Koyaanisqatsi : La symphonie géologique

Koyaanisqatsi est un film réalisé par Godfrey Reggio en 1983 sur une musique de Philip Glass. Je le vois comme une symphonie géologique sur l’anthropocène qui a influencé toute la cinématographie écologiste, là où ont puisé des Home, des Baraka et autres sans jamais réussir à l’égaler. Si vous le pouvez, il faut se prendre l’heure et demi pour voir ce film avec toute votre attention, vous laisser pénétrer par les images et la musique. Au mieux à voir sur un grand écran.

Le titre Koyaanisqatsi est un mot Hopi qui pourrait être traduit par « la vie en déséquilibre » et me semble assez proche de l’hybris grecque qui qualifiait la démesure. La symphonie se base sur trois mouvements qui s’inspirent des trois étapes d’une prophétie Hopi et qui structurent le film :

  1. Si l’on extrait des choses précieuses de la terre, on invite le désastre.
  2. Près du Jour de Purification, il y aura des toiles d’araignées tissées d’un bout à l’autre du ciel.
  3. Un récipient de cendres pourrait un jour être lancé du ciel et il pourrait faire flamber la terre et bouillir les océans.

Bon voyage.

3 Commentaires

Classé dans Documentaire

3 réponses à “Koyaanisqatsi : La symphonie géologique

  1. Alain Wilmet

    Sublime, fascinant, écrasant, terrifiant, une expérience en soi, une ode à l’impuissance finale des hommes, à l’iniquité de leurs dieux, un voyage sans aboutissement, une complainte à la beauté convulsive des surréalistes dépassés par les confins de notre néant… Koyaanisqatsi…
    J’ai honte de faire partie de ce destin, terreur et douleur d’y être enchainé, symphonie claustrophobe, foire freaks, collapsus permanent, théâtre pour sphincters ouverts, grouillantes métastases, dégout d’Antonin Artaud pour les milliards de Bardamu aux haleines verdâtres… LA chute est belle, en gracieuses arabesques accompagnées de ces tentatives de flammes qui ne croient plus en leur puissance et leurs vertus… mais si la fin n’est pas dite, Koyaanisqatsi… le déséquilibre au dessus des précipices est bel est bien au centre de cette humanité fatiguée d’elle même… Par tel ou tel visage me parvenait bien l’écho touchant du cœur, vite avalé, phagocyté par l’impavide voracité du « système » auquel nous appartenons tous, y compris lorsque nous nous efforçons de le ralentir ou de le combattre. Je ne préfigure évidemment de rien, l’histoire s’écrit et le grand sablier nous compte…
    Merci en tous cas pour le voyage qui n’a duré qu’une heure et demi, certes, mais auquel je vais devoir ajouter le temps de m’en remettre!
    But the show must go on!

  2. Ben

    Oui, très beau commentaire. Que dire de plus ? Powaqqatsi puis Naqoyqatsi sont les autres épisodes qui complètent la trilogie dramatique, voire tragique car apparaissant à mon sens apocalyptique. Vous devrez encore ajouter 190 minutes plus tout le temps nécessaire pour vous en remettre. Je conseille cette oeuvre (à voir, à ressentir, à penser, à vivre) même si cela laisse des séquelles. Je n’ai jamais eu autant mal au crâne qu’après avoir vu ces films, d’autant qu’il s’agit d’images réelles.

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