Réflexion sur le rejet du revenu de base par le gouvernement Suisse

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L’actualité est définitivement riche sur le front du revenu de base (une introduction à cette idée ici). Après ma dernière expérience lors des premières universités d’été du revenu de base, voilà que le conseil fédéral Suisse conseille aux citoyens Helvètes de rejeter l’idée du revenu de base lors de la votation qui aura lieu en 2016. Le rapport rédigé par le conseil pour formuler ce conseil est fort intéressant et je me propose ici d’en faite une analyse. Au delà de la réussite d’un système Suisse capable de démocratie directe et telle que l’idée du revenu de base est et sera sur le devant de l’agenda politique, l’avis du gouvernement Suisse nous montre bien que l’implémentation d’un revenu de base ne verra le jour qu’à partir du moment où sa facette libérale sera comprise et intégrée. Une fois cette jonction réalisée, sommes nous prêt à plonger dans l’incertitude?

Une démocratie à prendre en exemple

Le premier enseignement de avis du conseil fédéral Suisse concerne la démocratie et donc seulement indirectement le revenu de base. Il faut prendre le temps de considérer que cet événement serait tout simplement incroyable en France alors qu’il n’est qu’une étape normale et quasi routinière de la politique Suisse. Si suffisamment de citoyens se regroupent ils peuvent imposer une votation à l’échelon fédéral pour, par exemple, modifier la constitution comme c’est le cas ici. A ce titre, le gouvernement Suisse n’a pas de pouvoir de décision ici. Si il est représentatif de la population Suisse, l’idée fondamentale est qu’ultimement c’est toujours le peuple qui a le dernier mot. Ainsi, le gouvernement fédéral ne peut que donner son avis. Celui-ci, dans ce cas, est informé et respectueux de la proposition de revenu de base envoyée. Elle valide notamment l’intentionnalité du projet et sa compatibilité avec la constitution actuelle de la Suisse.

Le conseil fédéral partage sans réserve l’objectif de l’initiative, qui est de permettre à l’ensemble des habitantes et des habitants de ce pays de mener une existence digne et de participer à la vie publique. Ces valeurs fondamentales sont d’ailleurs déjà exprimée dans la Constitution Fédérale.

A ce niveau on notera que cette remarquable démocratie a énormément à nous apprendre. La différence entre notre système et le système Suisse sont tout à fait notables. Il y a malheureusement des particularités du système Suisse qui expliquent cette originalité et sont difficilement transférable rapidement. Pour faire vite, je pense que c’est le tiraillement historique de cette nation, coincée entre des fossés religieux (catholiques contre protestants) et culturels (Germanique et Latine), qui a généré cette solution du consensus, seule capable de faire une proposition d’apaisement dans l’opposition, par exemple, entre le capital et le travail via la Paix du travail signée en 1939.

La France aujourd’hui est très loin de pouvoir imaginer un tel apaisement et entretient toujours des dissonances très importantes entre le pouvoir et le citoyen, le patron et l’ouvrier. La république Française a hérité de la révolution un système centralisateur,  bureaucratique et autoritaire. C’est pour cette raison qu’en France aujourd’hui, le discours en faveur de la démocratie directe est si virulent, rousseauiste et anti-capitaliste. Son principal leader en France, Etienne Chouard, qui s’est exprimé également lors des dernières universités du revenu de base, en est le successeur. Héritier de Rousseau contre Voltaire il est pour une pensée du contrat social renouvelé par une assemblée constituante tirée au sort. Anti-capitaliste, il fustige les riches comme artisans volontaires de l’impuissance citoyenne. Pour lui, la démocratie directe est forcément révolutionnaire puisqu’elle marque indubitablement la victoire du peuple sur les tyrans, et des pauvres contre les riches. En nourrissant un tel manichéisme, tout esprit de consensus est impossible et chaque partie génère son propre ennemi. Tout se passe comme si l’héritage culturel français ne pouvait que faire émerger des crises sous forme de guerre civile. Ainsi, la démocratie directe en France ne pourra se faire qu’en promouvant une éducation politique du consensus et de l’écoute. Or, une telle culture ne se développe pas en un jour et les ateliers constituants de Chouard, qui participent en première analyse d’un tel projet, sont malheureusement quasiment uniquement parcourus de citoyens anti-système et se maintiennent dans l’illusion d’une révolution démocratique en niant toute une partie du peuple qui est situé à l’opposé des diatribes anti-riches et anti-oligarques.

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 Ateliers constituants lors des universités d’été du revenu de base avec Etienne Chouard – Loïc Mathey

Le projet se coupe ainsi de tout espoir de convaincre le demos dans sa majorité et se cloisonne dans un espace d’impuissance quasi totale. Une solution serait d’oser dépasser le cap du politique forcément corrompu en acceptant le fait que certains élus locaux peuvent être honnêtement intéressés à aller plus loin que les processus participatifs et consultatifs. C’est le sens du formidable travail de l’auteur Belge Van Reybrouck, qu’on peut retrouver en compagnie de Chouard. Il note malicieusement la dérive langagière de Chouard:

« Ce qui m’a frappé dans ton discours, c’est le vocabulaire employé : « crapulisme », « escroquerie », « les escrocs », « les voleurs de pouvoirs », etc… Mais je comprends aussi parce que tu es Français [rires dans la salle], une fois de plus, je pense franchement que la politique politichienne en France est encore plus fossilisée qu’en Belgique et cela est il me semble la conséquence du système des grandes écoles ».

Sur ce coup là David Van Reybrouck voit juste. On a trop souvent tendance à réduire le politique en France à celle de la politique qui s’exerce à Paris, et donc à une élite d’état ressemblant à une aristocratie élective effectivement fossilisée. Mais, c’est oublier également les possibilités locales.

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Cette méfiance et cette analyse manichéenne du monde qui est le résultat logique de la culture française se retrouve aussi par exemple dans la réaction de certains à la frilosité du gouvernement Suisse vis à vis du Revenu de Base. On peut citer notamment la célèbre blogueuse Agnès Maillard qui réagit au fait que le rapport déclare qu’un revenu de base « menacerait selon lui l’ordre économique, le système de sécurité sociale et la cohésion de la société en Suisse » en disant que cela :

« Menace surtout la domination des possédants »

Avec une telle vision d’une monde il n’y a plus qu’une chose à faire, pendre le dernier patron avec les tripes du dernier membre du gouvernement. Je n’ai jamais eu le gout de la violence, ce n’est pas maintenant que je vais commencer. On connait de toute façon le résultat de telles rancoeurs.

Un projet cohérent de revenu de base doit inclure sa dimension libérale

Je crois que le point le plus intéressant de ce rapport du gouvernement fédéral Suisse est de souligner également le trop grand optimisme de la mesure proposée :

« Comme dans le rapport du Conseil fédéral en réponse au postulat Schenker (09.3655 «Assurance générale du revenu»), il est possible d’opérer une distinction entre deux modèles principaux de revenu de base inconditionnel. Un premier modèle prévoit des prestations basses. Son objectif est de simplifier radicalement le système de protection sociale tout en créant une forte incitation financière à l’exercice d’une activité lucrative. Le second modèle prévoit au contraire des prestations élevées afin de donner aux citoyennes et aux citoyens la liberté de décider s’ils veulent ou non exercer un travail rémunéré, et le cas échéant de quelle manière. Il devient aussi loisible de s’engager culturellement, politiquement et socialement sur une base bénévole et non rémunérée, et de participer ainsi activement et librement à la vie politique et sociale. Les deux modèles ont des effets très différents sur tous les principaux paramètres. Si le texte de l’initiative ne permet pas d’attribuer clairement à l’un ou l’autre de ces deux modèles le revenu de base inconditionnel qui devrait être introduit, les explications des auteurs de l’initiative montrent clairement que c’est un revenu du second modèle qui est visé. »

Il ne sera pas possible de faire avancer la révolution du travail que propose le revenu de base sans accepter qu’il faille faire la synthèse en équilibrant ces deux modèles. Le revenu de base est un projet d’inspiration authentiquement libéral qui cherche à stimuler l’égalité des chances et la liberté individuelle. Ainsi, promouvoir le revenu de base et vouloir en même temps sauvegarder un système social fondamentalement enraciné dans le travail et dans l’Etat est une contradiction très importante. A ce titre, la proposition faite par les Suisses semble vouloir le beurre et l’argent du beurre, à la fois la liberté individuelle et la sécurité de l’Etat. En effet, tout se passe comme si ils voulaient que chacun puisse choisir ses activités de vies tout en conservant un Etat protecteur.

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Le léviathan – Hobbes

Sans intégrer les éléments libéraux du revenu de base, il n’y aura jamais de revenu de base. En effet, et même si cela peut faire extrêmement peur, il n’y aura pas d’intérêt suffisamment vaste dans le revenu de base si on ne montre pas aux chefs d’entreprise par exemple que ce socle de revenu leur permet de licencier très facilement, que la sécurité de l’emploi des fonctionnaires est alors caduque car il doit être possible de réformer rapidement les institutions publiques et ainsi limiter les impôts et rendre compétitives les structures économiques. Cette garantie du licenciement facilité est à même de convaincre les groupes sociaux nécessaires pour faire avancer l’idée du revenu de base. Seule une telle liberté économique peut accélérer l’investissement dans des technologies du numérique et de la robotique, à même d’économiser encore plus de travail et générer les richesses qui entretiennent la prospérité économique. Si nous voulons une société de citoyens, une communauté politique vivante, nous ne pourront pas faire l’économie de nous projeter dans un monde où chaque citoyen peut s’occuper des affaires de la cité parce que l’essentiel de son travail est désormais à la charge d’esclaves énergétiques. Cette nouvelle Athènes ne sera pas possible si on veut que les gens aient un travail coûte que coûte! Cette possibilité de monde qui s’ouvre à nous pose bien évidemment le problème de la durabilité d’un système aussi intensif en énergie, car les robots, les machines et les ordinateurs, aussi efficaces soient-ils, mobilisent des quantités toujours plus élevées d’énergie. Je vous invite à ce sujet à regarder la conférence de François Roddier qui présente admirablement ce défi thermodynamique qui nous attend et qui dépasse le cadre du désormais connu « peak oil ».

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Esclave ramassant des olives en grêce (500 av JC)

Ainsi, la question du revenu de base est conditionnée à la problématique énergétique. Est-il possible d’atteindre un nouvel âge énergétique qui soit viable? C’est la proposition de Jeremy Rifkin dans son livre « la troisième révolution industrielle ». Pour faire vite, son idée est la production d’énergies renouvelables décentralisées et mises en réseau. Pourquoi pas, mais c’est pour le moins discutable. Une chose toutefois m’intéresse, c’est la compatibilité des deux modèles: le revenu de base comme la troisième révolution industrielle de Rifkin fonctionnent sur la richesse du réseau et le déclin de la force centralisatrice de l’Etat.

Sur ce domaine on en vient toujours aux deux mêmes hypothèses, soit nous allons être capable d’innover et de trouver des solutions technologiques et sociales, soit nous nous résignons à décliner pour rejoindre un état de diffusion énergétique plus faible, plus durable, plus pauvre et plus solidaire. Je n’ai bien sur aucune certitude sur le futur et je ne dis pas que la technologie peut tout résoudre et oui, les limites ça existe, mais je me refuse également à accepter la paupérisation en marche sans essayer, c’est pourquoi je suis favorable à donner toutes les chances aux recherches d’innovations, seules à même de donner les conditions de viabilité au plus grand nombre dans la prospérité. Ainsi, un monde horizontal de grande liberté avec pour chaque citoyen le filet d’un revenu de base comme seul bagage me semble être une bonne approche pour stimuler la démocratie (du temps pour décider ce qui est commun) et l’efficacité (on lève les limites à l’efficacité économique liées au salariat). Une société qui se doterait d’un tel assemblage prendrait, il me semble, un avantage certains sur les autres. Un peu comme Athènes a illuminé la Méditerranée, un tel Etat créerait il me semble, un nouvel âge d’or culturel.

Malheureusement, comme je le décrivais dans mon dernier article, je réalisais que l’état idéologique de la France est inadapté au revenu de base. En effet, je crois que ce pays a un anti-libéralisme tenace, qui alimente un malentendu dommageable au progrès économique et social. Non pas que le libéralisme soit la solution à toutes les situations, mais la moindre des choses est au moins de savoir de quoi on parle et d’être cohérent avec une idée libérale. Faute de comprendre le libéralisme, beaucoup de tenants français du revenu de base ne comprennent pas comment des auteurs libéraux comme Friedrich Hayek ou Milton Friedman ont pu s’exprimer dans le sens d’un revenu de base. Pour eux c’est une récupération capitaliste des idées généreuses d’un autre revenu de base. Je suis de l’avis qu’il n’en est rien et que tout cela est le résultat d’une cohérence idéologique entre le libéralisme sociale et économique. C’est d’ailleurs toute la force d’une analyse à la Jean-Claude Michéa du libéralisme, c’est à dire de bien montrer qu’on a pas, par exemple, le droit du divorce sans une certain décomposition de la famille traditionnelle, qu’on n’a pas les congés payés sans les dommages du tourisme de masse. Les acquis sociaux ne sont pas sans conséquences économiques! La liberté citoyenne et la sécurité minimale du revenu de base n’ira pas sans une refonte du rapport à l’activité rémunérée qui générera d’autres précarités.

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Liu Bolin – Lost in Art

Faute de tout cela, nous continuerons à faire comme si le problème économique de notre époque résidait dans la fixation d’un curseur entre les cadeaux aux patrons et les protections des salariés. Nous allons continuer comme si le chômage était un accident de parcours plutôt que le résultat libérateur des hommes vis à vis de sales boulots. Nous continuerons à nous enfoncer dans des visions du monde inadaptées aux réalités actuelles. Nous continuerons à penser que c’est la catastrophe et qu’on va droit dans le mur, sans imaginer que c’est avant tout la maçonnerie de nos idées qui limitent nos horizons et nous emprisonnent.

23 Commentaires

Classé dans Démocratie, Economie, Politique

23 réponses à “Réflexion sur le rejet du revenu de base par le gouvernement Suisse

  1. Bon article. Toutefois, la création éventuelle d’un RdB en Suisse n’a aucun intérêt, car la Suisse est déjà un pays très libéral, et tout à fait prospère économiquement. Une telle proposition n’aurait d’intérêt que dans un pays comme la France, où le RdB pourrait justement servir de transition vers une libéralisation de la société. Mais comme tu le dis, la France en est loin, et le RdB doit absolument être accompagné d’une énorme simplification administrative ; càd qu’il doit se SUBSTITUER à tous les autres acquis sociaux, et non s’y AJOUTER, car dans ce cas ce ne serait plus un remède mais un mal de plus. Condition absolument nécessaire que les tenants français du RdB ne défendent qu’en très faible minorité.

  2. Jérôme T.

    Merci pour ce très intelligent article. Je fais circuler😉
    @ Ramite : ta première phrase très tranchante manque de fond et ne parait franchement pas soutenable pour un saoul ;-p

    • Jérôme, ma première phrase est « Bon article », et en effet elle est très tranchante et manque de fond. :p
      Plus sérieusement, un RdB en Suisse n’a aucun intérêt, et c’est pour cela que les suisses vont s’y opposer, parce que le taux de chômage y est quasi nul, que les salaires y sont élevés, et que les suisses sont très à cheval sur la manière avec laquelle est dépensé l’argent de leurs impôts. Or, d’après ce que j’en ai vu, l’initiative suisse de référendum populaire propose un RdB de 2000€/mois/personne (rien que ça !), sans préciser comment serait prélevée une telle somme, et en la proposant en tant qu’ajout de prestation et non en tant que substitution à d’autres prestations ; ce qui causerait inévitablement la valorisation de l’assistanat, et sans doute aussi un afflux d’immigrés souhaitant bénéficier d’une telle manne financière ; phénomènes que les suisses redoutent par dessus tout.

      • Jérôme T.

        Merci pour ces éclaircissements🙂
        J’avoue avoir aussi un peu de mal avec ce côté « assistanat » du RdB, l’ère étant plus à la responsabilisation et l’autonomie qui en découlerait. Mais bon, franchement, être responsable dans ce monde capitaliste est-ce réaliste ?😉

      • Romain

        Pourquoi cela valoriserait l’assistanat? N’y a-t-il de valeur et de gloire qu’à gagner son pain à la sueur de son front? Les gens qui choisiraient d’avoir un emploi à temps partiel ou plus d’emploi pour exercer des activités bénévoles sont-ils méprisables?

      • Romain, la paresse est une valeur importante ; pas l’assistanat. Etre feignant n’est pas un problème, sauf lorsqu’on l’est avec l’argent des autres.

      • Romain

        Je ne crois pas qu’instaurer cette mesure va produire des hordes de feignants qui végèterons devant leur télé toute la journée ou boirons des pastis pendant toute leur vie. Au contraire, une fois que le problème de la subsistance sera réglé pour tout le monde (en gros logement, nourriture…), chacun aura la liberté de décider ce qu’il veut faire de sa vie. L’homme est un animal social, qui a besoin de s’accomplir dans certaines et de reconnaissance. L’extrême majorité des gens continuera à avoir des activités productrices d’argent, de lien social. Et vous, si on vous assurait un revenu de subsistance, que feriez-vous? Vous resteriez chez vous a ne rien faire?
        Quand à être paresseux avec l’argent des autres… Vous considérez donc qu’on juge de la valeur d’une personne a la quantité d’argent qu’elle gagne et rapporte à la société. Personnellement faire du fric ne soit plus l’horizon indépassable de l’homme.

      • Romain :
        « Et vous, si on vous assurait un revenu de subsistance, que feriez-vous? Vous resteriez chez vous a ne rien faire? »

        Oui. Et d’ailleurs je suis bien placé pour savoir que dans une telle situation ce serait le cas, car j’ai longtemps vécu du RSA sans rien faire, en tout cas sans rien faire de réellement productif. Je ne me suis sorti les doigts que lorsque le RSA ne suffisait plus.

        « Quand à être paresseux avec l’argent des autres… Vous considérez donc qu’on juge de la valeur d’une personne a la quantité d’argent qu’elle gagne et rapporte à la société. »

        Vous faites beaucoup d’extrapolations à partir de pas grand chose😉
        Du reste, c’est vous qui donnez de la valeur à la paresse en souhaitant lui apporter un revenu. Personnellement je profite mieux de mes instants de paresse depuis que je la finance par mon travail.
        Quand à la quantité d’argent qu’on peut gagner en étant sur le marché, ce n’est pas moi qui en donne la valeur, mais l’ensemble des consommateurs qui sont prêts à payer (ou pas) pour ce service. Ce n’est pas moi (en tous cas pas plus qu’un autre) qui décide si les entrepreneurs reçoivent ou non un revenu.

  3. Phaeton

    Félicitations à l’auteur pour cette réflexion !

    Je suis citoyen suisse et français, né et vivant dans le Canton de Vaud.

    Engagé en politique au niveau de ma commune dans son parlement, le débat sur le revenu de base m’intéresse même si le résultat de la votation ne fait pas de doute pour moi.

    Il faudrait effectivement y incorporer une dimension libérale pour espérer la double majorité (peuple et cantons), ce qui me semble difficilement réalisable vu les porteurs du projet d’orientation « gauche-de-la-gauche ».

    Je rejoins complètement l’analyse des blocages de la société française que j’observe attentivement depuis mon balcon😉 Si seulement plus de citoyen(e)s français connaissai(en)t comme vous le système suisse !

    J’affectionne Etienne Chouard mais le problème est effectivement dans la violence de ses propos qui sont contre-productifs. Même si je partage en bonne partie son analyse.

    A court terme, la solution en France, plutôt que le revenu de base, passe par le respect de la séparation des pouvoirs et l’instauration d’une Démocratie beaucoup plus représentative peut-être pas complètement sur le modèle suisse, très décentralisé, mais peut-être sur le modèle allemand qui est intermédiaire avec son système de grands Länder. Mais s’il devait y avoir une nouvelle Constitution, il faut incorporer les outils de contrôle populaire que sont le droit au référendum et à l’initiative populaire qui oblige les politiciens, de manière préventive, à tenir compte de la volonté du Souverain, c’est-à-dire du peuple.

  4. Brinde Lucidite

    Nous ne résoudrons pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés; A Einstein…. Le RBI ne représente pas une option ni un choix politique mais simplement un outil administratif rationnel, intelligent, équitable, finançable (comme I-smartphones… direz vous qu’ils sont de droite ou de gauche parce que c’est un gars-nana à droite ou à gauche qui l’utilise ou direz vous que la corde qui pends un mec de gauche ou de droite a une couleur politique). Le RBI est inéluctable et inévitable c’est une question de temps, (le temps c’est de la souffrance en gros, même si qq- chouettes choses) et il n’y a pas de meilleure réponse au nouveau paradigme…tracteurs robots, logiciels, application etc. Le RBI (en Suisse et en France) est évidement finançable que se soit de manière libérale (Tobin et Friedman le recommandent) ou de manière plus intelligente… sur l’activité économique (via VAN ou TVA ainsi aussi paresse et bénévolat participent au financement) et pas sur les cotisations sur le travail ! d’autres modes de financement existent taxe transactions financières, bancaires(sic), téléphonie robots logiciels applications etc. et en suisse avec l’initiative monnaie pleine (« re-socialisation » de la banque nationale suisse) ! Le RBI ne représentera pas une assistance mais un droit constitutionnel puisque tous les citoyens le percevront (même si les riches se paient eux-mêmes leur RBI) Le RBI est réalisable, réaliste et opportun permet la pacification des relations sociales et de l’économie, la rationalisation administrative, une évolution culturelle et modernisation sociétale, l’émancipation de la misère pour chacun et l’application formelle pratique et explicite des droits de l’être humain et de la constitution helvétique ! Le RBI l’essayer c’est adopter.

  5. Brinde Lucidite

    Non Ramite, il ne s’agit pas de financer RBI par la création monétaire… c’est juste une possibilité entre nombreuses autres possibilités de financement. c’est le principe du RBI qui sera débattu … et pas un de ces modes de financement qui sera discuté plus tard… le RBI égale le 1/3 du PIB suisse …donc l’argent est bien ici et disponible c’est juste le transfert qui sera plus équitable. Que les banques privées suisses s’accordent entre elles des lignes de crédits (créent donc de l’argent sur rien) plus de 200 mia/an dont chacun paye (et même l’état) les intérêts ne semble pas trop vous gêner alors que de mon point de vue l’argent et la monnaie sont publics et permettent l’échange. La monnaie et l’argent entassé dans les banques ou sur des comptes privés est MORT.. la fonction de l’argent est de circuler et accessoirement de réduire la souffrance, si l’argent créé de la souffrance ou de la misère (spéculation ou intérêt trop lourds) alors c’est qu’il est mal utilisé. même si ce n’est pas moi qui décidera je suis plus en faveur du financement par la VAN des entreprises ou la TVA (50 ou 100% et réduction des charges correspondantes des entreprises) mais d’autres ont leurs préférences. L »important c’est le principe du RBI et le financement sera choisi démocratiquement après (probablement mix ifd, TVA, taxes, etc.)
    L’inconditionnalité du RBI représente une économie administrative et étatique (10mia/an en suisse .. et donc « à la louche » 80mia/an en France) moins de fonctionnaires et moins de besoin politique. Visitez le site wiki nombreux économistes (de droite ou gauche) se prononcent pour son adoption James Tobin et le prix Nobel d’économie Milton Friedman/impôt négatif http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_partisans_du_revenu_de_base et regardez SVP le film gratos sur internet « Revenu de base inconditionnel une impulsion CULTURELLE »

    • Je préfère en effet de loin un RBI financé par la TVA ou par l’IR- ; parce que le problème de la réserve fractionnaire bancaire n’en est pas un, et que la soi-disant création monétaire que réalisent les banques n’est qu’une ridicule théorie du complot.😉

  6. Brinde Lucidite

    Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence. Arthur Schopenhauer ! Comme le vote des femmes la fin de l’apartheid ou l’assurance maladie … la réalisation de l’AVS (retraite en suisse) à pris plus de 30 ans elle avait ses opposants majoritairement…. et évidement ils se sont rendus à l’évidence… je vous assure que le RBI est inéluctable et inévitable c’est une question de temps ( … alors évitons d’en perdre) … on pourra discuter du financement après l’adoption du principe. Le choix est entre l’utopie (ce qui n’a pas ENCORE été réalisé, le vote des femmes fut longtemps considéré comme une utopie avant de devenir réalité) et la dystopie( WIKI Une dystopie, également appelée contre-utopie, est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur.) voici ou se situe le choix RBI . Ceux qui contestent le RBI n’ont qu’a proposer une meilleure solution (c’est trop facile de bavarder et contester… tout est contestable! )… ou dire qu’ils préfèrent s’accommoder du système actuel jusqu’à ce que le système remette en question ses propres valeurs ou implose .. Une autre option que le RBI (et que le RBI permettrait favorablement d’adopter) serait le « partage du travail résiduel » (qui ne sera pas remplacé par robots, gains de productivité ou autres numérisation)

    • karmai

      « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence ».

      Désolé de le dire, mais une telle assertion ne me semble pas validée par les faits. Déjà qu’il est difficile de parler de « vérité » dans l’absolu, mais admettons cela. Au delà de ce « détail », il y a des « vérités » qui n’ont pas du tout suivi cet itinéraire. Il est par exemple de notoriété publique des vérités mathématiques développées par les grecs qui se sont retrouvées dans l’Empire musulman avant d’être remis à jour en Europe où elles ont par certain endroits disparues (on peut voir le magnifique film « au nom de la rose » par exemple). Les idées considérées comme « vraies » peuvent reculer, voir disparaître. LA difficulté de mon point de vues étant que « les vérités » perdues, par définition, sont perdues, et je ne peux donc pas les connaitre🙂

      Une vision linéaire (en trois étapes) de l’évolution des idées me semble, par contre, tout à fait ancrée dans une idéologie du progrès (et donc moderne) qui voudrait que « la vérité » ne recule jamais mais finit toujours par avancer. C’est d’ailleurs assez cohérent de défendre le revenu de base et d’avoir une telle vision progressiste de l’humanité puisque cette idée prend sa source très directement avec le révolutionnaire Thomas Paine au détour du XVIII-XIX. Un de nos papas à tous en quelque sorte🙂

      Ainsi, je pense qu’on ne peut pas dire que le revenu de base soit inéluctable. Imaginons un scénario du monde avec une grande descente énergétique, la potentialité des « esclaves énergétiques » qui disparaît presque entièrement. Je ne suis pas sur qu’un monde avec un revenu de base soit encore possible.

  7. Pingback: Réflexion sur le rejet du revenu de base...

  8. rahane

    la question du RDB m’en soulève une autre
    tout le monde est prêt à recevoir un RDB
    mais qu’est ce que tout le monde serait prêt à donner pour qu’un tel système soit viable?
    parce que l’économie est un système certes mais émane des humains pour leur permettre de gérer leurs échanges
    la situation présente de l’économie est le résultat d’un déséquilibre de répartition et d’utilisation.
    et la question du revenu se confond avec le fait de plus en plus rare de la coincidence revenu /travail qui ne fonctionne plus.

    mais pris séparément et non dans leur interrelation il reste du travail à fournir et les gens ont besoin d’un revenu dans un monde marchand
    ou alors on remplace le monde marchand par autre chose
    mais reste encore le travail et les besoins( d’échanges)

    le RDB ne peut se penser comme un système dont on ne penserait qu’une extrémité: celle de recevoir un revenu et supposer que cela autorèglerait tout le reste.
    mais clairement il faudra bien trouver une issue à la disparition du travail salarié.

  9. rahane

    j’entends de plus en plus de retraités dire:
    maintenant j’ai une retraite alors je fais ça en plus, ça me rapporte un petit complément, mais surtout j’ai plaisir à le faire parce que c’est mon choix à mon rythme ma mesure et je suis tranquille coté argent même si ce n’est pas beaucoup.la retraite assure le minimum quoi qu’il arrive.
    donc on pourrait dire que nombre de retraités avec petites retraites sont déjà dans un fonctionnement type du RDB
    et ce qu’ils commentent est moins la question des montants que la question de la disparition du stress , la disparition de la peur de ne plus avoir de statut social, d’assurance santé, et le recouvrement d’une certaine liberté d’action et du plaisir à entreprendre.
    pourquoi ne pas chercher à réduire donc le stress la peur de perte de statut social et d’assurance santé compte tenu du cout que cela représente?
    ces retraités actifs ne prennent pas d’anti anxiolitiques et contribuent à la création de productions ou services.

  10. Newbie

    Bonjour Ramite,
    Je découvre ce blog au travers de cet article. Comme je me considère « en apprentissage » sur les sujets évoqués dans les commentaires, je serais très heureux de mieux comprendre vos positions suivantes pour moi même progresser.
    Pourquoi financer tout ou partie du rdb par la création monétaire serait absurde? En est-il de même s’il s’agissait de financer une transition énergétique?
    Dans le commentaire suivant vous parlez de théorie du complot en citant la création monétaire par les banques de second rang. Je suppose que vous ne parlez pas de ce qui est décrit en toute transparence dans le livret « la monnaie et nous » de la banque de France. Quelles sont le chose que vous ne considérez pas vraies sur ce sujet ?

    • Bonjour Newbie, désolé de ne voir votre commentaire que maintenant.
      Oui, il en serait de même s’il s’agissait de financer une transition énergétique, ou quoi que ce soit d’autre par la création monétaire. La création monétaire génère l’inflation, c’est-à-dire la répercussion des « investissements » (la création monétaire) sur les prix, pénalisant ainsi les plus pauvres, ceux pour qui la consommation des produits de première nécessité représente la plus grande part du revenu. C’est d’ailleurs bien pour cela qu’aujourd’hui les Etats pratiquent la création monétaire (et non les banques), c’est pour pouvoir faire payer aux pauvres les coûts de leurs politiques coûteuses, sans pour autant augmenter les impôts, donc en passant inaperçu.
      Le livret « La monnaie et nous » de la Banque de France oublie juste de dire que si ce sont bien les banques qui créent la monnaie, elles le font pourtant bel et bien « pour le compte » de la Banque de France, et non pour leur propre compte. Le pouvoir, en matière de création monétaire, est bel et bien dans les mains du politique.

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