 3 (environ +50% par rapport au taux soutenable de renouvellement des générations), 4 (+100%), et même 5 enfants (+150%). Effet rebond chez des individus qui se donnent bonne conscience en consommant bio? Où est la cohérence?

    • Vérification faite pour moi, ceux que je connais en ont plutôt un ou deux, rarement 3 et jamais plus. Mais beaucoup n’en ont pas du tout également, ce qui équilibre largement avec les rares qui en ont 3.

    • karmai

      Je ne suis pas sur que les écolos aient plus d’enfants que la moyenne. Le bagage social, culturel et économique de l’écolo moyen, plutôt élevée, tendrait à me prouver l’opposé. De toute façon, à l’échelle d’une nation comme la France, la transition démographique est faite et ce n’est pas quelques écolos pris de priapisme qui pourraient modifier quoi que ce soit à ce fait structurel.
      Pour aller plus loin du malthusianisme de base chez les écolos: https://jardinons.wordpress.com/category/demographie-2/

  9. Rahane

    je ne pense pas que le problème de la démographie galopante se pose en France même avec notre taux record de natalité / à l’UE nous ne faisons que progresser légèrement
    le réel problème d’une démographie galopante se pose dans certains pays déjà très peuplé , à la population très jeune et dont si on ne fait rien pour les aider plus vite à maitriser la situation on s’attend encore à un doublement de population alors qu’il n’y a pas assez de ressource alimentaire selon le mode de production dès aujourd’hui
    ex: nigéria éthiopie soudant indonésie algérie égypte.
    dans la maitrise de la démographie il n’y a pas que la maitrise du nombre mais aussi la maitrise de la répartition selon les tranches d’âges qui compte pour aboutir à une situation d’autogérée et en équilibre sur un plan écologique et de développement sociétal.

  10. Kcenia

    Ce qui me dérange dans les chiffres lus, c’est l’impression que les récoltes faites à l’autre bout du monde sont balancées direct dans le bateau. Dans bien des cas, il doit y avoir un transport en tracteur/camion qui vient s’ajouter au trajet sur mer, du champ au bateau puis du bateau au magasin. Je ne remets absolument pas la conclusion en cause, bien sûr qu’on peut faire n’imp en local et pas si pire que ça à distance. Mais bon je trouve le calcul un peu simpliste pour le coup.

    • karmai

      Oui, je suis d’accord. Le calcul est simpliste car la démarche est scientifique dans le sens « on isole un seul facteur », en l’occurence ici l’énergie. Or, ce qui fait la complexité du bouzin, c’est l’extrême variabilité des situations. On voit bien aussi dans les commentaires à quel point on a envie de pondérer cette conclusion (certes exact mais c’est un peu court) par d’autres phénomène. Toutefois, comme le rappel la conclusion, il faut aussi savoir aller à l’essentiel et comprendre que c’est avant toute chose le mode de production qui est déterminant sur plein d’aspects.

  11. Pingback: L’architecte eco-tartuffe : Augustin Rosenstiehl | Jardinons la planète

  12. flyingdust

    Intéressant! Mais je reste sceptique la dessus, en rajoutant un certain nombre d’éléments qui sont délicats/ne sont pas pris en compte dans ton calcul. Je reprends la comparaison entre la ferme urbaine de Montréal et la production d’une ferme à 5000 km.
    la ferme urbaine:1) ultraproximité des consommateurs (imaginons les venir à pied dans la majeure partie des cas, voir habitant tous l’immeuble= grosse économie d’énergie)
    2) pas besoin de conditionnement pour le transport= économie d’énergie et moins de pollution.
    3)Pas besoin d’infrastructures de transports= économie d’énergie.
    4)source de revenus locaux, tissage de lien social,…(ce qui me semble dans l’absolu plus important que l’économie d’énergie)
    5) moins de gaspillage, moins de dégradation dans les transports des aliments, et plus grande possibilité de variétés (moins résistantes au transport, mais plus savoureuses par exemple).

    • karmai

      Oui, les différentes évaluations mobilisées ne prétendent pas épuiser le thème sinon l’éclairer sous un jour différent.

      L’argument principal de l’ultra-local est bien évidemment l’économie de transport des consommateurs. Mais comme Kristen le dit plus haut, il en faut pas avoir besoin d’aller à une biocoop pour le beurre sinon ce gain est éliminé. Ce point n’est pas oublié de l’étude, puisque l’auteur ne s’intéresse qu’à la filière de production, et pas comment le consommateur y accède. C’est une étude qui peut s’y rajouter, mais ce n’est pas l’objet ici.

      Les points 2 et 3 m’apparaissent assez marginal. Quand à l’élément 4, il peut avoir son importance, mais pour l’instant le lien social est quelque chose de très difficile à évaluer. Cela me semble un autre sujet que celui de l’énergie qui est présenté ici.

      Quand au dernier point, ca me semble un gros atout effectivement. La fraîcheur des produit et le peu de transport permet de penser cultiver des variétés non standardisées pour les filières longues. Etant plus mûrs, ils sont surement bien meilleurs.

  13. flyingdust

    6) une serre, toiture végétale, bacs de culture placés sur un toît plat vont augmenter l’isolation thermique, allonger la durée de vie du roofing en le protégeant des amplitudes thermiques, oxydation solaire, …Une partie des pertes de chaleur vont être captées par la serre=économie d’énergie
    7) Etre au plus près du processus de production, va donner envie aux gens de lancer des zones de compostages, récupérer l’eau de pluie,… car tout d’un coup le recyclage trouve sens: le compost mur devient nécessaire pour fertiliser les bacs de culture (bon dans ton cas, c’est hydroponique, d’accord :-)), l’eau de pluie idem,… Quand on rentre dans cet engrenage diaboliquement vertueux du recyclage organique, on ne sait plus en sortir! =économie d’énergie car plus d’évacuation de ce type de déchets)
    8) Un immeuble est potentiellement une très grande source de matières organiques (déchets de cuisine, selles, urine,…), Rien qu’en ne prenant uniquement que les déchets de cuisine d’un immeuble, on a largement de quoi entretenir la fertilité des bacs de culture de ce même immeuble= économie d’énergie car éléments fertilisants de provenance ultra locale également.
    9)

    Tu as raison, pour rester uniquement dans le point de vue énergétique, je dois enlever le point quatre et transformer le point 5 (des produits qui arrivent à meilleure maturité seront plus nutritifs, donc meilleure rendement énergétique pour le corps humain, ça compte un peu quand même :-)). Et bien ça fait donc 7 points, qui additionnés au calcul que tu as fait me font penser que le bilan final de consommation d’énergie seule, ne soit pas tellement en défaveur de la microferme lambda de toit d’immeuble. Et alors lorsqu’on ajoute tous les autres points de vues (verdification des villes , renforcement du tissus social, création d’emploi (évidemment subventionnés, faut pas réver une autonomie économique en cultivant un toît d’immeuble), valorisation d’espaces non utilisés, le bilan global (écologique ou plus large encore) m’apparaît nettement en faveur de la filière courte (dans ses limites très marquées à produire en suffisance évidemment, les espaces urbains pour produire étant très restreints).

    • karmai

      Tes points sont hypothétiques. il faudrait les évaluer pour pouvoir juger ou non si ils sont déterminants. Sinon, je peux aussi te trouver une liste de dix éléments négatifs à rajouter en défaveur🙂

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