Le grand malentendu du libéralisme


Pour beaucoup, réfléchir à une alternative passe par la critique du système libéral, source supposée de tous les maux. Contre la doxa de gauche et 
de droite assénée avec force par les anti-libéraux, la réalité est que nous ne vivons pas dans un système libéral. La critique anti-libérale est alors vouée à la stérilité en manquant la source réelle du problème, la collusion des oligarchies économiques et politiques au sein des États et des multinationales…ce que critiquent justement les libéraux!


Lorsqu’on veut pouvoir s’exprimer sur le monde actuel de manière correcte, on doit avant toute chose regarder avec lucidité les problèmes tels qu’ils sont et non pas tels que certains ont intérêt à nous les montrer. Il existe sur ce point une grave erreur en France. Pour de nombreux gauchistes et droitards, la crise actuelle serait la cause du libéralisme ou parfois appelé aussi « néo-libéralisme », voir « ultra-liberalisme » (tout le monde se répand en préfixes absurdes ces temps-ci). La fracture entre « vraie » gauche ou droite et « fausse » gauche ou droite serait alors entre ceux qui seraient des vendus au libéralisme (comme le PS ou l’UMP par exemple) et ceux qui seraient anti-libéraux, donc des vrais gens de gauche ou de droite qui n’exploiteraient donc jamais ni la veuve, ni l’orphelin. Penser ainsi est une grave erreur qui s’illustre par le fait que les penseurs libéraux ne pensent pas du tout vivre dans un monde où s’épanouit leur idéal.

 

Pour les anti-libéraux, il existerait un mouvement global vers le libéralisme de la société française, elle-même contenue dans un monde globalisé qui pousserait violemment dans la direction d’une réduction systématique de l’État et des protections, de l’affaiblissement des règles sur le code du travail et des règles commerciales, notamment par l’abandon des protection aux frontières. Pour ces penseurs, les politiques d’austérité demandées par le FMI aux pays endettés en seraient le reflet et l’union européenne le centre bureaucratique du libéralisme (on est pas à une contradiction près…). Ajouté à cela, un penseur comme Friedrich Hayek est vu comme le théoricien de telles politiques…C’est de la désinformation pure et simple, lui-même écrivait dans un de ses ouvrages majeurs:

« Interdire l’usage de substances toxiques, ou exiger des précautions spéciales pour leur utilisation, limiter les heures de travail ou prescrire certaines installations sanitaires, voilà qui est pleinement compatible avec la préservation de la concurrence.(…) La préservation de la concurrence n’est pas davantage incompatible avec un vaste système de service sociaux – tant que l’organisation de ces services n’est pas conçue pour rendre la concurrence inopérante. »

F.A Hayek – La route de la servitude – 1946

En réalité, cet article veut démontrer que c’est par méconnaissance de ce que contient en substance le projet libéral que les analyses faites contre le système actuel sont souvent truffées d’imprécisions et d’erreurs de logique scandaleuses mélangées avec quelques analyses pertinentes qui décrédibilisent toute analyse critique. Un peu comme si Galilée avait dit :

« La terre tourne autour du soleil et elle est portée par une tortue géante qui flotte dans l’univers ».

« Le projet libéral promeut un individu égoïste et une société atomisée »

Voilà un exemple de critique du libéralisme faite à gauche. Le libéralisme, en mettant la liberté des individus au centre d’un projet de société, briserait les solidarités existantes et pousserait les individus dans un autisme inquiétant. L’individualisme libéral serait alors coupable de tous les maux, allant de la consommation en excès de psychotropes (drogues et médicaments) aux comportements prédateurs de quelques parvenus économiques et/ou politiques.

Pulp Libéralisme – Daniel Tourre – 2012

En réalité, les gens de gauche sont souvent les premiers sur la question de la liberté individuelle. Car c’est en la mettant au centre des préoccupations de nombreux partis et mouvements de gauche que bon nombre d’acquis sociaux et d’améliorations notables de la vie collective ont été possibles. Le fait que chaque homme et femme doit avoir les mêmes droits devant la loi, qu’aucun individu ne devrait être discriminé par sa couleur de peau ou son orientation sexuelle, ou son genre, etc. Les mouvements féministes, anti-racistes, antifa ou pour les droits des homosexuels ont tous en leur cœur la liberté individuelle, qui consiste à vivre comme on le souhaite tant qu’on n’empiète pas sur la liberté d’autrui.

Ainsi l’egoïste c’est celui qui ne pense pas à moi, et fort de cet adage certains en viennent à regretter le temps ou beaucoup plus d’individus se soumettaient à des logiques qui leur étaient étrangères. Devons-nous regretter l’époque où beaucoup de femmes devaient s’en remettre de manière systématique à une autorité masculine? Devons-nous regretter l’époque où pour une illusoire patrie, on demandait à des hommes par millions d’aller aérer leurs tripes à l’est du pays?

Il est vrai que la pensée libérale prend acte de l’intérêt individuel avant toute chose. Mais en aucun cas le penseur libéral en viendrait à mettre sur un même pied d’égalité différents intérêts. Si l’homme peut décider d’être un imbécile, libre à lui en effet, mais il ne doit pas attendre d’être particulièrement valorisé pour cela.

Libéral économique et libéral social

Beaucoup de gens ont également tendance à opposer deux formes de libéralisme. Il existerait un libéralisme de gauche (les questions sociales et sociétales mentionnées ci-dessus) et un libéralisme de droite (focalisé sur les questions d’ordre et d’économie dérégulée). Cette distinction permettraient alors de séparer le bon grain de l’ivraie, les premiers au secours des oppressions de toutes sortes, et aux seconds la mise en place implacable d’un système d’exploitation systématique de l’homme par l’homme à l’échelle de la planète. Ainsi, l’alternance politique est alors vu comme une phase « à droite » de précarisation tous azimuts, corrigée tant bien que mal par une phase « à gauche » venant raccommoder tant bien que mal les dommages d’un système libéral destructeur des valeurs humaines. Le philosophe Jean-Claude Michéa a démontré qu’il existe en réalité une très grande cohérence du projet libéral qui englobe à la fois le fait social et le fait économique.

« Je soutiens, en effet, que le mouvement historique qui transforme en profondeur les sociétés modernes doit être fondamentalement compris comme l’accomplissement logique (ou la vérité) du projet philosophique libéral, tel qu’il s’est progressivement défini depuis le XVIIe siècle, et, tout particulièrement, depuis la philosophie des Lumières. Cela revient à dire que le monde sans âme du capitalisme contemporain constitue la seule forme historique sous laquelle cette doctrine libérale originelle pouvait se réaliser dans les faits. Il est, en d’autres termes, le libéralisme réellement existant. Et cela, nous le verrons, aussi bien dans sa version économiste (qui a, traditionnellement, la préférence de la «droite») que dans sa version culturelle et politique (dont la défense est devenue la spécialité de la «gauche» contemporaine et, surtout, de l’«extrême gauche», cette pointe la plus remuante du Spectacle moderne »

Ce penseur élabore toutefois une approche contre laquelle je me porte en faux. Pour lui, nous serions en train de vivre l’approfondissement de ce projet libéral, pour moi nous nous en écartons en réalité chaque jour davantage. Pour lui, comme pour d’autres, la crise serait l’aboutissement de 30 ans de mises en garde sur les dérives du système libéral. Je dis de mon coté que cette crise est une étape logique d’un système particulier, que je vais m’attacher à décrire dans cet article, et qui n’a pas grand chose de libéral dans son développement

Qu’est-ce que le libéralisme alors?

Jamais un courant philosophique ne semble avoir été aussi confusément compris. Pourtant, les idées développées par ce courant de pensée sont phénoménales. Si on peut, comme Michea, proposer une généalogie très intéressante de la civilisation libérale, ici nous nous intéresserons surtout à ses caractéristiques essentielles, c’est à dire ce qui fait le fondement des penseurs libéraux. Bref, ce qui fait la substantifique moelle du libéralisme c’est la liberté individuelle. C’est à dire que l’individu devrait être en quelque sorte l’ultime maître de lui-même. En cela, la pensée libérale se portera la plupart du temps radicalement contre tout phénomène qui viendrait empiéter sur la liberté individuelle sans son consentement. C’est sur cette base fondamentale, par exemple, que les droits de l’homme et du citoyen de 1789 correspondent à une entreprise libérale dans le sens où il est reconnu à l’individu un certain nombre de droits naturels et inaliénables pour que cet Homme puisse être libre.

Article premier.

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

I I.Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

A ce niveau, les États-Unis sont plus cohérents dans le sens ou le mot « liberal » est utilisé pour les individus qui refusent les injonction aliénantes de toutes sortes et est même régulièrement une insulte contre les progressistes. A contrario, en France le qualificatif  « libéral » est quand à lui clairement dirigé vers la droite et assez étrangement associé à des forces conservatrices du capital et de l’establishment économique, ainsi qu’un notable interventionnisme d’État. Cette utilisation schizophrénique du mot « libéral » entre ces pays séparés par l’Atlantique est un reflet de cette unité philosophique du libéralisme non assumée.

De cette liberté individuelle fondamentale et naturelle nait dans la plupart des penseurs libéraux une vision organique du monde. Religions, États, monopoles économiques et autres systèmes de contrôle et d’embrigadement reçoivent des critiques acerbes des penseurs libéraux dans le sens où ils aliènent massivement les individus d’eux-mêmes. La laïcité par exemple, valeur très importante en France, est très clairement d’inspiration libérale dans le sens où elle cherche à introduire la liberté de culte et le repli de la religion dans la sphère privée. Les individus de différentes confessions où sans religions sont alors supposément capables de vivre ensemble sans essayer de convertir ou d’agresser son voisin pour ses croyances spirituelles. En conséquence du primat de la liberté individuelle, la plupart des penseurs libéraux veulent laisser le plus de place possible à cet individu pour qu’il déploie ses intérêts et ses talents. C’est à ce titre que l’intervention de l’État est foncièrement problématique car il dirige autoritairement la vie des individus qui sont quasiment forcés à participer à l’État et à mourir pour lui parfois s’il le faut.

En matière économique, la pensée libérale laisse la part belle à l’initiative individuelle pour optimiser le marché. Le protectionnisme au frontières, la régulation des prix, la bureaucratie Étatique lénifiante et l’existence de monopoles sont massivement condamnés en ce qu’ils favorisent un état sous-optimal de l’économie mondiale. L’anecdote la plus célèbre pour illustrer ce point est le texte de Frederic Bastiat qui ironise sur un syndicat de vendeurs de bougies et d’autres luminaires qui vient demander l’aide de l’État sous forme d’une loi pour lutter contre une concurrence qu’il juge déloyale…le Soleil qui fournit gratuitement de la lumière et qui ruine leur activité.

« Nous demandons qu’il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasistas, œils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d’avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd’hui à une lutte si inégale. »

Frédéric Bastiat – 1863Pétition des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs, et des producteurs de suif, huile, résine, alcool, et généralement de tout ce qui concerne l’éclairage – 

En quoi nous ne vivons pas du tout dans un monde libéral ?

Sur ces quelques bases philosophiques, nous allons voir comment nous ne vivons à peu près pas dans un monde libéral. Tout d’abord, il y a la place de l’Etat. Celui-ci régit encore énormément la vie des gens. Il convient tout de suite de dire que plus de la moitié des richesses produites par les individus et les entreprises sont prélevées par l’État sous forme de taxes. La supposée « destruction de l’État » est un véritable mythe puisqu’il n’a jamais eu autant de pouvoir sur nos vies. Déjà son budget n’a pas diminué dans ses dernières années, mais en plus ses recettes sont diminuées, ce qui a créé la crise bien connue de la dette d’aujourd’hui.

Budget de l’Etat Francais – Source Minefi

Additionné à cet État qui légifère massivement nos vies et où le sentiment de contrôle de l’État par les citoyens (supposément souverains) est extrêmement faible, celui-ci intervient de manière importante dans l’économie en subventionnant des entreprises, en renflouant massivement des banques, etc. Au niveau Européen, cela prend des allures pharaoniques puisque sur les 142 milliards d’Euros de budget en 2011, environ un tiers de celui-ci va très directement intervenir en subventions et en contrôle des prix agricoles pour toute la zone euro. La situation ubuesque de l’agriculture européenne est très clairement le résultat de plusieurs décennies d’une telle politique. Ce genre d’approche économique fait presque l’unanimité de la critique puisque d’un point de vue « de libéral de droite » ces subventions augmentent le prix des denrées agricoles en Europe et pénalisent le pouvoir d’achat au bénéfice de quelques producteurs et que du point de vue du « libéral de gauche » ces subventions détruisent la petite paysannerie du sud qui même compétitive se retrouve sur la paille. Ainsi, ces institutions bureaucratiques, souvent taxées de libérales, sont en réalité tout l’inverse.

Golconde – Magritte – 1953

Encore pire, est la dérive oligopolistique, voir monopolistique des marchés. En effet, de nombreux marchés sont aujourd’hui tenus par des oligopoles (un tout petit nombre d’agents économiques maitrisent l’offre et/ou la demande) ou des monopoles (un agent économique contrôle l’offre et/ou la demande). Il a largement été démontré en quoi l’organisation d’un marché sur une telle base est très massivement sous-optimal car il développe la création de rentes de situation injustifiées. Tout récemment, on pourra noter par exemple l’entente des quatre grands fournisseurs de téléphonie mobile pendant de trop longues années, heureusement brisée par l’entreprise Free (tout un symbole…). Plus connu, la main mise de quatre multinationales sur le commerce mondiale de la Banane (le fuit frais le plus échangé au monde). On retrouve des situations similaires sur le café, le sucre, les céréales. Dans d’autres domaines, le quasi monopole de Microsoft a été bien connu, ou encore la terrible main mise sur la distribution alimentaire de quelques géantes multinationales des supermarchés et des hypermarchés, dont il a été question ailleurs dans ce blog, et dernièrement l’entente sur le taux d’intérêt interbancaire ou Liborgate.. Traditionnellement, les penseurs libéraux ont posé comme condition indispensable du bon fonctionnement du marché la création d’une concurrence normale, où un grand nombre d’acteurs favorise la compétition, l’optimisation et empêche la formation de cartels et de mécanismes d’ententes, voir de délit d’initié et de fraudes. Malgré quelques poussées libérales qui ont permis l’éclatement de monopoles dans le passé, comme par exemple en application des lois anti-trusts aux Etats-unis contre la Standard Fruit Company ou la Standard Oil Company. De telles corrections du marché sont restées extrêmement minoritaires. Au contraire, ce qu’on observe beaucoup plus, c’est une alliance objective entre les quelques grandes entreprises multinationales pour de nombreux secteurs et les grands États des pays industrialisés. Par exemple: Multinationales des semences et des pesticides qui bénéficient des subventions agricoles et de la recherche publique, privatisation de la gestion de l’eau au bénéfice d’un monopole privé avec Veolia en France, renflouement des risques spéculatifs bancaires par les États lors de la crise des subprimes, subventions des secteurs automobiles nationaux, achat d’armement garantis par l’État, etc. De l’autre coté, le retour de l’ascenseur est connu, financement indirect des partis, bénéfices divers des lobbys, vie post-politique assurée dans le domaine privé, soutien politiques et médiatiques, etc. L’observation honnête de la situation nous pousse à redéfinir complétement le système dans lequel nous vivons et que nous devons critiquer. Accuser le système d’être libéral (ou néo-libéral) est une erreur profonde. Le poids de l’intervention tous azimuts et du contrôle des individus mentionnés plus haut m’amène à conclure que nous vivons bien plutôt dans un capitalisme d’Etat oligarchique qui n’a que marginalement à voir avec une société libérale. Encore plus, j’affirme que l’application d’un programme véritablement libéral (c’est à dire en adéquation avec l’authentique projet philosophique libéral) verrait le déclin de cette forme aliénante de domination sur la planète.

16 Commentaires

Classé dans Economie, Philosophie, Politique

16 réponses à “Le grand malentendu du libéralisme

  1. Morgane

    aah! merci Nico!

  2. Jérémy

    Très bon article, merci !

    Cette histoire d’oligopoles me fait réfléchir car j’ai justement l’impression que c’est la concurrence libre et non faussée qui amène à cette situation. Certes, au début il peut y avoir de nombreux acteurs sur un marché. Mais quelques-uns se détachent souvent du lot car ils ont mieux réussi que les autres. A partir de là, le mécanisme libéral actuel fait que soit les autres déposent le bilan, soit elles se font rachetées par ceux qui ont mieux réussi, ou bien elles forment des partenariats (comme PSA, mais au final c’est comme si il n’y avait qu’une entité). Je ne vois pas aujourd’hui ce que le libéralisme propose pour éviter cela.

    • karmai

      Historiquement, il a existé des lois anti-trusts qui ont été mises en place contre les monopoles. Ceci dit, la concentration du capital semble être une tendance assez naturelle au capitalisme, ce qui n’a selon moi que peu à voir avec la concurrence libre et non faussée qui reste une abstraction de modèle théorique. Les régimes politiques actuels ne voient pas forcément les oligopoles d’un mauvais œil car ils se disent que la compétitivité est à ce prix (ce qui est discutable à la vue des aides consenties…).
      Toutefois, dans notre monde, avant d’en venir à faire intervenir un État pour casser des monopoles/oligopoles, il faudrait déjà commencer à ce qu’il ne les favorise pas! Beaucoup de grandes entreprises ont aujourd’hui les faveurs des États et reçoivent régulièrement des facilités logistiques et financières pour s’installer ce qui fausse en défaveur de beaucoup d’autres entreprises et donc de la diversité.

      • Jérémy

        Merci pour ta réponse et assez d’accord sur la partie oligo/monopoles et l’Etat.

        Néanmoins, se pose toujours un peu la question de savoir comment, dans une concurrence libre et non faussée, orienter la consommation vers de meilleurs pratiques. Certes la question préalable est « a-t-on besoin de le faire? » mais il me semble que oui, notamment pour éviter ou résoudre les problèmes écologiques (pour ne parler que d’eux).

        Autre chose, c’est sûrement par manque de référence et de connaissance dans le domaine, mais j’ai du mal à imaginer une société libérale sans pour autant être capitaliste. Est-ce possible ? Souhaitable ?

      • karmai

        Orienter vers de meilleures pratiques, je pense que ça se fait en modifiant les règles du cadre dans lequel jouera la concurrence. Modifier les règles peut se faire dans la justice. Par exemple, les marchés de carbone me semblent être une direction intéressante en théorie (il faudrait que je l’étudie.
        L’orientation de la consommation ne me semble pas être la bonne direction. Orienter vers quoi, pourquoi, etc. Ce qu’il faut surtout c’est libérer les gens de la propagande publicitaires et des injonctions étatiques qui les poussent à des absurdités, pour que chaque individu puisse se faire un choix qui lui soit propre. La réflexion à entreprendre selon moi, compliquée, est celle de savoir à partir de quelle légitimité on peut le faire. Je connais des gens qui aiment les publicités et qui ne se rendent pas compte de la manipulation profonde et des moyens pour pénétrer dans les cerveaux (des enfants notamment). Pour moi la publicité est une agression qui vient empiéter sur ma liberté. Mais ce n’est pas une idée partagée par tout le monde.

        A savoir si le libéralisme peut ne pas être dans le cadre du capitalisme…je pense qu’on ne peut jamais dire jamais, même si les deux sont historiquement complétement et intimement liés sur des tonnes de concepts. La seule alternative au capitalisme étant le communisme, qui engage quasiment forcement une bureaucratie qui décide pour le plus grand nombre, cela me semble structurellement incompatible avec le libéralisme.

  3. En tous points d’accord.
    C’est sympa de voir qu’on évolue en même temps dans le même sens.

    @Jérémy : Dans notre société capitaliste, la concurrence n’est justement pas libre et non faussée ; parfois libre, mais de toutes façons toujours faussée.

    La concentration du capital n’est pas du tout une affaire de libéralisme ou de capitalisme, c’est uniquement dû à une augmentation de la disponibilité énergétique, et on obtiendrait la même chose en société communiste.
    Quand aux monopole/oligopoles, ils ne peuvent exister que dans un contexte de cadre législatif étatisé, notamment de protectionnisme. Et même si un monopole pouvait exister au niveau mondial, il existerait toujours des alternatives concurrentes, ne serait-ce qu’en terme de pratiques alternatives de consommation. Ce n’est que dans une situation d’obligation légiférée que peut exister un monopole.

    A savoir si le libéralisme peut ne pas être dans le cadre du capitalisme… Tout dépend du sens dans lequel on entend le terme de capitalisme. S’il s’agit de cette oligarchie de possédants qui utilise l’état (et la démocratie) pour s’octroyer un monopole/oligopole, alors le libéralisme règle justement la question (surtout dans sa version libertarienne). Si par contre on l’entend dans le sens d’une économie patronale, alors la réponse est non ; mais par contre je suis persuadé que le libéralisme serait le meilleur moyen d’assurer un véritable équilibre entre différentes économies, une cohabitation équilibrée entre entreprises patronales, individuelles, coopératives, mutuelles, associations, etc.. Mieux, je pense que dans une situation de libre économie, les entreprises patronales, ou à plus forte raison les entreprises financiarisées, appartenant à des actionnaires usuriers, sont défavorisées face aux entreprises dont le profit n’est pas le but existentiel.

  4. Salut

    J’ai lu l’intro de l’article, puis le texte en diagonale pour essayer de trouver la réponse à la question de l’intro qui m’est venu : « quelle est la source réelle de cette recherche d’alternative ? »
    Ma lecture en diagonale ayant été très rapide j’ai peut-être raté la réponse.

    En tout cas voici la mienne :
    l’être humain est une espèce animale pas très différentes des autres. Et comme les autres animaux, on essaie de survivre. Dans une horde, une meute ou un groupe d’être vivant sociaux, y’en a qui bataille pour être le chef et d’autres qui se laissent porter par le groupe.
    Les hommes font pareil, la majorité de l’espèce humaine se laisse bercer par ce que ceux qui ont eu les couilles de prendre le pouvoir leur propose.
    Le désir de liberté et d’émancipation des uns, est une gouvernance heureuse pour les autres.
    Quelque chose retient ces autres de devenir libre par l’affirmation de leur individualité (prendre le pouvoir, sur soi, pas sur les autres évidemment), c’est la survie (ou expliqué autrement : l’état de faiblesse mentale qui empêche les gens d’être eux-mêmes, ou autrement dit, l’état où on passe son temps à chercher les trucs de base plutôt que les trucs évolués), et la survie, c’est bcp plus simple quand les autres s’en occupent pour nous, quand les autres répondent à nos besoins primaires. Quelque soit le mode de gouvernance en place, le peuple mange, boit et respire (les clochards y compris).

    Libéral ou anti libéral… truc ou anti-truc… la bonne question ne se trouve pas dans cette polarité discriminante.
    Que chacun devienne lui-même, s’affirme, pleure quand il a besoin de pleurer, rit quand ça le prend ou cogne quand ça le démange…. et ainsi les individus deviendrons libres.
    Si ce jour arrive, on verra bien ce qui en sortira comme gouvernance ou idéologie dominante. Je parie pour ma part, qu’il y aura autant de diversité qu’on peut en trouver actuellement chez les machins et les anti-machins.
    Sauf qu’on considérera les choses dans l’unité et non dans la distinction, et qu’on vivra dans le moment présent, donc hors des jugements.

    Tant pis si je me suis écarté du sujet !

    • Encore faudrait-il que ceux qui souhaitent commander ne puisse commander que ceux qui souhaitent être commandés. La liberté individuelle est donc bien le principe fondateur d’une telle société, or c’est justement ce que propose, à l’origine, le projet libéral. A l’origine seulement, bien malheureusement.

    • Moilamain, tu es en bonne voie pour fonder ta nouvelle religion de la libération. Va cogner un flic quand ça te démange et tu verras si tu es libre. Accessoirement tu peux lire Jensen sur le fait que tu puisses être libre dans ton coin (et également les articles auxquels tu réponds).

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