Faire un max de blé grâce à la permaculture : La méthode Fukuoka-Bonfils

CéréalesTallage

Un permaculteur complètement inconnu du grand public a peut-être mis au point une technique de production de blé révolutionnaire. Alors qu’en Beauce aujourd’hui, les agriculteurs les plus en pointe lèvent fièrement leur poitrail en réalisant 100 quintaux de blés à l’hectare, Marc Bonfils, déclarait dès les années 80 pouvoir en produire 150. Sa solution? S’inspirer de la physiologie de la célèbre graminée. Une démarche qui prend sa source dans la lecture du livre de Fukuoka, la révolution d’un seul brin de paille. Coup de génie, coup de folie ou les deux?

Qui est Marc Bonfils?

Autant le dire tout de suite, la vie de ce personnage est des plus énigmatique. Dans un cours donné dans les années 80 il parle un peu de son parcours, qui le mène d’abord en Afrique. Rapidement, son ignorance technique la fait revenir en France pour acquérir un plus grand savoir agronomique, duquel il nous a laissé de timides mais riches héritages écrits. De ce savoir, et pendant 3 ans, il réalisera notamment une expérience en Beauce, sur la culture du blé en permaculture. Le résultat semble assourdissant, 150 quintaux par hectare. J’ai voulu en savoir plus pour juger du réalisme d’une telle déclaration, c’est l’objet de cet article.

StageInformationCéréalièreAvant toute chose, j’ai essayé de connaître le personnage et éventuellement rentrer en contact avec lui pour obtenir des informations de premières main, mais ce curieux permaculteur avait déjà rendu l’âme. Des dizaines d’années après avoir mis de côté la permaculture, on l’a retrouvé près de Bugarach, avec 17000 euros dans son sac à dos. On a découvert à cette occasion que son squelette près de la montagne qui devait échapper à l’apocalypse. Ambiance. Un profil paranoïaque? Possible, mais pas si sur, Marc Bonfils emportera avec lui une partie de son mystère. Quoi qu’il en soit, c’était une personne avec une grande acuité d’esprit qui, comme l’a dis son père à sa mort « était un chercheur qui aura passé sa vie à chercher ». Pour qui a lu Bonfils, on le ressent dans ses pages et dans les cours qu’il a donné en 1986, un savoir encyclopédique, un esprit rigoureux. Le profil : un potentiel génie passé inaperçu.

La culture moderne du blé

Avant de détailler la méthode de Marc Bonfils, il convient de décrire rapidement la culture du blé telle qu’elle est aujourd’hui. Le blé d’hiver, qui est donc amené à passer un hiver avant de mûrir, est semé à l’automne dans un champs nu préalablement labouré et travaillé pour n’accueillir que la semence. Après une courte croissance du plant, il y a une période de dormance avec le froid. La reprise de croissance de ce blé s’effectue à la fin d’hiver et atteint en général sa maturité au mois de Juillet. La première phase de développement, appelée tallage, consiste en la formation de tiges secondaires par rapport à la première apparue. Chacune d’elle, appelée talle, est amenée à donner un épi, et chaque épi porte les grains de blé. Ce point aura son importance pour la suite. Avec cette approche, les premiers stades de développement du blé se font à température faible et produisent donc peu de talles, donc peu d’épis. Par contre, sur un mètre carré sont semés des centaines de plants, ce qui garanti un grand nombre d’épis par mètre carré.

Croissanceblé

La culture du blé est aujourd’hui toujours moto-mécanisée, du semis jusqu’à la récolte. Les variétés utilisées sont à paille courte, ce qui privilégie la mobilisation de la matière organique vers le grain. En général, on exporte  la paille après la récolte. La culture du blé mobilise des amendements en azote minéral importants et des applications de traitements pour lutter contre les différentes menaces qui pèsent sur elle. Le rendement moyen en blé aujourd’hui est aux environs de 70 quintaux, dans les meilleures terres on peut dépasser 100 quintaux, comme en Beauce, le grenier à blé de la France.

La culture selon Marc Bonfils

Marc Bonfils effectue sa culture du blé en suivant trois principes fondamentalement différents. Tout d’abord, il sème son blé pendant l’été alors qu’il est traditionnellement semé à l’automne. Semé plus tôt, autour de la St Jean, on garantie une levée rapide de la graine grâce à la chaleur, à un sol actif et une forte minéralisation. Encore plus, le tallage, mentionné plus haut, est alors très actif, car celui-ci est optimal pour des températures superieures à 20°C. Résultat, à l’entrée de l’hiver, on obtient un plant déjà très développé notamment au niveau des racines et avec un grand nombre de talles, contrairement à la méthode traditionelle où la croissance est fortement limitée pour passer l’hiver. Second point de la méthode, le blé est semé à très faible densité. Environ 3 plants au mètre carré contre plus de 300 dans la méthode traditionelle. Cela revient à semer un plant tous les 60 cm. Ce faible semis, permet un développement optimal du plateau de tallage et de l’espace pour les racines, en dehors d’une économie de semence. Enfin, dernier élément clef, l’installation d’un couvert permanent de trèfle blanc (trifolium repens), celui-ci devant être installé avant le premier semis de blé.

Trifolium_repens

La présence permanente de la légumineuse est essentielle car les nodules de rhizobium au niveau de ses racines va fournir un apport significatif d’azote au blé qui en a fortement besoin. Le rhizobium est une bactérie symbiotique des racines de légumineuse qui est capable de fixer l’azote atmosphérique et de le rendre disponible dans le sol. Le potentiel de production se compte en centaine de Kg d’azote, des valeurs potentiellement équivalentes à celles qui sont apportées par épandage de fertilisant chimique. Ce couvert a en plus le bénéfice de contrôler une partie des mauvaises herbes ainsi que de conserver le sol plus humide et de produire de la matière organique pour la vie du sol.

Une fois la récolte effectuée, la paille est laissé sur place pour alimenter la vie du sol en matière organique. Une particularité importante de la technique tient au fait que la culture de blé suivante est semée dans le blé précédent alors qu’il est en train de mûrir. Traditionnellement  on attend que la culture suivante soit finie pour semer la suivante. En conséquence de cela, Bonfils n’effectue, comme Masanobu Fukuoka, aucun labour en vue du semis et laisse la vie du sol « faire le travail », celle-ci étant alimentée par la production de matière organique et d’azote du trèfle, de la paille et des restes de racines de blé.

Pour plus de détails sur le mode de culture selon Marc Bonfils, on peut se reporter à son cours donné en 1986:

Limites de la méthode?

Cette technique aboutit à un champ dont le sol s’enrichit chaque année. Comme le rappel Marc Bonfils dans son cours, la culture du blé, convenablement cultivée, est une plante améliorante. C’est ainsi que Bonfils déclare qu’après trois années d’experience dans le bassin parisien, le rendement s’améliorait, car le sol s’enrichissait. Mais que penser de sa déclaration de rendement, 150 quintaux par hectare, est-ce seulement possible? Un ingénieur agronome prudent vous répondrait de manière dubitative. Pour autant, dans son livre L’agriculture naturelle, Jospeh Pousset, un agriculteur-agronome, mentionne la culture de blé « jardinée » (ou blé biné) où il est tout à fait possible d’obtenir plus de 100 quintaux par hectare sans intrants d’aucune sorte, en favorisant également un fort tallage. Il parle de 120 quintaux. Cette méthode de culture aurait été utilisée pendant la seconde guerre mondiale. Jospeh Pousset mentionne que ce mode de culture « n’est pas applicable sur des grandes surfaces », toutefois il vient confirmer que 150 quintaux par hectare est tout à fait possible dans le cas de Bonfils, car ce dernier va beaucoup plus loin que la méthode jardinée mentionnée par Pousset, par le semis précoce et le couvert de trèfle blanc notamment.

Une des difficultés de cette méthode est l’utilisation de variétés de blé particulières, à forte résistance au froid, à paille longue et à fort potentiel de tallage. Il est fait référence ici et là à l’utilisation de variétés sélectionnées avant 1826. De fait, même si Bonfils prétend être arrivé à mettre en place sa méthode avec des variétés modernes, des souches anciennes sont plus adaptées à cette méthode. En effet, il faut que la variété puisse être semée l’été sans qu’elle monte en graine avant l’hiver. Sur le forum permies.com, Zoran Petrov a experimenté la méthode Bonfils. En utilisant la variété Banatka (obtenue avant 1826) il a obtenu dès sa première année des rendements similaires à ceux de sa région. Toutefois, lors de sa première année de culture, le trèfle n’a pas été implanté après le blé, contrairement à la méthode Bonfils. L’année suivante nous révèlera plus sur le potentiel de la méthode. A suivre donc.

Bonfils

Méthode Bonfils – Blé avec couvert de trèfle blanc – Photo par Zoran Petrov

Une méthode prometteuse à confirmer

En guise de conclusion, cette exploration m’amène à penser que cette technique est pleine de potentiel. Un travail de thèse récent, réalisé par Matthieu Carof, provenant de mon école d’ingénieur, commence à explorer (timidement) dans la direction des couverts végétaux dans la culture du blé, mais sans y aller aussi radicalement que Marc Bonfils. Au final, son approche ne semble pas avoir été expérimentée à sa juste valeur en vue de confirmer ses premières experiences. Si le potentiel incroyable se voyait confirmé, il faudrait alors réfléchir à la transcription de cette méthode à la mécanisation pour les grandes cultures. Encore plus, le potentiel de cette méthode serait encore plus grand si il était associé avec la productivité et la résilience de l’agroforesterie, déjà mentionné sur ce site. Quoi qu’il en soit, la méthode Bonfils recèle un grand potentiel, avis aux amateurs d’experimentations fortes.

69 Commentaires

Classé dans Agriculture, Alimentation

69 réponses à “Faire un max de blé grâce à la permaculture : La méthode Fukuoka-Bonfils

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  4. Merci pour cet article qui manquait,

    est-ce que tu sais sur quelle surface a expérimenter Bonfils pour extrapoler ses résultat à l’ha ?
    est-ce qu’il est facile de semer à une si faible densité parmi une culture déjà en place ? Si la surface est petite, ça peut etre fait à la main, mais sinon existe-t-il des machines adaptées ? Les semoirs traditionnels sont à hauteur de sol.

    • karmai

      Oui, il le dit dans son article. Il a experimenté sur quelques ares. Il a donc extrapolé pour obtenir un rendement à l’hectare. Marc Bonfils mentionne qu’il est possible de semer 1 hectare par jour pour une personne en semant à la main à une densité de 3 plants/m2.
      L’idée répétée ici et là est que cette méthode est forcément limité à de petites surfaces. Effectivement, si on se tient à un semis à la main, c’est un gros facteur limitant. Marc Bonfils, de son côté, ne cache pas sa méfiance par rapport à « la civilisation mécaniste » comme il l’appelle. De mon côté je pense que mécaniser le semis dans cet itinéraire technique n’est pas du tout impossible, d’autant plus que les différents plants ont un écart important (60cm) et que les graines sont juste posée et pressé contre le sol. Il existe des semoirs manuels qui me semblent pouvoir faire le boulot bien plus rapidement. Le plus difficile à mécaniser est probablement la récolte. Mais à mon avis, rien n’est impossible.

  5. lardant didier

    la production de blé en conventionnel en beauce et dans le nord de la france est de 130 q /ha ce qui montre la potentialité du blé , dons 150q avec la méthode Bonfils est jouable sur de petite surface.
    alix

  6. Vince

    Excellent cet article ! Bravo pour le travail documentaire, l’enregistrement du cours est tout simplement génial ! Affaire à suivre…

  7. Bonjour et meilleurs voeux, j’ai lu le livre de MASANOBU FUKUOKA, « La Révolution d’un brin de paille » et je l’ai trouvé très intéréssant de par le fait qu’il propose une méthode pour travailler la terre et surtout ensemencer et suivre les champs dans leur développement, facilement maîtrisable par n’importe quel agriculteur, en tous cas celui qui n’a pas beaucoup de moyens. M FUKUOKA développe aussi une méthode culturale qui s’appuie sur les techniques traditionnelles, qui respecte l’environnement et qui évite aux consommateurs des aliments qui, au lieu de les nourrir, leur fait, souvent, courir le risque d’être contaminés par des aliments contenant de nombreux produits chimiques (glyphosate, et autres intrants).
    Ces produits « génétiquement modifiés », la plupart du temps, étant donné l’aditionnement de produits chimiques à leur composition, déversés dans nos Pays en voie de développement, ne peuvent que provoquer des difficultés d’ordre sanitaire dans nos organismes. Ce sont aussi des produits qui coûtent très chers et qui mettent à mal les budgets de nos ménages, souvent dépourvus de moyens.
    André GOPOEA.

  8. Damien


    Les choses avancent!!!

    • karmai

      Oui, le semis direct est aujourd’hui une technique très diffusée de part le monde aujourd’hui. La minimisation des couts par l’association Semis direct + Glyphosate + OGM est toutefois majoritaire par rapport à ce que l’on voit sur cette vidéo.

  9. Damien

    Autre chose d’hallucinant:
    le jardin des fraternité ouvrière en Belgique

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  12. Laure-Anne

    Bonjour à tous !
    Après « le monde selon Monsanto », un autre reportage de Marie-Monique Robin, « les moissons du futur », illustre et soutient tous ces propos.
    Pour tous ceux qui ne l’ont pas encore vu, je vous en donne l’occasion par ce lien :

    C’est plein d’espoir, ça fait plaisir à voir et ça donne envie d’y croire !
    L.A.

  13. à Nicollas : la mécanisation du semis est tout à fait possible à cette échelle, mais il faut ajouter du bricolage au semoir !
    à Karmai : Et pourquoi donc la mécanisation de la récolte serait-elle plus complexe avec cette méthode qu’avec une autre ?

    • karmai

      Selon moi pour deux raisons:

      1 – Le blé est buissonant et donc les épis peuvent être à des hauteures différentes, contrairement aux blés modernes qui sont à peu près à la même hauteur de coupe.
      (Solution envisagée: il faut un « peigne » qui précède la ligne de coupe)

      2 – Le blé de l’année n+1 est alors normalement déjà semé lorsqu’on récolte le blé de l’année n, il faut donc chercher à éviter pendant la récolte de trop abimer les plants à venir. (Problème mineur si on pense à l’experience de Fukuoka avec le riz)

      • ok, mais selon moi :
        1 – La hauteur de coupe de la moissonneuse doit sans doute pouvoir se rabaisser.
        2 – Une moissonneuse est un outil large, et il doit être possible de semer la céréale n+1 en dehors du tracé prévu pour faire rouler la moissonneuse, surtout si on ne sème qu’un plan par mètre carré. Il suffit de prendre quelques repères bien calculés au départ. Les agriculteurs le font déjà actuellement, notamment pour les épandages.

  14. bruno

    Juste un petit témoignage…j’ai participé en 1985 au stage de permaculture dans l’Aude, organisé par Emilia Hazelip, et animé par un américain, Sego Jackson ; c’est lors de ce stage de plusieurs jours que Marc Bonfils est passé du rôle de simple participant, faisant partie du public comme moi, à celui de conférencier en nous dévoilant sa méthode révolutionnaire, et parlant de ses fabuleux rendements obtenus…en clairière de forêt de Fontainebleau ! Nous étions captivés, c’est vrai, en écoutant ce personnage un peu secret, à l’aspect doux, calme, aux très longs cheveux blonds. Par la suite, Emilia le prit sous son aile, organisa d’autres stages où Marc fut le conférencier principal, et publia sa méthode en fascicules…
    Maraicher bio en installation en Bretagne à l’époque, j’avais fait un essai, avec des variétés de blé et de seigle préconisées et récupérées à L’INRA, semis en Août tous les 50 cm en tout sens sur terrain propre et semis de trèfle blanc nain ensuite : pas très concluant, mais il est vrai que quelques bretonnes pie noires étaient venus brouter le champ expérimental au mauvais moment…
    il me semble que l’association Triptolème et une personne de l’Inra de Rennes s’intéressent à cette méthode…

    • karmai

      Merci pour ton témoignage. Au niveau de ton essai, je ne pense pas qu’on puisse qu’on puisse en tirer une quelconque conclusion étant donné l’intervention de vaches et le semis de trèfle tardif. Encore plus, les terres bretonnes ne sont pas connues pour donner d’excellents rendement en blé de toute façon. Toutefois, ce n’est pas rédhibitoire, il suffit de comparer avec les blés autours.
      Pour faire cet article j’ai tenté de rentrer en contact avec Nicolas Supiot qui est très actif dans l’association Triptolème mais sans succès. Il ne m’a pas parlé d’experimentation actuelle dans ce sens actuellement. A confirmer.

  15. Bonjour à tous , En fait, je viens d’apprendre la mort de Marc Bonfils , en fait j’ai travaillé avec son père pendent deux années et ai eu l’occasion de le rencontrer à quelques reprises. En effet il s’agissait d’un personnage « hors du commun » de type savant fou, qui lorsqu’il s’intéressait à un domaine il l’étudiait à fond -Permaculture-sociétés secrètes, évangiles apocryphes, apiculture et bien d’autres domaines, malheureusement ce qui lui manquait était l’aptitude à mettre en pratique en dehors de l’intellect (sauf peut être en ce qui concerne sa mort). Quelques mois avant le décès de Emilia Hazelip, alors que je la contactais pour avoir les coordonnées de Marc, celle ci me répondit : »Il à disparu dans la nature »…. il semblerait que cela l’ai suivi jusqu’à sa fin!
    paix à ton âme cher Marc !

    En ce qui concerne les rendements de 150q /ha énoncés dans la Beauce, cela me parait quelque peu exagéré!
    Bien que le semis direct dans le trèfle soit une piste que j’expérimente moi même sur de petites surfaces, il me semble du plus grand intérêt de faire des essais avec un grand nombre de variétés anciennes de blé , mais aussi ,dépeautre »monococum » et spelta, qui ont l’avantage d’êtres vêtus ce qui présente un intérêt particulier pour le semis direct (y compris à la volée) Beaucoup moins d’attaques de limaces et oiseaux! Les blés amidonniers se comportent bien aussi pour les mêmes raisons.
    Pour ma part je fais désormais partie du CETAB qui est une asso de sauvegarde de blés anciens, j’y fait de la conservation variétale et celà me permet d’avoir accès à pas mal de « materiel » pour expérimenter.
    Cette année j’ai semé à la volée en septembre 2 var population d’orge dont un nu ,du « spelta » du T.macha, des amidoniers, du khorazan.
    Aussi un semis direct dans le sainfoin après un an de culture (enfouissement par hersage léger) de monococum et blé compact hérisson de population.
    Ceux qui veulent me contacter pour partager….wellcome!

    • desroches gerard

      bonjour je souhaite semer du monococum j’ai un terrain dans le sud de la Sicile je voudrais savoir ou je dois me procurer une semence correcte. La couverture de trèfle blanc est-elle possible?

      • karmai

        Je ne saurai vous dire où vous procurez cette semence. Quand au trèfle blanc il est à ma connaissance non adapté à un climat comme la Sicile qui doit être très sec. Le trèfle a besoin d’avoir ses racines (superficielles) dans un minimum d’humidité. Son aire de prédilection est l’Ouest de la France pour vous donner un ordre d’idée. Il faudra chercher d’autres plantes qui pourraient remplir la même fonction (couvre sol et légumineuse) mais adaptées au climat méditerranéen.
        Bon courage pour votre projet de cultures.

      • lymus

        le Trèfle blanc se trouve jusqu’en nouvelle Zélande il n’a pas d’aire de prédilection, il y a des variétés méditerranéenne.

  16. on peut trouver une Retranscriptions d’une partie des recherches de Marc Bonfils sur l’agriculture synergétique sur se site
    http://www.scribd.com/fullscreen/101346095?access_key=key-el4hmznq3qaoln5umau

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  19. rahane

    jules césar a voulu envahir la gaule pour s’approprier les terres des gaulois gros producteurs de blé dans l’idée que c’est la terre qui fait le blé et non le gaulois
    les gaulois marchandaient leur prospérité jusqu’aux rives de la baltique et du danube
    que sait on de la méthode de culture de l’époque qui procurait tant de blé aux gaulois? plus qu’il n’en fallait pour se nourrir eux-même et permettre des échanges avec les peuples frontaliers et commercer si loin?

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  21. flyingdust

    Excellent!! Comment tu as déniché le cours de bonfils? J’adore ce format audio, je me pose dans mon canapé et je prends le temps d’imaginer tout ce que j’entends. Faut que je réecoute ça d’ici peu, mais l’idée est géniale: Minimiser le nombre de plantes à la surface, maximiser la période de culture, et maximiser le rendement par plante. Chaque plan de blé devient véritablement unique tel un petit arbre, j’adore!

    • karmai

      Les cours de Bonfils ont été sauvé et mis librement à disposition sur ce site : http://www.permaculture-sans-frontieres.org/cours-audio-marc-bonfils

      Finalement ce n’est pas l’accès le problème mais bien plutôt l’écoute de cette masse d’information, le tri et parfois aussi la retouche du son K7 qui est tout de même de piètre qualité. En faisant cet article c’était relativement facile car je savais quel élément des cours de Bonfils je visais en particulier.

      L’idée a du potentiel effectivement, il ne manque que des experimentations rigoureuses pour en mesurer le potentiel réel. Le blé buissonant en agroforesterie et couvert de trèfle, c’est sur que ça doit en avoir de la gueule. ^^

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  25. global purpose

    Bonjour bonjour … pour les sceptiques voici un petit lien : http://hippotese.free.fr/blogdocs5/Methode-de-culture-Jean.pdf
    1385 kilos a l hectare , une mauvaise annee (1915 je crois) , la methode de Monsieur Jean est tres différente de celle de Fukuoka mais Elles se rejoignent sur un point (au moins) : respecter et favoriser la Vie du Sol …. les Amis : ce monsieur Jean etait une revolution a lui tout seul pour son temps …maintenant n oublions pas que la quantite est un peu un detail compare a la qualite et la diversite … j invites les gens a approfondir leurs recherches sur les ecrits de Fukuoka San et de son travail qui est loin de se resumer a la Révolution d un seul brin de Paille ….. en meme temps ne cherchez pas trop autour , toutes les reponses sont en Vous … tous ces ecrits n ont de bons finalement que ce qu ils font raisonner en Vous . la Simplicite …….. Si Vous voulez vraiment avoir des réponses pertinentes emmenez Vos enfants en Foret et demander Leur de Vous expliquer ….. Leur Poesie Naturelle est souvent bluffante !!!!!!!!!
    Ps : pour moi cette methode Bonfils est une partie de la methode de Fukuoka … Maintenant on parle de Fukuoka mais il y a plein de Fukuoka San ici dans les montagnes du Japon , je penses qu il y en a sur toute la planete !!! Ganbatte Kudasai ne !!!!

  26. Erudìhen

    Attention, 1385 kilogrammes par hectare, faut bien faire la conversion, c’est égal à 13 quintaux par hectare, un rendement moyenâgeux. En 1915 c’était déjà au-dessus de la moyenne nationale donc ça reflète bien le niveau technique de l’époque de toute façon.

    Pour donner une référence plus sérieuse, John Jeavons a déjà atteint les 110 q/ha et ce en utilisant 1/4 de l’eau nécessaire en conventionnel à productivité équivalente. Avec sa méthode biointensive, écrit-il dans l’édition 2012 son livre, il a comme objectif réaliste de sortir 2 récoltes successives de 120 q/ha chacune, le tout en 8 mois.

    Pour la culture du blé d’hiver selon la méthode Bonfils, les retranscriptions ne sont pas encore terminées. Un nouveau fascicule sur le blé d’hiver est en train d’être réalisé.
    Le fascicule que j’avais retranscrit donne déjà des éléments intéressants. 150 quintaux était apparemment une estimation moyenne de la part de M. Bonfils.
    Avec le tableau « exemple de résultats » page 9, il est possible de calculer le nombre de grains par hectare et en fixant le poids d’un grain de blé tendre à 40 mg, obtenir la productivité à l’hectare. Première colonne, en conventionnel à 1,5 épi par plant, 25 grains par épis et densité de 350 plants/m², on retombe bien sur la moyenne nationale pour le blé tendre fin des années 80, 50 quintaux/ha. Deuxième colonne, essais INRA de la même époque, ça donne 110 quintaux. La troisième colonne, méthode Bonfils, en estimation basse c’est 120 q/ha, en estimation haute avec 300 épis par pied et 150 grains par épis sur une densité de 1.5 plants au m², c’est 270 quintaux/ha. Ce qui est à peu près la même estimation que Jeavons avec ses 2×120 q/ha/an en biointensif.
    N’importe qui peut vérifier par soi-même si un pied de blé ou de seigle peut oui ou non sortir de 100 à 300 talles. Il n’est pas très dur de cultiver un seul grain de blé ou de seigle selon la méthode, au pire dans une jardinière de 100 cm pour quelqu’un qui n’a aucun espace, et voir par soi-même. Se procurer des semences anciennes n’est pas dur du tout.

    Amicalement,

    Erudìhen

    • global purpose

      Hola !! bien Erudihen , un vrai ingenieur agronome … Monsieur Jean n arrosait pas et regardes bien ou il officiait ….
      En comparant , puisqu on en est (encore) la … a combien estimes Tu la recolte annuelle sur un de ses champs a l epoque de Fukuoka (en comptant orge , riz et ble ou tout autre « rotation » qu Il preconisait par exemple) mais on n est pas la pour comparer la taille de « nos » outils … personnellement je me contrefiches du rendement , j attirais l attention (mais Tu n as pas du lire le texte sur monsieur Jean en entier ni meme peut etre mon message) sur des choses qui ont l air de T avoir echappe apperrement et dont certaines pourraient couper la chique a certains deposeurs de brevets (inventeurs) comme ici (le premier a l air de 1975) :
      http://www.google.com/patents/WO2012151382A1?cl=fr

      … relis bien mon message precedent … et bons chiffres a Toi … Si Tu n’ attends rien de ton champs , meme un grain de riz de ce lui ci Te comblera .
      C est le « serieux » des hommes a cravates qui tue ce monde a petit feu …n essayons pas de leur ressembler .
      Le savoir n est rien , meme le plus fin des ingenieurs ne fait que remodeler fatement (oui oui néologisme ….lol) ce qui est deja la depuis l’aube des Temps …
      Sinon félicitations pour tes transcriptions … on attend impatiemment la suite des cassettes et leur transcription , Ce Marc Bonfils avait un esprit de synthèse (entre autre) remarquable , respectons donc sa simplicité (apparente , je ne le connaissais en rien) son travail et ses voeux quand a la gratuite de la diffusion de son Travail .
      excuses moi pour le ton un peu « enerve » , il n a rien a voir avec Toi , je viens de découvrir que des Paysans « jaloux » on deliberement saccage une des « buttes » ou on experimentait sur l ile de Shikoku dans le coin le plus sec du Japon … aucun arrosage ni entretien pendant tout l ete , on a juste prepare les buttes en juin , transplante et seme directement … les résultats sont (etaient) tout bonnement incroyables (pour moi) … tellement que les « esclaves » d a cote n ont pas apprécie et se sont laches a coup de rotofil …. voir de round up ….. Mais quelque part je comprends , pour la plupart ils ont plus de 40 ans de pratiques agricoles corrompues derrière eux et passent toute leur journée au champs quand ej n y passe que pour « récolter » et prendre des fotos ….
      Excellente continuation a Toi et aux Amis et merci pour tout

    • lymus

      je ne connais pas de variété de Blé, OGM ou non, capable de produire 150 grains par épis. Par contre qu’une variété cultivée en basse densité produise des grains pesants 70g/1000grains et plus, est plausible.
      Le seigle peut sans concurrence à la lumière facilement produire une trentaine d’épis par pieds, 300 épis par pieds c’est énorme.

  27. Erudìhen

    Une dernière chose, sortir une brochure de 1915 sur du dry-farming après avoir lu la méthode Bonfils revient à sortir une brochure BASF sur la culture du riz Clearfield® après avoir lu du Fukuoka.
    Le dry-farming et ses variantes du type façons culturales inversées catastrophaient M. Bonfils, il les qualifiait d’aberrantes, archaïques et destructrices.

    • global purpose

      hehehehehehehehehe l ‘Ingenieur Agronome « une derniere chose » : donc Tu ne repondras pas a la question sur les rendements de Fukuoka , decidement …Tu es vraiment passe a cote du contenu principal de mon message …c est bien de lire des bouquins ou des phrases mais si Tu ne les comprends pas … ne perds pas de temps avec … Tu es allé beaucoup a Iyo chez Masanobu Fukuoka ??? ca Te ferait du bien … et en meme temps tous les gars comme Toi sont en train de laisser ce tresor retourner a la Nature, y a tellement de livres a lire et de connaissances a amasser pour les ptits copains …. Puisque Tu n as pas compris le propos de mon message : c etait (entre autre) simplement pour attirer l attention sur les micro algues du sol qui sont le moyen le plus simple de faire comprendre au gens qu il faut garder les couches superficielles humides et permeables a « l’air » ,c’est assez pédagogique , et je ne prones pas du tout cette methode mais j admirais le degre de « connaissances » personnelles de l Homme pour son epoque et par rapport aux agronomes d alors et surtout aux prejuges de ses contemporains …apperement il avait par lui meme decouvert beaucoup plus de choses que Toi , mais ca Tu ne le respectes pas du tout … l ego n aide en rien dans la partie qui est en train de se jouer avec ceux dont Tu cites le nom et leurs « amis » , laisses les superlatifs et les comparatifs de ta pensee discriminante de cote … heheheehehe     がんばってね〜 (oooops pardon d etre familier )
      Kenavo !!

      • Léo

        c’est bien évident ,l’homme et ce satané égo qui ne fait que l’aveugler:Si vous voulez avoir des réponses pertinentes(voir plus haut)…..il faut plutôt demander des explications simples et claires à nos enfants .Un grand merci Global purpose pour ta clairvoyance.Léo

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  30. becker

    Bonjour. question de néophyte donc peut-être complétement à côté de la plaque, mais : comment les graines, si elles ne prennent pas un coup de gel, peuvent-elles germer lors d’un semis de juin ?

    • karmai

      Bonjour,

      Contrairement à d’autres, les graines de blés n’ont pas besoin de gel pour pouvoir germer. Par contre, pour le blé, la floraison ne peut avoir lieu qu’après un certain nombre de jours de températures basses (vernalisation).

      Ici, l’idée est que les graines peuvent sans problème germer en Juin/Juillet et doivent passer l’hiver pour pouvoir monter en graine au printemps suivant.

  31. becker

    Bonjour.
    questions pratiques :
    -il faut semer d’abord le trèfle ou d’abord le blé ?
    – et recouvrir d’une fine couche de terre ? tasser le sol ?
    sur les 4 ares prêts, nous allons aussi tester la méthode « jardinage » dans des sillons, sans trèfle blanc mais en désherbant.
    – pour le calendrier lunaire, je prends un jour « fruit » (vu que c’est de la graine ») pour semer ?
    Comme nous sommes en Camargue, on attend septembre et la pluie pour semer.
    j’attends avec hâte vos conseils

    • karmai

      Bonjour,

      Il faut d’abord semé le trèfle avant le blé. Recouvrir d’une couche de terre me semble suffisant. Le trèfle peut se semer à la volée pour des surfaces modestes, c’est une petite graine qui ne nécessite pas un enfouissement important.

      Je n’utilise pas le calendrier Fruit/Graine/Feuille etc. Faites comme bon vous semble de ce point de vue là.

      Quelle variété de blé allez-vous utiliser? N’hésitez pas à me faire connaitre vos résultats.

      • becker

        les blés seront des variétés locales anciennes (qui n’auront pas forcément de bons tallages). Merci bien pour l’info. Il reste encore plusieurs questions, notamment de lutte contre la rouille, bien présente dans le Midi en semant tôt (pulvérisation de sulfate de cuivre et décoction de prêle en préventif ?), le risque de faim d’azote, avec un trèfle trop jeune et le blé en même temps, sera aussi à prendre en compte (peut-être faudra t’il pulvériser du purin ? mais ça risque de perturber). On m’a indiqué que pour le trèfle blanc avec la méthode bonfils, la meilleure variété (pas trop envahissante) était du Nanouk, difficile à trouver … je cherche.

  32. zan

    agriculteur en bio je m’intéresse au couvert permanent de tréfle blanc nain depuis 3 ans et je commence a douter de la méthode Bonfils,meme si j’ai beaucoup de respect pour le personnage ainsi que pour son travail avangardiste.
    En effet ,J’ai pu constater que la premiere année la concurence de trefle est tout a fait acceptable pour le blé mais en n2 le trèfle est beaucoup trop puissant, la course pour la capter la lumière est perdue d’avance pour le blé qui s’étiole et s’allonge sans tallage .en revanche partout ou le trefle est absent voir plus faible on obtient un tallage remarquable( 30 40 talles) meme avec des variétés  » modernes » .
    Le choix du trefle est donc trés important .
    Mon expérience me permet d’affirmer que des varietés dites naines ou intermédières comme HUIA ou NANOUK sont encore trop hautes.
    Aujourd’hui je travaille avec la société NOVASEM qui séléctionne des microtréfles pour les terrains de golf ,variété PIPOLINA et ABBERACE de jJOUFFRAY DRILLAUD a confirmer pour les prochaines années.en agriculture on fait des expériences seulement une fois par an.
    Pour conclure,l’interet de la méthode est que l’on puisse l’adapter a l’agriculture d’aujourd’hui et plein champ;tous mes essais sont faits sur des parcelles entre 1 et 15ha.

    • becker

      Bonjour.
      Grand merci, Zan, pour ces précisions. Je commande ce soir du Pipolina (plus facile à trouver que nanuk, riesling ou runny).
      Me viennent 4 questions sur votre expérience : quels sont les espacements pratiqués entre graines lors du semis de blé ? avec quels outils ? les dates de semis sont-elles ultra précoces comme proposé par Bonfils , et enfin, comment récoltez-vous (les épis ne sont pas à des hauteurs trop variables pour la barre de coupe) ?
      J’ai encore quelques autres questions, mais j’en laisse un peu pour le webmaster …

      • zan

        bonsoir Becker.
        En ce qui concerne les espacements .la densité la difficulté est bien la,tout
        dépend du futur tallage de blé .
        comme je le disais plus haut le blé en semis précoce de juin a aout a capacité incroyable de tallage comme l’explique Marc Bonfils les températures de 20 a 25degrés s’il y a de l’eau accélère tous les stades
        le principe admis de diviser par 2 la quantité de semence par mois, est, je pense valable.il ne faut surtout pas chercher a obtenir au final une densité épis de 400 ou 500 comme souvent préconisé en culture « traditionnelle »
        300 seront largement suffisant car il faut savoir que si le blé a une croissance comme précèdement citée, les épillets sont également plus gros et plus nombreux;20 a 25 selon mes comptages le tout est que le blé puisse croitre s’en etre trop perturbé par le trèfle.
        l’alternativité du blé semé est aussi très importante avec une note de 5 comme Apache je crois, le maitre brin monte a épis a l’automne.il faut absolument rester sur des notes de 1a 3 maxi.
        Le semoir est un dechaumeur a dents HORSCH FLASCHGRUBBER avec une descente de graines derriere la dent tous les 30cm (largeur du soc 10cm) ceci pour la 2eme année d’implantation du tréfle.
        la premiere année le blé est semé avec du sarrazin a la herse étrille équipée d’un semoir pneumatique ,le tréfle est ensuite déposé juste en surface avec le meme outil.
        pour la récolte les épis des talles extérieures sont légèrement plus bas
        il faut choisir des variétées les plus hautes possible type CAPO (pas facile a trouver dans le catalogue français!!!!)

  33. becker

    Bonjour Zan. Vous êtes une mine d’informations !
    Nous avons semé le microtrèfle et les variétés anciennes tallantes début octobre.
    Il y a 5 jours, nous avons semé les mélanges de blés (date et densité classiques) mais nous ne savons pas quand semer le microtrèfle (sous blé) : vaut-il mieux attendre la fin de la montaison pour semer (pour éviter une concurrence et une faim d’azote) ou pensez-vous que l’on puisse semer le microtrèfle plus tôt (mi-mars) sans risque de faim d’azote ?
    S’il nous faut attendre la fin de la montaison, il sera, pour le climat du coin, tard (fin des pluies, début des grosses chaleurs) et on risque une mauvaise implantation du trèfle.

    • auzanneau

      bonjour Becker,je suis bien content d’avoir éclairé vos interrogations,en ce qui concerne votre semis sous couvert de blé ,mars a début avril maxi en effet plus tard serait risqué au sud de la Loire et pour la concurrence entre le blé et le trèfle c’est surtout la météo printanière qui décide.
      j’espère que l’hiver ne sera pas trop rigoureux pour vos semis de microtrèfle début octobre .
      je reviens sur mon expérience de l’année en effet une question n’avait pas réponse même après avoir questionné plusieurs agronomes;un blé peut il reprendre son tallage après un arrêt de croissance ?
      Et bien la réponse est oui,mon blé semé en juillet avec trèfle nain et sarrazin a très vite émis 5 a 6 talles en moyenne puis la concurrence du sarrazin sur la lumière étant trop forte le blé a stoppé son cycle: après la récolte du sarrazin en octobre , le blé a la faveur de la lumière retrouvée a recommencé a taller. (après 2 mois d ‘arrêt !!!)
      le cas précité: est ce que l’on appel en anglais le « relaycropping » en français culture relais ,le blé dans ce cas deviens la culture sous couvert et prend le « relais » lorsque la culture principale ici le sarrazin est récoltée.
      je pense que Marc Bonfils aurait approuvé ce principe qui permet de maintenir également a son idée un couvert permanent du sol.

      • becker

        Voici la suite de l’aventure de novice :
        Le microtrèfle semé en octobre a globalement bien pris. Celui semé en mars n’a pas pris du tout.
        Début avril, la vesce présente naturellement a recouvert une bonne partie des blés. La vesce est bienvenue car elle fixe l’azote mais elle entre en concurrence pour la lumière. Nous sommes donc en train de terminer le sarclage à la main de cette invitée surprise. Le microtrèfle d’octobre, lui reste dessous les blés. On sarcle, toujours à la main, chardons et les renoncules.
        Concernant les blés, les fortes pluies de décembre (400 mm !) ont empêché la levée d’un quart du champ. Le reste semble bien se porter, il est en fin de tallage (pour les blés couverts par la vesce) ou en début de montaison.

  34. becker

    Bonjour.
    la moisson (300m2) a été faite; le rendu est 5 fois ce qui a été semé. ça fera de la semence pour cet automne et de quoi tester à la panification (les mélanges de mon semencier ancien sont, parait-il, parfaits). Le semis Bonfils (sur microtrèfle 1ere année et semis en septembre à 15/20cm) a donné autant en rendement que le semis classique (densité et date). Du rendement moyen-ageux qui me satisfait pour une première (du paléolithique au moyen-age, c’est énorme !).

    • karmai

      Merci pour ce retour. Pour vraiment tester jusqu’au bout la méthode Bonfils il faudrait voir si il est possible de semer le blé plus tôt encore, globalement au moment de la récolte du blé précédent. En le semant en septembre, on perd une partie du bénéfice de la croissance du blé avant la dormance hivernale. Ces mois pourraient permettre d’augmenter le rendement. (ceci dit je crois me souvenir que ce n’était pas trop possible par chez toi).

      Il pourrait être intéressant également d’augmenter encore plus la distance entre les plants et chercher à faire taller encore plus (cela va de paire avec un semis encore plus précoce).

      N’hésite pas à m’envoyer un retour avec un peu plus de détails et des photos éventuellement, je me ferais un plaisir de les publier pour faire mieux connaitre tes premières expérimentations.

  35. niram

    Bonsoir à tous,
    Article intéréssants, commentaires enrichissants et pleins de nouvelles informations … Que du bonheur !
    Ma question concerne la rotation envisagé par Bonfils, car en resemant du blé dans du blé et ainsi de suite, même avec un couvert de trèfle, n’y a t’il pas un risque de maladies, a long terme ?
    Si tu as d’autres résultats sur ce genre de techniques, je suis preneur au passage

    • karmai

      Bonjour,
      Tu as tout à fait raison, la répétition d’une même culture rend les risques de ravageurs de cultures et des maladies fongiques plus probables. Bonfils ne parle pas de ça parce qu’il n’a essayé que quelques années sa technique sur des petites surfaces mais à plus grande échelle il est certain que ces problèmes se poseraient.

      Il est tout de même pensable de pouvoir alterner des cultures. Semer une autre céréale dans le trèfle? Carrément une culture très différente quite à ressemer un trèfle. Il y a plein de choses potentielles en fonction de ce qu’on observe, ce que l’on veut, etc. Le principal reste que la technique de base de Bonfils reste largement à confirmer avant de se poser des questions de rotation.

  36. Magnifique votre blog! Je le mets en favori et le diffuserai auprès de ceux qui, comme moi, sont passionnés par l’agriculture traditionnelle, pleine de sagesse, transmise par nos ancêtres et qui respecte l’homme et la nature. Je suis infirmière hydrothérapeute, passionnée par mon travail en rapport avec le lien que nous avons avec la terre, l’humus; je n’hésite pas à aborder cette agriculture, directement liée à notre santé.
    Un grand merci.
    Annie

  37. J-F BOURDONCLE

    Découverte de la permaculture

  38. muler

    J’ai habité à Besse ST André avec Marc sans bruler les bûches et mangeant des orties, dormant sur le sol
    Études judéo-chrétiennes

  39. Pingback: Variétés | Pearltrees

  40. Personellement, je pense qu’il faut trouver un ou plusieurs moyens naturels pour « calmer » le trèfle en année n+2, dans la méthode de Fukuoka sur le riz, il se servait d’une période d’inondation, ce qui marchait très bien, cela réduisait le compétition devenue trop forte à la lumière et permettait de récupérer aussi pas mal d’azote du trèfle … Pour le blé je me demande si un passage court, de l’ordre de quelques jours seulement, d’un troupeau de moutons ou de vaches, n’aurait pas un superbe effet dans cette méthode, cela réduirait le trèfle, donnerait un apport d’azote non négligeable via les déjections et les blés pourraient en profiter pour thaller d’autant plus après cette taille … c’est ainsi que les troupeaux naturels, même de grands cheptels affectaient positivement le milieu anciennement, car il ne restaient jamais en place que quelques jours, et l’effet sur la végétation naturelle était alors souvent positif, ces conclusions ont mené à des tentatives gestion nouvelle des troupeaux modernes visant à régénérer le milieu tout en faisant bouger de grand troupeaux, (je place ici un lien volontairement critique car je suis pour la réduction des troupeaux mais il y a matière à alimenter nos réflexions http://www.slate.com/articles/life/food/2013/04/allan_savory_s_ted_talk_is_wrong_and_the_benefits_of_holistic_grazing_have.html ) si vous avez un berger sympa dans le coin, cela peut faire partie des resources de départ et ça peut créer du lien. Qu’en pensez-vous ?

    • karmai

      Je crois que de manière générale, réussir à planifier une légère destruction du trèfle si il est très (trop) bien installé notamment lors du semis de blé est une bonne chose. Le moment du semis est déjà un moment où il est possible de détruire un peu le trèfle puisqu’on vient au champs y intervenir. On peut imaginer sur le temps de la levée y intégrer des animaux qui vont éventuellement manger la paille et la légumineuse.

      Personellement je n’y vois pas un énorme intéret puisque l’animal, en mangeant la matière organique présente, va effectuer un export de fertilité. Même si il en restore une partie par ses déjections, le bilan est réduit du prélèvement que le mouton fait pour son métabolisme, sans parler du fait que les déjections sont concentrées alors que la matière organique de base (paille et trèfle) est diffuse sur toute la surface de la parcelle. Il faudrait donc que le trèfle mangé améliore la culture de blé au moins en proportion de ce qui est perdu à y mettre les moutons.

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