Comment résoudre le problème de la dette et du chômage?

TheHeartOfRevolutionSi je vous disais qu’il existe une solution pour reprendre la main sur la question du chômage et de la dette qui mine les économies européennes? Peut-être ne me croyez vous pas? Pourtant, une idée prend de l’ampleur, celle d’un revenu de base. Un peu partout, les citoyens se mobilisent pour tenter de mettre cette nouvelle façon d’organiser nos sociétés au coeur des agendas politiques européens. 

La situation en Europe n’est pas brillante et mérite qu’on s’y attarde. Mon avis n’ayant à peu près aucune influence sur le monde, vous pouvez à la fois le considérer comme absolument inutile (ce qui ne sera pas le cas des paroles d’un Obama par exemple), mais vous pourrez admettre aussi que je vais parler franchement (ce qu’Obama ne peut clairement pas se permettre). Alors, quelle est la question à laquelle il faut répondre? Je crois que celle-ci est pas mal : Comment réorganiser le système économique européen pour qu’il fonctionne?

Une fois qu’on a dit ça, c’est qu’on part du postulat que ça ne marche pas terrible. Si vous pensez que tout marche comme sur des roulettes, je ne peux rien pour vous. Allez si, je suis sympa, je vous le donne en mille. Les Etats européens sont endettés et vivent un chômage de masse depuis à peu près 40 ans, ce qui créée, disons…quelques tensions annexes. A ce stade d’ailleurs on se demande bien ce que je pourrais dire de nouveau qui n’aurait pas déjà été essayé par les 40 ans de leaders politiques qui s’y sont essayés. Je me laisse aller à ma fougue tout de même.

giscard

Mon postulat de base c’est que le chômage c’est la rançon du succès. On a tendance à juste titre à considérer que le chômage est un problème parce qu’il a comme conséquence de mettre des citoyens hors de la capacité de trouver un revenu ce qui, dans notre société, est tout de même problématique je le reconnais. Par contre, d’un point de vue économique, ce chômage de masse n’est pas une erreur, c’est quelque chose que nous avons voulu. Dès 1995, Jeremy Rifkin l’a bien décrit dans un de ses livres La fin du travail : par l’action combinée de l’optimisation des processus, de la robotisation et de l’ordinateur nous avons rendu obsolète de très nombreux emplois et ceci pour le mieux de tous ceux qui devaient supporter auparavant du travail monotone, pénible et parfois mortel. Plus récemment, l’économiste Paul Jorion le rappelait assez justement à la tivi.

Quoi qu’il en soit le problème est déjà plus clair. Le monde économique est suffisamment efficace pour se passer d’une part importante du travail humain dont il avait besoin précédemment pour fonctionner. Si on accepte cette idée de base, il conviendra dans notre solution finale de trouver un moyen de fournir des revenus à des gens qui n’ont plus d’emploi.

tu-peux-crever

Abordons maintenant le problème de la dette. D’où vient-elle? Des marchés financiers, là où se financent les Etats européens. Ces dettes sont problématiques car elles ont tendance ces derniers temps à s’accumuler années après années. Pourquoi s’accumulent-elles ? Parce que année après année les Etats ne sont pas à l’équilibre budgétaire, ils font très souvent plus de dépenses que de recettes. Pourquoi font-ils plus de dépenses que de recettes? Ils le font pour plusieurs raisons. La première est qu’ils ont tendance généralement à surévaluer la croissance économique et donc à imaginer qu’ils vont obtenir plus de recettes qu’ils n’en obtiennent au final. Deuxièmement, les dépenses de fonctionnement de la France augmentent notamment par l’accroissement des prestation sociales. De 2000 à 2011 elles ont augmenté de 62%. Logique puisque il y a notamment de moins en moins de travail et qu’ils faut donc payer de plus en plus de prestations. Résultat, il faut de plus en plus s’endetter pour compenser ces non recettes et ces dépenses en augmentation. On comprend alors aisément l’impasse des gouvernements puisqu’il ne disposent d’après eux que de deux leviers : réduire les dépenses en limitant les prestations sociales (c’est la rigueur) ou tenter de relancer l’économie (on va chercher la croissance avec les dents).

Dans une économie dont l’efficacité fait disparaitre du travail humain ces deux voies sont vouées à l’échec. En effet, soit on fait la rigueur et on tappe sur les prestations des exclus du monde du travail, générant une forte insécurité sociale, ou alors on essaye de booster l’économie pour avoir des recettes (une meilleure croissance) mais même si on y arrive (j’ai bien dis « si ») ça se fera au prix de moins de travail humain. Quoi qu’il en soit, et quel que soit la méthode observée, structurellement on ne récupère pas assez d’emplois, et c’est exactement ce qu’on observe gouvernement après gouvernement, de droite ou de gauche depuis 40 ans.

Mais alors pourquoi font-ils ça me demanderez vous? Ils ne peuvent pas être aussi stupides? Vous avez raison, ce n’est pas par bêtise qu’il en ait ainsi (enfin j’espère). En fait tout cela tient à deux concepts majeurs : la croissance et l’emploi. Ces deux termes sont au coeur du Keynesianisme, une doctrine économique à laquelle on attribut souvent la prospérité des 30 glorieuses… forcément ça donne envie de suivre l’exemple. Mais que disait ce good old chap de John Meynard Keynes? En gros, il a théorise le système économique en mettant au coeur du système le plein emploi et la croissance économique (toute référence avec des lubies politico-médiatique n’est complètement pas un hasard). Pour résumer, ça veut dire que si jamais l’économie d’un pays devait ralentir (chômage, moins de croissance, où les deux), il fallait que l’Etat investisse dans l’économie pour relancer la machine. Ce truc s’appelle le levier Keynesien. En gros, ça veut dire faire du déficit publique pour relancer la machine. Cette approche macroéconomique (à mes souhaits) est l’alpha et l’omega, le génome fondamental de la gestion des affaires publiques actuelle. Tout apprenti président se doit d’apprendre cela (sauf Sarkozy mais c’est parce que c’était un cancre).

Sarko2

On comprend alors sans trop de difficulté qu’un monde qui vise en permanence le plein emploi et la croissance comme critère de réussite de l’économie alors que dans le même temps la réussite économique réelle fait disparaitre de l’emploi et, qu’en plus, les forces publiques cherchent à stimuler cette économie de disparition de l’emploi en favorisant les déficits ne peut qu’aboutir à …. notre monde actuel.

Si vous en êtes arrivé là, vous vous dites. Bon, admettons, mais comment on fait pour s’en sortir de ce bordel?

Alors la solution c’est la déconnection du revenu du travail. Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire? On a vu plus haut qu’il était impossible de donner un travail à tout le monde puisque notre économie fait disparaitre le travail. Il faut alors que tout le monde puisse toucher un revenu quelque soit sa situation salariale. Ca tombe bien, ça existe et ça s’appelle le revenu de base (si vous ne connaissez pas ce concept, je vous conseille de cliquer sur ce lien). Les conséquences directes sont :

  1. Eradication du chômage et de tout le système de prestations sociales tournant autour du travail au bénéfice de ce seul revenu. Limitation de l’insécurité sociale.
  2. Possibilité de pouvoir licencier quand on veut car tout le monde bénéficie d’un filet de sécurité minimal. Possibilité de dégraisser le mammouth de l’Etat.
  3. Libération d’une incroyable quantité de forces vives par tout ceux qui échappent du statut d’exclu du monde du travail d’un coup d’un seul. Limitation des délinquances et autres détresses sociales associées à l’exclusion. Liberté d’entreprendre et de création accrue.

On voit tout de suite apparaitre quelque chose ici. La limitation des dépenses de l’Etat par la simplification de celui-ci et par la réduction de l’Etat-providence au bénéfice d’un droit fondamental à un revenu de base. Le deuxième élément qui apparait également c’est la relance de l’économie par la mobilisation de nouvelles forces économiques auparavant exclues et par la stimulation de l’esprit d’entreprendre et de création. Moins de dépenses de l’Etat, plus de richesses… N’est-ce pas exactement ce qu’on essayait de résoudre au début?

Utopia

Cela peut paraitre simpliste, voir utopiste. C’était peut-être le cas quand j’ai commencé à m’y intéresser il y a de cela presque dix ans maintenant. Aujourd’hui, c’est un mouvement qui prend de l’ampleur. Tout récemment, les Suisses ont réunis suffisamment de signatures pour que soit réalisé un référendum sur la mise en place d’un revenu de base. Dans le même temps, en ce moment même, des signatures sont regroupées dans toute l’Europe pour mettre le revenu de base dans l’agenda de l’Union européenne. Je vous invite à signer cet appel si l’idée vous a convaincu (pétition on ne peut plus sérieuse, vous aurez besoin de votre carte d’identité). Presque 150 000 personnes ont déjà signé. Objectif : Un million de signature en janvier 2014. Ca se tente non?

Illustrations – Hundertwasser/The heart of revolution – Le tampographe Sardon – Thomas More/Utopia

11 Commentaires

Classé dans Démocratie, Economie, Politique

11 réponses à “Comment résoudre le problème de la dette et du chômage?

  1. Florence

    Etienne Chouard à lire aussi ?
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/
    Un big travail de défrichage citoyen depuis 2005, le fameux référendum « pour » l’Europe qui éveilla sa conscience. Il n’en finit plus d’oeuvrer depuis.
    EC s’intéresse au revenu universel, avec également la proposition de Bernard Friot en balance de réflexion, puisque BF défend « le salaire universel ».
    Quand je sais le principe de subordination qui lie le salarié, j’ai personnellement envie de regarder ailleurs, mais l’argumentaire du penseur (communiste je crois) reste valable.

  2. Pingback: Finances et économie | Pearltrees

  3. J’aimerais discuter du véritable objet de l’article (le revenu universel comme solution au problème du chômage de masse lié à l’augmentation des gains de productivité), mais je n’ai pas suffisamment les idées claires pour le faire.
    Je vais me contenter de relever un certains nombre d’erreurs que je crois pouvoir déceler dans le paragraphe consacré à la dette publique et aux dépenses sociales. Non pour le plaisir, mais parce que, à mon avis, elles te font emprunter une mauvaise voie de défense du revenu de base.
    [navré de la longueur du commentaire, et de son aspect un peu enculeur de mouches]

    Dette publique.
    Les déficits publics français des 15 dernières années sont davantage dûs à un problème de rentrées fiscales que d’augmentation des dépenses. Et cette baisse de rentrées fiscales est elle-même moins une question de croissance surévaluée qu’un choix politique de « dépense fiscale » (on désigne ainsi les décisions de baisser les impôts) [Lire l’article de Laurent Mauduit : Ces dix années de cadeaux fiscaux qui ont ruiné la France].
    Preuve : on a modélisé ce qui se serait passé pour les mêmes tx de croissance mais sans dépense fiscale. Miracle : on obtient même un excédent budgétaire pour 2006 !
    Voir graphique 1 dans cette note de Michel Husson : http://hussonet.free.fr/carrez.pdf
    (évidemment, la preuve fonctionne moins dans une conception libérale, où l’on affirmerait que les tx de croissance auraient été moindre si l’on avait pas baissé les impôts des entreprises).

    Dépenses de l’Etat et dépenses des ASSO.
    Les prestations sociales ne sont pas des dépenses de fonctionnement (ça c’est pas très important), et encore moins des dépenses de l’Etat. Ce sont les dépenses des aministrations de sécurité sociale, notée ASSO en comptabilité nationale (ça sonne un peu pinaillage, mais tu vas comprendre où je veux en venir).
    Ce sont surtout les dépenses de l’Etat qui ont fait augmenter les dépenses publiques. Les dépenses de l’Etat doivent être distinguées des dépenses des institutions de sécurité sociale (car ces dernières ne sont pas l’Etat), même si on les ajoute pour calculer la dépense publique.

    Lien regorgeant d’infos :
    http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/le-budget-et-les-comptes-de-letat/le-budget-de-letat/approfondir/le-tableau-de-bord-des-finances-publiques/toutes-administrations-publiques.html

    Structure (en gros) de la dette publique pour 2011 (flemme de chercher une autre année) : pour plus de 80% l’Etat et administrations associées, 10 % collectivité locales, 10 % administrations de sécurité sociale.

    Relation chômage / déficit du système de protection social
    « Logique puisque il y a notamment de moins en moins de travail et qu’il faut donc payer de plus en plus de prestations. »

    Faut-il entendre « prestations chômage » ? (j’imagine, car la phrase a peu de sens si je remplace par retraites, santé ou familiales)
    Mais dans l’ensemble des dépenses de protection sociale, le chômage occupe le 4e poste (je crois) en montant, loin derrière retraite et santé. Même si ces prestations chômage augmentent beaucoup, elles font peu varier l’ensemble des prestations de protection sociale (qui comprend chômage, allocations familiales, retraites, maladie, etc.)

    En fait, l’augmentation du chômage a bien un effet sur le déficit des administrations de sécurité sociale, mais pas comme tu le dis.
    L’augmentation du chômage agit moins sur les dépenses (par l’augmentation des allocations chômage) que sur les recettes (plus de chômage = moins de salaires versés = moins de cotisations versées = moins de ressources pour la sécu).
    L’Etat aurait dû, devant la montée du chômage (notamment lors de la crise de 2008), décider d’augmenter les tx de cotisation sociale (c’est l’Etat qui fixe ces taux). Mais le climat politique était aux pleurnicheries sur la compétitivité. Il a fait globalement le contraire. Rappelons que les aministrations de sécurité sociale étaient excédentaires en 2008. C’est la crise qui les fout dedans.

    Notre modèle social
    Je ne fais pas ces considérations de compta nationale pour le plaisir de l’exercice. Il me semble qu’elles mènent à des erreurs d’interprétation de la réalité. Cette mauvaise interprétation pilote la manière dont tu présentes le revenu de base comme une solution à des problèmes qui n’existent pas (mais il est une solution à de véritables problèmes).

    1) En France, il n’y a pas d’Etat-providence ! Ca sonne un peu provoc’ pour la vulgate libérale, mais au sens strict, c’est ainsi.
    Les institutions de protection sociale relève du droit privé, et se voient confier des missions de service public. Les gens qui y travaillent ne sont pas des fonctionnaires, et elles sont gérées (presque) démocratiquement par les salariés (plus les représentants du patronat, et, il est vrai, des représentants de l’Etat).
    Les ASSO gèrent un budget supérieur à l’Etat et de manière autonome (presque). La sécurité sociale ne relève ni du public, ni du privé, mais du commun. C’est le salariat qui a construit ces institutions, à partir du lendemain de la 1ère GM. En France le salariat est adulte, il se passe de l’Etat (et bientôt il se passera du patronat…).

    Les analyses qui nourrisent nos représentations communes du système social sont a) libérales (Van Parijs y voit un moyen de limiter le pouvoir de l’Etat) ; b) anglo-saxonnes : elles raisonnent en contexte bévéridgien (où l’Etat occupe une grande place -avec les entreprises- dans la protection sociale). Nous avons construit autre chose, qui nous permet de nous passer des employeurs et de l’Etat (le régime bismarkien).

    2) Nos institutions de protections sociales fonctionnent très bien.
    Il est primordial de saisir que le trou de la sécu est minuscule par rapport aux sommes qu’elle brasse, et que ce déficit est minuscule par rapport au déficit de l’Etat. Les libéraux énoncent un sophisme en nous faisant croire que la dette de l’Etat augmente en raison des dépenses sociales.
    Il est primordial de ne pas colporter l’idée que notre protection sociale va mal. C’est absolument faux. Nous avons élaboré là la technologie sociale la plus performante au monde.
    Là on tient un truc efficace, moderne, que le patronat déteste. Elle résiste à tout : chocs économiques, chocs démographiques, gouvernements de droite. Mais elle ne survivra peut-être pas à notre ignorance de sa nature (et Rocard finira peut-être par avoir sa peau).

    Conclusion
    Mon point est donc qu’une critique de l’Etat-providence (qu’elle soit d’inspiration libérale, libertarienne, anarchiste ou communiste) ne peut justifier le recours à l’allocation universelle. En France, nous n’avons pas d’Etat-providence.
    Ensuite, il est fragile de fonder le recours à l’AU sur un constat des difficultés de notre système social, car ce dernier ne connaît aucune difficulté (sauf celle que le patronat et le gouvernement cherchent à y introduire).

    Fonder le recours à l’AU sur une critique du travail et/ou un constat de la montée du chômage, c’est un autre débat. Mais j’ai du mal à me positionner.

    • karmai

      Merci pour ton commentaire. Je vais essayer de reprendre tes points.

      Je pense que le calcul de Husson est intéressant mais que justement, on ne peut pas savoir l’effet que ces politiques ont eu. On peut considérer que ce sont des « cadeaux » et que cela a été fait en pure perte. Ca reste à démontrer tout de même. Je ne suis pas sur que les cadeaux fiscaux soient d’inspiration libérale. Ils me semblent plutôt participer d’un clientélisme d’Etat. Il faudrait voir le détail pour juger.

      Sinon j’ai parlé des dépenses de fonctionnement de la France (pas de l’Etat qui effectivement en toute rigueur ne s’occupe pas de la sécurité sociale par exemple). Au niveau de la France, l’endettement provient bien d’une augmentation très forte des prestations sociales (au sens large) comme tu pourras le voir dans le tableau intitulé « BUDGET DE LA FRANCE DEPUIS 1960 : SOLDE DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES » (http://france-inflation.com/dette_publique_france_1950.php). Sinon je suis d’accord que la dette est un poil plus complexe que ce que j’ai annoncé pour ne pas alourdir le propos. Les moindres recettes liés aux moindres prélèvements sur le travail (parce qu’il y a moins de travailleurs) ajoute à la difficulté de financement des activités. De même, les règles de Maastricht sur le financement sur les marchés financiers (avec intérets) ont probablement grevé les finances face à une situation précédente où les banques centrales prêtaient sans intérets. (cette avis est lui même discutable, un peu comme ton premier point, puisqu’on voit bien aussi que le financement public n’est pas toujours couronné de succès et peut amener des scandales financiers dont on peut encore aujourd’hui payer les pots cassés).

      Par prestations sociales j’entend bien tout le bouquet des prestations sociales (je suis d’accord que certaines sont moins impactées par le chômage) mais ça ne change rien à la croissance très forte sur 10 ans (+62% de dépenses) pendant que les recettes n’augmentent que de 50%. Le chomage ce ne sont pas que des prestations chômages, c’est aussi plus de CMU, plus de pôle emploi, plus d’allocation logement, etc)

      Augmenter le taux de cotisation sociale, c’est augmenter le cout du travail qui est déjà assez pénalisant pour l’économie française. Augmenter ce cout c’est aussi prendre le risque de moins de croissance et donc encore moins de recettes. C’est loin d’être une évidence que ça aurait marché comme sur des roulettes.

      1) « En France, pas d’Etat providence ». Effectivement c’est assez osé comme vision. Je ne m’intéresse pas à la sécurité sociale en tant que telle. La prédominance de l’Etat a certes été en réduction ces dernières années mais pas de quoi dire « pas d’Etat providence », on est très loin d’en avoir fini avec tout ça je pense.

      2) Je n’ai jamais dis qu’elles ne fonctionnaient pas bien. Ma description est justement de dire que ce n’est pas par dysfonctionnement qu’il y a un problème, mais qu’il y a une problématique structurelle à résoudre qui se passe bien de juger de l’efficacité.

      Mon article n’est pas une critique de l’Etat-providence, il est la critique d’une organisation qui n’est plus adapté à un monde à faible croissance et à destruction d’emploi comme résultat de l’efficacité économique. D’une certaine façon, on peut considérer qu’un revenu de base participe d’une vision nouvelle de l’Etat providence, à la fois très présent puisqu’il assure la sécurité à tous, et peu présent car le revenu de base simplifie à fond ses fonctions.

      « Fonder le recours à l’AU sur une critique du travail et/ou un constat de la montée du chômage, c’est un autre débat ». L’article ici est justement de fonder le revenu de base comme résolution du problème de la montée du chômage. Je n’ai pas traité de la critique de la valeur travail, qui est pourtant assez pertinent pour le fonder également (mais moins dans l’air du temps). J’ai déjà traité de cela ailleurs sur ce blog : https://jardinons.wordpress.com/2008/05/12/fiat-tripalium-linvention-du-travail-1/ (en 3 parties).

  4. J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je n’arrive pas à justifier ton raisonnement. Je ne parviens pas à établir la causalité que tu affirmes entre augmentation des prestations sociales / augmentation de la dette publique.

    Du coup je me suis un peu perdu dans les comptes de la Sécu. Faut être énarque pour piger tous ces machins. J’ai fait plein de découvertes sympa, y compris pour ce qui nous occupe, la couverture des risques sociaux éventuellement assurée par un revenu universel. Mais j’ai eu du mal à mettre mes idées au clair. Je le ferai un jour.

    A mon avis, l’erreur vient du fait que le tableau auquel tu te réfères (de France-inflation.com) donnent des évolutions des montants (et non en points de PIB). Ca paraît faramineux, et on est tenté de voir une relation entre une telle explosion et celle de la dette publique.

    Mais dans le même temps, les ressources de la Sécu « explosent » aussi, couvrant presque entièrement ses dépenses.

    Ne demeurent que des déficits pas bien méchants -je veux dire relativement aux sommes brassées- de 10 ou 15 Mds€ par an (le fameux « trou » de la Sécu). Ce qui fait au final un stock de dette sociale de 130-140 Mds€. Du coup c’est minuscule par rapport au reste de la dette publique (1800 Mds)

    Dans Wikipedia, on trouve 2 paragraphes qui nous intéressent pour comprendre les contributions respectives des administrations dans la croissance de la dette publique :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France#Donn.C3.A9es_brutes

    « Données brutes »
    et
    « Après neutralisation des effets de transferts ».

    Ca dit en gros qu’on n’a pas fini de calculer, parce qu’on a du mal à savoir, finalement, qui s’endette pour combler le trou de la Sécu.

    Si ça te branche, on peut peut-être toucher des subventions publiques pour faire ce calcul 😀

  5. baibarac

    si le travail etait un cout il y a longtemps qu il aurait été supprimé et les salariés avec.Conclusion le travail est au contraire une richesse ce qui coute c est le capital que génère le travail et qui n est pas réinvesti pour le bien etre des gens(recherche education santé protection sociale etc).Inversons les pourcentage du partage des richesses les riches pourront toujours aller aux sports d hiver et en vacances aux Antilles et les autres pourront manger à leur faim se soigner éduquer leurs enfants et avoir quelques loisirs.

    • karmai

      Comme le travail humain est un coût supérieur à celui de la machine, c’est justement pour cela que les entreprises le dégage au plus possible. Rationaliser le travail humain c’est ce qui fait que l’action d’une entreprise augmente parfois avec l’annonce d’un plan social (du point de vue de l’entreprise, une restructuration qui rend plus efficace la boîte). Notre situation actuelle est effectivement à l’avantage du capital car ce dernier a de moins en moins besoin de main d’oeuvre. Le capital, ce n’est pas non plus la même chose que les riches. Par exemple, les fonds de pension qui détiennent des capitaux importants regroupent parfois des sommes astronomiques qui ne sont pourtant que la somme de retraites des classes moyennes américaines. En plus, « inverser le partage des richesses », c’est très facile à dire et pas facile du tout à faire en pratique. Comment on redistribue au travail en puisant dans le capital lorsqu’il y a de moins en moins de travailleurs?

  6. lol

    Dis donc Nico, t’as vu que tu es lu par La femme catholique. Je serais à ta place, je commencerais à m’inquiéter. Si tu commences à servir de référence aux cathos… Peut-être que l’idée d’un revenu universel de base pourrait être encouragé dans le milieu catholique. C’est une idée que je te suggères 😉

    • karmai

      L’idée me semble plus protestante que catholique car elle fait appel à la liberté individuelle. Mais elle tient en partie sa source dans la liberté qui est d’inspiration plus largement chrétienne donc le revenu de base me semble à première vue tout à fait compatible avec cette tradition religieuse.

  7. lol 2

    Tout à fait.
    Mais ça va pas plaire à Dieudo.
    Oups, j’ai fait une faute (euf pardon une erreur, une faute c’est catho hein 😉 dans mon précédent post.
    Allez bonne nuit et que les anges d’inspiration plus largement chrétienne continuent de t’inspirer.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s